Augmentation salariale: le CEB devra décaisser des millions

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 La hausse salariale des 2 300 employés du CEB, une fois approuvée, devrait prendre effet à partir de juillet 2017.

La hausse salariale des 2 300 employés du CEB, une fois approuvée, devrait prendre effet à partir de juillet 2017.

Après quatre ans d’attente, les quelque 2 300 employés du Central Electricity Board (CEB) devraient recevoir une augmentation salariale d’au moins 20 %. L’organisme, qui est en possession du rapport salarial préparé par le consultant, Beejaye Coomar Appanna, devrait débourser plusieurs millions de roupies pour la mise en pratique du rapport.

Interrogé par l’express, hier, le président du conseil d’administration du corps parapublic, Seety Naidoo, a confirmé que son «board» a pris connaissance du rapport. La hausse salariale devrait être rétroactive à compter de juillet 2017.

Selon les premières indications, c’est en particulier les travailleurs manuels qui seront récompensés. Avec une hausse salariale de 20 %, un Trainee Technician du CEB, qui touche un salaire de base de Rs 8 100, pourrait obtenir une augmentation de Rs 1 600 environ.

Interrogé sur les implications de cette hausse salariale, Seety Naidoo n’a pas voulu se prononcer. Il affirme qu’il faut au préalable attendre que les procédures suivent leur cours, ajoutant que le rapport a été préparé à la suite d’une série de consultations entre la direction et les syndicats des employés. «Au CEB, nous souhaitons que les recommandations de ce rapport soient appliquées au plus vite pour le bien des employés. Avant de passer à cette étape, le document sera examiné par un High-Powered Committee.»

Non-respect du principe de convention collective

Du côté des syndicats du CEB, on n’apprécie pas cette façon de procéder. Clency Bibi, vice-président de la CEB Staff Association, affirme que le principe de conventions collectives aurait dû primer lors de la préparation du rapport salarial. Mais malheureusement, dit-il, le Finance Bill a apporté un changement dans la façon dont les négociations doivent être menées dorénavant au sein des corps parapublics.

«Nous voulons l’ouverture des négociations avec la direction du CEB avant que le rapport ne soit mis en pratique. Ce n’est pas parce que nous sommes un statutory body que les négociations doivent se faire autrement», a-t-il affirmé à l’express, hier. Pour protester contre cette façon de faire, il a convié ses membres, ce vendredi, au siège de la Federation of Progressive Unions, à Rose-Hill, pour débattre de la question et cela en présence du négociateur des employés, Jack Bizlall.

Leur principal grief : «le non-respect du principe de convention collective». «Nous lançons un appel au ministre du Travail, Soodesh Callichurn, en tant que garant du principe de conventions collectives, de faire respecter les dispositions de l’Employment Relations Act», dit le vice-président de la CEB Staff Association.

Le budget d’investissements sous-utilisé

Le Central Electricity Board (CEB) peine à honorer ses objectifs. Pour le premier trimestre de l’année financière, il n’a dépensé que Rs 127,6 millions des Rs 580 millions budgétisées pour des projets d’investissements. C’est ce qui ressort du rapport Capital Expenditure July-September 2017 du corps parapublic.

Ce document, destiné à la circulation interne, est parvenu jusqu’à notre salle de rédaction. Or, le CEB essaye de verrouiller de telles informations sensibles.

Dans le rapport, on apprend que seuls 22 % du budget projeté pour la période, soit 2,4 % du budget pour toute l’année financière, ont été dépensés. Le département Transmission et distribution arrive en tête en termes de sous-utilisation. Elle représente à elle seule 72 % du montant d’investissements total sous-utilisé.

Le CEB l’attribue à une série de facteurs, dont «des facteurs externes hors de son contrôle». Il y a, notamment, des propositions non concluantes des appels d’offres, des contestations des soumissionnaires, des affaires qui traînent devant l’Independent Review Panel, l’attente de l’approbation des comités externes et des projets financés par le client.

Par ailleurs, le rapport fait état des dépenses encourues pour les différents projets durant cette période ou autres dont voici les plus importants.

St-Louis

L’installation de quatre nouveaux moteurs d’une capacité de 67,4 mégawatts à la centrale électrique de St-Louis, à Plaine-Lauzun, a coûté plus de Rs 4,2 milliards. De juillet à septembre 2017, Rs 2,6 millions ont été payées au consultant Mott MacDonald.

Le promoteur BWSC a, lui, obtenu Rs 3,48 milliards à ce jour. Il devrait recevoir le reste du paiement ce mois-ci.

Ferme de stockage aux Salines

Le CEB a dépensé Rs 38,9 millions des Rs 40 millions budgétisées à fin septembre pour l’installation de trois cuves de stockage d’huile lourde aux Grandes-Salines. Dans le rapport, on apprend que le projet est encore au stade d’essai et de mise en service. Le CEB prévoyait que cette ferme soit entièrement opérationnelle, automatisée et télécommandée à partir de la centrale de Fort-Victoria.

Turbine à gaz à cycle combiné

La première phase du projet comprend l’installation de deux turbines à gaz qui opéreront en période de pointe. Graduellement, elles devraient être transformées en turbines à gaz à cycle combiné pour répondre aux besoins de base. Le CEB précise qu’elles rouleront au diesel avant de passer au gaz naturel lorsque celui-ci sera disponible à Maurice.

Le consultant EDF SA, de France, a présenté le design de la centrale dans son intégralité, le rapport de l’évaluation des risques ainsi que les documents de l’appel d’offres et de l’Environment Impact Assessment. Par contre, pas un sou n’a été dépensé sur les Rs 12 millions prévues pour la période de juillet-septembre 2017.

Autres projets

On apprend par ailleurs que pour l’année financière 2017-2018, Rs 75 millions sont au programme pour la sous-station de Côte-d’Or (ex-Highlands), Rs 28 millions pour la nouvelle tour du CEB à la cybercité d’Ébène, Rs 50 millions pour un complexe polyvalent, Rs 410 millions dans ses filiales, Rs 27 millions pour la smart city de Mon-Trésor, Rs 12 millions pour le remplacement des pylônes en bois comme en béton et Rs 77 millions pour les projets à Rodrigues.

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