William de Marsangy: le St Laurent de la perle

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La perle devient de plus en plus moderne grâce aux créateurs qui la mettent en valeur.

La perle devient de plus en plus moderne grâce aux créateurs qui la mettent en valeur.

William de Marsangy, qui s’est installé à Maurice depuis août dernier, vous entraîne à la découverte de sa passion, soit la perle ou la larme cristalline des anges comme celle-ci est joliment appelée ausssi.

De la naissance de l’huître, berceau de la perle, aux croyances mythologiques en passant par les différentes étapes de la conception de votre bijou, le designer, dont la créativité, précise-t-il, a été comparée à celle du célèbre styliste et créateur Yves St Laurent, ne s’épargne aucun détail. «Découvrir la perle est avant tout un voyage initiatique. À travers des explications et du toucher de divers matériaux, on invite les clients à entrer dans le monde de la perle et de la bijouterie. Ce sont eux au final qui créent leurs bijoux.», explique celui qui a été formé au Gemmological Institute of America (GIA) à Londres et qui a poursuivi sa formation à Bora-Bora et sur les fermes perlières de la Polynésie française.

Rareté de la perle noire

Chez Trésor Noir, la plus précieuse des perles, la perle noire de Tahiti, trône en reine. «On travaille avec la perle noire, la perle blanche et la perle dorée. Ce sont trois perles naturelles. Par rapport à la perle noire de Tahiti, nous n’en recueillons qu’une seule tous les deux ans, ce qui fait qu’elle a une grande valeur».

Si sa dénomination est bien perle noire, la perle de Tahiti se dévoile toutefois dans une palette de nuances de couleurs. «C’est un bouquet de fleurs», souligne William de Marsangy. Reflet violet, bleu, vert, rose, champagne, la perle noire de Tahiti se déploie en effet en arc-en-ciel de couleurs. «Les nuances sont infinies. Et aucune perle n’est identique. Même pour faire des boucles d’oreilles, on ne trouvera jamais deux identiques», fait ressortir l’expert.

Ces précieuses perles de Tahiti proviennent de la Polynésie française. «Lorsque je vais exporter les perles du territoire polynésien, je dois passer par les services de la perliculture. C’est un bureau attenant au ministère de la Perle où ils font des tests de qualité par rapport aux perles que j’ai achetées. Le premier test est le lustre, soit la manière dont la perle brille. Si elle ne brille pas assez, elle est détruite.

Le deuxième test est le nombre d’inclusions qu’elle a sur la surface. À savoir que les perles naturelles ont toutes des inclusions. Si elles en ont trop, elles sont mises de côté. Et le troisième test est l’épaisseur de la nacre, chose qu’on ne peut voir à l’oeil nu et qui est constaté aux rayons X. Si elle possède moins de 0,8mm de nacre, on la mettra de côté. C’est pour cela que je n’achète pas les perles dans les lots mais en sélection, soit une par une. Cela coûte plus cher mais à ce moment-là, on est sûr de la qualité ».

Devant la panoplie de perles, il est difficile de faire son choix. Le designer vient à la rescousse. «Nous faisons un test morphologique et la perle est choisie en fonction de la couleur des yeux et de la peau du client ». Pour ce faire, la perle est posée sur la surface de la peau. Le test est fait à l’intérieur et à l’extérieur de la boutique. «Il faut savoir que la perle change de couleur par rapport à l’intensité lumineuse. La perle dispose également d’un effet miroir qui lui permet de s’imprégner de la couleur que vous portez.»

Outre les perles, le designer dispose d’une multitude de modèles de colliers, de pendentifs, de bracelets, de bagues ou encore de boucles d’oreilles en argent ou or, ainsi que des pierres de différentes couleurs. Le bijou proposé par Trésor Noir est conçu sur mesure et les rencontres avec les clients se font uniquement sur rendez-vous. Si les modèles disponibles en boutique ne vous conviennent pas, William de Marsangy s’attèle à en dessiner d’autres, selon vos envies. «La perle souffre d’une image très classique, mais quand les gens découvrent son histoire, ils la voient avec un oeil nouveau. La perle devient aussi de plus en plus moderne grâce à des créateurs qui la mettent en valeur et qui bousculent les normes de la création».

Mais pourquoi choisir une perle au lieu d’un diamant par exemple ? «Une perle est particulière. Ce n’est pas vous qui la choisissez, mais c’est elle qui vous choisit. La perle est vivante. C’est l’un des plus vieux bijoux au monde. Cléopâtre en portait et la perle est plus chère que le diamant ».

Le prix du bijou variera selon les matériaux utilisés, mais également selon la grosseur et la forme de la perle. Il faut compter en moyenne Rs 6 000 pour un collier en argent avec une perle de Tahiti.

Savoir entretenir ses perles


 

«Il ne faut jamais brûler une perle car vous allez la tuer. De même, il ne faut pas nager dans une piscine avec une perle car le chlore est néfaste pour elle. S’il vous est arrivé d’être dans une piscine pour un court moment, lavez votre perle avec de l’eau minérale et hydratez-la avec de l’huile d’olive vierge. Ce procédé peut aussi être répété tous les six mois», explique William de Marsangy. Et si vous vous demandez comment reconnaître une perle naturelle ? «Les perles n’auront jamais une rondeur exacte. Si vous la faite rouler, elle ne roulera jamais droit. Elle n’aura jamais une couleur uniforme. Pour la perle blanche, elle aura des reflets bleus et roses. La perle noire de Tahiti a des reflets roses, bleus, verts, champagne, etc. et pour la perle dorée des reflets rosés. Une perle naturelle aura aussi de petites inclusions sur sa surface.»

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