Marie-Galante, refuge des Dominiquais sinistrés

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Le port de Grand-Bourg sur l'île de Marie-Galante, dans les Antilles Françaises, le 14 avril 2007

Le port de Grand-Bourg sur l'île de Marie-Galante, dans les Antilles Françaises, le 14 avril 2007

Deux mois après le passage de Maria, qui a ravagé la partie des Antilles précédemment épargnée par Irma, certains habitants de la Dominique continuent de fuir, temporairement ou définitivement, leur île détruite, et arrivent à Marie-Galante, située à une trentaine de kilomètres.

Ils arrivent souvent en saintoise (des petites barques de pêcheur spécifiques de la zone). «Rares sont ceux qui viennent s’installer», note Marie-Claire Pinsel, responsable de la section du Secours-Catholique de Grand-Bourg , qui s’occupe de quelques personnes. «En réalité, beaucoup viennent faire des courses alimentaires, ou de médicaments

Un phénomène constaté par tous les Marie-galantais : «Au début, ils venaient nombreux, il y avait de l’affluence», indique le responsable du Carrefour Express de Grand-Bourg. «Ils venaient acheter des bougies, de l’eau, de la farine, du sucre, des pommes de terres, des pâtes, du lait, etc.», détaille-t-il.

Un afflux qui a permis de réaliser un bon chiffre d’affaires en septembre, une période «plutôt calme, habituellement», selon lui.

Même constat à la pharmacie: «On remarquait les gens, d’une part, parce qu’ils parlaient évidemment anglais, mais aussi et surtout parce qu’on ne les connaissait pas», explique Gille Foubert, le pharmacien.

Marie-Galante, compte au total 11.000 habitants, répartis dans trois communes, et tout le monde ou presque, se connaît. «Les Dominiquais venaient chercher essentiellement des produits de puériculture, du lait pour enfant ou des couches», se souvient encore Gilles Foubert.

Lui, comme les autres commerçants ont aussi organisé des collectes et la solidarité a joué: «Nous avons un lien avec la Dominique, l’île est proche et il y a toujours eu des échanges entre eux et nous», dit-il.

La Dominique, île anglophone indépendante très pauvre de 72.000 habitants, est l’une des îles des Caraïbes qui ont été le plus ravagées par l’ouragan Maria, passé sur l’île quand il était au plus fort, en catégorie 5, avec des vents à 260 km/heure, causant au moins 15 morts.

Entrées illégales sur le territoire

Depuis quelques semaines, les bateaux arrivent moins nombreux à Marie-Galante, quelques uns arrivent le week-end, et repartent le jour même. L’urgence est passée, et la vie reprend en Dominique, malgré de très nombreuses difficultés sur place.

Certains passent une journée dans la communauté dominiquaise à Marie-Galante, très présente et dans laquelle ils ont souvent amis et famille. Mais pas plus.

Car ces entrées sur le territoire sont illégales. Certains pourtant choisissent de s’installer sur la Grande-Galette. Ils sont peu nombreux, mais dans des situations parfois complexes.

Comme Vella Thomas, 39 ans et mère de six jeunes enfants, bientôt sept. «Je suis arrivée dans les jours qui ont suivi le passage de Maria», raconte-t-elle. «On est monté dans un bateau avec des amis et des gens du quartier, et on est venu. Moi j’avais tous mes enfants

Enceinte de huit mois, elle ne peut plus accoucher en Dominique, aux infrastructures ravagées. Mais pas non plus à Marie-Galante, qui n’a plus de maternité.

Elle a trouvé un logement grâce au Secours Catholique, mais reste sans ressources. Elle essaie de faire scolariser ses enfants, mais les démarches sont très longues et ses enfants n’ont toujours pas intégrés par l’école et le collège.

Enfin, pour les démarches pour l’obtention de titre de séjour, elle doit se rendre en Guadeloupe, puisque Marie-Galante n’a pas d’antenne de préfecture.

Mais elle a peur : depuis le passage de l’ouragan, à l’arrivée du bateau en Guadeloupe, les contrôles d’identité sont systématiques, et l’entrée sur le territoire français drastiquement surveillée.

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