Chamouny: Jianmajai Saddul, 81 ans, raconte son village natal

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L’octogénaire Jianmajai Saddul et le conseiller du village Kushal Ramchurrun, parlent de l’évolution du village au fil du temps.

L’octogénaire Jianmajai Saddul et le conseiller du village Kushal Ramchurrun, parlent de l’évolution du village au fil du temps.

Chamouny, il le connaît sur le bout des doigts. Ses coins et recoins, il les a arpentés. Jianmajai Saddul, 81 ans, a suivi de près l’évolution de ce village pris dans les hauteurs entre Chemin-Grenier et Bassin-Blanc. Aujourd’hui encore, il participe activement au progrès de cette localité en tant que vice-président du conseil de village. 

«Je suis né ici en 1937», dit d’emblée le vieil homme dont la mémoire est vive. «J’ai grandi à Chamouny et je n’ai jamais voulu quitter le village pour aller vivre ailleurs», confie-t-il. D’autres, à l’instar de son frère Nunkishore Saddul, le fondateur du collège Saddul, à Vacoas, ont déménagé pour voir si l’herbe était plus verte ailleurs.

«La naissance de ce collège s’est passée ici, dans la demeure familiale, en tôle et vitre. Un luxe qu’à l’époque de nombreux habitants ne pouvaient pas s’offrir. À Chamouny, les maisons étaient principalement construites en paille», raconte Jianmajai Saddul, en montrant du doigt un tas de pierres, des restes de sa maison. Le vieil homme, lui, a cumulé plusieurs boulots : employé de chemin de fer, charpentier, maçon, jardinier…

Quelle image de cette localité garde-t-il ? «Chamouny était un village retiré, isolé des autres et comprenait quelques cases seulement», se souvient Jianmajai Saddul. Si au fil du temps le village a pris racine là où il se situe actuellement, sa source, elle, se trouve ailleurs. Plus précisément dans les hauteurs de la montagne Mont-Blanc. «Les gens vivaient là-bas car ils avaient accès à l’eau de la rivière de la région. La première école primaire a ouvert ses portes là-bas», poursuit l’octogénaire. Et d’ajouter que, selon une histoire, le village portait un autre nom jadis.

«Il y avait un immigrant indien du nom de Moun Labadah qui vivait ici au 18e siècle. À cette époque, chaque sucrerie envoyait son meilleur combattant pour les tournois de calipa (combat de lutte) et il était le champion. Les gens disaient souvent qu’ils ‘allaient chez Moun’ lorsqu’ils venaient au village.» 

Plus tard, ce sera au tour d’un Français, Charles Grenier, de baptiser le village Chamonix. En effet, les montagnes qui entourent le village rappellent celles de Chamonix en Haute Savoie, en France. D’ailleurs, les deux endroits hébergent tous deux une montagne qui porte le nom de Mont-Blanc.

Pour ce qui est de ses attraits, Chamouny les doit à ses montagnes et ses paysages verdoyants. «Après la canne, le village est devenu plus touristique à travers les sites écotouristiques qui donnent un meilleur aspect à sa beauté naturelle», confie, pour sa part, Kushal Ramchurrun, conseiller du village. Chazal et la Vallée-des-Couleurs sont les lieux les plus connus de cette région en pleine croissance. En effet, plusieurs petites entreprises sortent de terre à Chamouny. Celles-ci se mêlent à la tranquillité qui est l’un des aspects attrayants de cet endroit.

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