Bambous: les squatteurs dans le flou

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Cette mare située aux portes des cases en tôle ajoute à l’insalubrité des Lieux.

Cette mare située aux portes des cases en tôle ajoute à l’insalubrité des Lieux.

Il y a trois mois, le gouvernement leur avait donné une semaine pour déménager, du fait qu’ils squattent un terrain de l’État. Un fonctionnaire du ministère du Logement et des Terres leur avait même annoncé à l’époque que «la politique du gouvernement devait être appliquée par rapport à l’occupation illégale des terres de l’État. Il avait fait comprendre que les squatters avaient été prévenus à l’avance de la destruction de leurs maisons.»

Il avait ajouté que lessquatteurs ont eu «amplementle temps de faire des demandes d’aide auprès du ministère pour des maisons de la National Housing Developement Compagny (NHDC) ou de faire une demande pour obtenir un terrain ailleurs». Les habitants se sont interposés une première fois lorsque les bulldozers ont débarqué pour raser leurs cases en tôle. Les engins étaient repartis sans avoir pu commencer leur oeuvre destructrice.

Mais l’inquiétude avait gagné ces squatters après qu’ils ont appris que les maisons de leurs camarades squatters, à La Gaulette, avaient été démolies. Cependant, le temps a passé et rien n’est arrivé à leurs maisons. Et personne n’est venu les embêter ou tenter de les déloger depuis.

«Depuis que nous avons résisté aux bulldozers, rien ne s’est passé. Nous ignorons ce qu’il va nous arriver. Nous n’avons plus aucune communication avec le ministère», explique Dorianne Souci. «La situation est retournée à la normale. Nos démarches sont toujours au point mort.»

Ces mères de famille font partie des squatters de La Ferme.

Pourtant, dès que la menace de destruction a été écartée, les squatteurs se sont rendus au ministère du Logement pour faire part de leur situation problématique et précaire. Mais il n’y a pas eu de suivi du côté du ministère. Plus que le fait de craindre d’être délogés, ils sont inquiets de la précarité de leur maison et de leurs conditions de vie qui vont empirer avec les pluies d’été et d’éventuels cyclones.

Il est clair qu’en cas de tempête tropicale, les feuilles de tôles branlantes constituant les murs de leurs cases et les bâches qui font office de toiture ne tiendront pas. «Tous les ans à la même époque, nous nous demandons ce que nous allons devenir en été, avec les pluies diluviennes et les éventuels cyclones», raconte Vanessa Philipe. «Nos maisons sont incapables de soutenir de grosses averses ou des tempêtes tropicales.»

Boue et moustiques

Si certains de ces squatteurs ont réussi à se connecter à l’électricité ou à consolider leur maison, ce n’est pas le cas pour tout le monde à La Ferme. Ceux qui vivent non loin de la berge du réservoir font face à plusieurs problèmes, à commencer par l’eau qui s’écoule de la montagne et qui fait qu’ils ont presque en permanence les pieds dans l’eau, quand ce ne sont pas les eaux usées d’autres habitants du village qui s’accumulent devant leurs portes.

«Regardez cette mare. C’est de l’eau qui descend d’ailleurs, de la montagne et du village de Bambous. Quand l’eau arrive, il y a des coulées de boue partout», se lamente Dorianne Souci.

Cette boue omniprésente est pâteuse et colle aux pieds et aux chaussures. «Nous n’avons pas énormément de possessions personnelles. Mais une boue comme celle-ci abîme nos souliers et nos savates», ajoute cettemère de famille. De ce fait, les habitants préfèrent souvent déambuler pieds nus au risque d’être blessés par les ordures ménagères qui jonchent le sol.

Mais il y a pire et ce sont les moustiques qui pullulent. Ils sont attirés par la présence de l’eau stagnante qui favorise leur reproduction. Sans compter celled’autres nuisances.

«Les spirales anti-moustiques ne servent à rien ici», affirme Vanessa Phillipe. «Nous avons toutes sortes de piqûres. Mais les serpentins anti-moustiques, comme les bougies d’ailleurs, peuvent être aussi dangereux dans les cases comme les nôtres.» Elle sait de quoi il en retourne car elle a failli déclencher un incendie il y a quelques semaines.

Nous avons tenté de savoir ce qu’il adviendra de ces squatters de La Ferme auprès du ministère du Logementet des Terres. Un fonctionnaire n’a pas voulu nous dire ce qui avait été décidé. Il a précisé qu’il préfère s’enquérir au préalable.

Une autre source au ministère  déclare qu’il faut donner le temps à Mahen Jugroo, le nouveau titulaire de ce ministère, de s’installer et de prendre connaissance au préalable du dossier. Ce qui fait que les familles concernées ne sont pas fixées quant à leur devenir.

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