Lancement de PMU Moris: l'avenir des courses locales menacé ?

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Les participants à la 15e journée d’hippisme au Champ-de-Mars. Certaines courses mauriciennes étaient visibles sur les écrans du PMU pendant quelques années.

Les participants à la 15e journée d’hippisme au Champ-de-Mars. Certaines courses mauriciennes étaient visibles sur les écrans du PMU pendant quelques années.

Le lancement de PMU Moris, a eu lieu ce vendredi 17 novembre, à Balaclava. Mais la venue de ce nouvel élément dans le monde hippique ne se fait pas sans mal. Une petite enquête de l’express sur le terrain révèle que le Mauritius Turf Club (MTC) verrait, en l’arrivée du géant français dans le monde du jeu, un danger potentiel pour la survie même des courses au Champ-de-Mars.

Ce serait, en effet, presque «under protest» que le MTC, l’unique organisateur de courses à Maurice, assistera au coup d’envoi des opérations du Pari mutuel urbain (PMU) sur le territoire local. L’implantation du PMU à Maurice s’insère dans un cadre bien défini pour l’entreprise française : accélérer sa présence sur le continent africain d’autant que, depuis quelques années, les chiffres démontrent que les Français ont de moins en moins d’appétit pour les courses hippiques.

«Nous allons réinvestir dans le football, dans l’image des courses hippiques et dans le rugby », avait déclaré Xavier Hürstel, président-directeur général du PMU à France Info. C’était il y a quelques années. Le PMU avait revu ses orientations stratégiques vu que les Français ont été amenés à faire un choix en raison de la hausse de la fiscalité pesant sur les ménages. Il s’est traduit par un graduel manque d’intérêt pour les courses de chevaux en France.

L’Afrique offre ainsi la possibilité au PMU d’explorer de nouveaux horizons. C’est ce qui l’a conduit à Maurice. Chronologiquement parlant, les Français avaient déjà une ligne de communication avec le MTC et le partenaire stratégique de celui-ci, Automatic System Ltd. Du reste, pendant quelque temps, les courses mauriciennes étaient visibles sur les écrans du PMU notamment lors des journées ordinaires, mais aussi lors des rendez-vous internationaux.

À l’époque, cette initiative du PMU offrait des perspectives intéressantes pour les courses, à Maurice, en attendant la concrétisation avec l’État mauricien de son installation permanente sur le territoire. Cependant la situation s’est corsée et le dossier n’a jamais avancé.

C’est pour cette raison que le MTC a été pris de court lorsque le PMU a confirmé récemment le début de ses activités, à Maurice. «Nous ignorons pourquoi nous n’avons pas été tenus au courant des négociations », déclare des sources au Champ-de-Mars.

«Situation délicate»

Mais là où le bât blesse davantage, c’est l’identité de celui qui est soupçonné d’avoir convaincu le gouvernement d’ouvrir le terrain du jeu mauricien au PMU. Cet homme d’affaires, dont la société de jeu s’est engagée dans une bataille juridique avec le MTC depuis le début de la saison de courses cette année, serait perçu comme l’homme derrière le projet PMU Moris. D’où la réticence du MTC à négocier avec les représentants locaux de l’entreprise française. «On n’a jamais entendu parler de l’Integrity Sports Ltd ou encore de Peerless Ltd jusqu’à tout récemment », souligne un dirigeant du MTC.

La réticence du MTC à «jump on board» malgré des commissions qui lui sont garanties à hauteur de 8 % des enjeux locaux dans le circuit interne sur l’hippodrome (5 % en tant que pool collector et 3 % pour la filière hippique) serait également liée à la position qu’adopte Automatic System Ltd. Celle-ci n’a pas été autorisée à pratiquer des paris en masse communs avec d’autres pays malgré les demandes persistantes faites à la Gambling Regulatory Authority (GRA). Du côté de ce partenaire principal du MTC, on s’insurge d’ailleurs contre «cette politique de deux poids, deux mesures».

Or, l’État ayant approuvé le projet PMU, le MTC se retrouve dans une situation délicate. D’autant que depuis la nomination de Mukesh Balgobin à sa présidence, les relations de cette institution n’ont jamais été au beau fixe avec la GRA, qui est elle-même placée sous l’égide du bureau du Premier ministre.

Que se passera-t-il si ce projet bute sur un refus de l’organisateur de courses – qui a reçu, mercredi, le président du PMU Partenaire, Yves Batelot ? Le MTC pourrait placer l’instance dans une mauvaise posture.

Du côté des promoteurs de PMU Moris, des sources soutiennent que la position qu’adoptent le MTC et Automatic System Ltd «était attendue». Toutefois, cela les importerait peu, soulignent-elles, puisque tout est prêt pour le grand lancement, à Balaclava.Et d’insister que ce serait une grave erreur stratégique pour l’organisateur de courses s’il décidait éventuellement de rester à l’écart d’un projet qui lui garantirait annuellement des millions de roupies additionnelles à moyen et long termes.

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