Le Mondial 2023 en France : enfin une bonne nouvelle pour le rugby tricolore

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Le président de la candidature française à la Coupe du monde de rugby 2023 Claude Atcher et le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte.

Le président de la candidature française à la Coupe du monde de rugby 2023 Claude Atcher et le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte.

Un président empêtré dans les affaires, un XV de France larguée sportivement..., tout allait mal pour la Fédération, jusqu'à cette surprise.

Il n’arrive pas que des crasses à Bernard Laporte, le patron du rugby tricolore : la France, qui ne partait pas favorite, a obtenu mercredi l’organisation de la Coupe du monde 2023. Au second tour du scrutin, elle a devancé l’Afrique du Sud (24 voix à 15), après l’élimination de l’Irlande, également finaliste, au premier tour. Alors que «Bernie» rendait hommage à l’ovalie amateure - un Mondial est une manne financière et marketing inespérée à l’échelle d’une fédération - l’Afrique du Sud, qui tenait la corde, a boudé : «La Fédération internationale a mené un processus complet et transparent pendant quinze mois pour déterminer la meilleure candidature possible, mais ce processus est devenu entièrement opaque lors de ces quinze derniers jours

«La France a gagné. Le rugby amateur a gagné. Beaucoup de joie, beaucoup de travail pour y arriver.»  #France2023

— Bernard Laporte (@BernardLaporte_) 

Le 31 octobre, un rapport commandé par le World Rugby (chargé de la gestion des règles et des tournois) à des boîtes de consulting et quelques-uns de ses dirigeants (entre autres), mettait la candidature sud-africaine en tête. Le document n’a pas de valeur officielle à proprement dit, mais désigne en général le vainqueur, les dirigeants votants (18, avec un poids différent selon les pays) suivant sagement la recommandation. Le dossier tricolore avait été égratigné sur de nombreux points : la dimension des terrains, la législation antidopage (trop rude) ou encore des questions de sécurité. Laporte s’était publiquement fâché : «Je ne doute pas de la bonne foi de ceux qui ont établi ce rapport, mais il y a eu une certaine dose d’incompétence

La suite est politique : pour faire pencher la balance, il a fallu parlementer en coulisses, en binôme avec Claude Atcher, le directeur de la candidature France 2023, ex-rugbyman reconverti entrepreneur, épinglé par Mediapart pour des affaires peu claires depuis le milieu des années 90. Publiquement, Laporte, à la tête de la FFR depuis décembre 2016, s’était étonné à son arrivée du manque d’ambition du dossier français. Et il a jusqu’au bout parlé en businessman pragmatique. Dans les colonnes de Midi Olympique, il y a quelques jours : «La Coupe du monde, c’est 90 % des revenus de la fédération internationale. C’est de la compétition qu’elle tire les moyens de ses actions. France 2023 est le projet qui amène le plus de recettes et de loin.» Et : «Cela [l’organisation du Mondial] te laissera entre 50 et 60 millions d’euros dans les caisses de la FFR, pour le monde amateur! C’est énorme et t’amène les moyens de tes ambitions. La FFR va faire cette année 900 000 euros de bénéfices. C’est donc au minimum 50 années d’un coup qui t’arrivent !» Et un peu de tranquillité. Jusque-là, le bilan de Bernie se résumait en grande partie à des soupçons de conflits d’intérêts et des défaites plus ou moins inquiétantes du XV de France, dont la dernière samedi face à la Nouvelle-Zélande (18-38).

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