Syrie: 53 morts dans des frappes aériennes sur un marché, des blessés

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Photo d'un marché de la ville d'Atareb après des raids aériens contre ce bastion rebelle, le 13 novembre 2017 dans la province syrienne d'Alep

Photo d'un marché de la ville d'Atareb après des raids aériens contre ce bastion rebelle, le 13 novembre 2017 dans la province syrienne d'Alep.

Au moins 53 personnes, dont une majorité de civils et des enfants, ont été tuées dans des raids aériens sur un marché d’une localité rebelle, dans une zone de désescalade du nord de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’OSDH n’était pas en mesure de préciser si ces frappes aériennes avaient été menées lundi par des avions du régime du président syrien Bachar al-Assad ou de son allié russe dans la ville d’Atareb.

Les sources sur lesquelles se base l’OSDH identifient les auteurs des frappes en fonction du type d’avion, de leur localisation et des munitions utilisées.

Atareb, située dans l’ouest de la province d’Alep et contrôlée par différents groupes rebelles, a été la cible de trois frappes aériennes, a précisé l’ONG, estimant que le nombre de morts pourrait être revu à la hausse en raison du grand nombre de blessés dont certains dans un état grave.

Après ces raids, un photographe collaborant avec l’AFP a fait état de scènes de panique parmi les habitants tentant d’évacuer les blessés. Les destructions sont massives, avec des décombres de bâtiments jonchant les rues, a-t-il rapporté.

Au milieu des gravats, des hommes de la protection civile se sont joints aux habitants pour venir en aide aux victimes. Parmi ces habitants, un homme, bonnet sur la tête, tenait dans ses bras un jeune enfant en pleurs, vêtu d’un pull rose et un pied dénudé, a constaté ce photographe.

Dans un autre endroit, parmi les corps alignés sur le sol, les dépouilles partiellement recouvertes de trois enfants, les visages tachés de sang.

Sur le marché, d’autres habitants, manifestement hébétés, se tenaient devant les étals de fruits et légumes encore visibles sous une pellicule de poussière.

Quatre zones de désescalade ont été instaurées dans plusieurs régions syriennes, et des cessez-le-feu y sont en principe observés entre les forces du régime et les rebelles.

Une de ces zones comprend la province d’Idleb --la seule dans le nord-ouest syrien à échapper au régime-- mais aussi une partie des provinces voisines de Hama (centre), d’Alep (nord) et de Lattaquié (ouest).

Faire quelque chose de ce bazar

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont prôné lundi à Sotchi une avancée du processus politique en Syrie pour mettre fin à la violence.

Bien que la Russie soit un allié du régime de Damas à l’inverse de la Turquie qui soutient des rebelles, les deux pays ont travaillé ensemble ces deux dernières années pour mettre fin à la guerre, notamment par le biais du processus de paix d’Astana, au Kazakhstan, dont ils sont les parrains avec l’Iran.

Ces efforts communs ont notamment abouti à la mise en place de zones de désescalade dans certaines régions de la Syrie, permettant une diminution des violences sans jamais les faire cesser complétement.

La coalition menée par les Etats-Unis ne quittera pas la Syrie tant que les pourparlers sous l’égide de l’ONU à Genève n’auront pas progressé, a de son côté prévenu lundi le ministre américain de la Défense Jim Mattis.

«Il faut bien faire quelque chose maintenant à propos de ce bazar, et pas seulement s’occuper de l’aspect militaire et dire bonne chance pour le reste», a ajouté le ministre au cours d’un point de presse impromptu au Pentagone.

Par ailleurs, les Etats-Unis et la Russie semblent loin d’un accord sur le renouvellement de la mission du groupe d’experts JIM, chargé d’enquêter sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, trois jours avant l’échéance de leur mandat, selon des diplomates à New York.

Moscou a déposé un projet de résolution au Conseil de sécurité proposant le prolongement pour six mois du mandat du JIM et le renvoi d’experts en Syrie pour enquêter sur l’attaque chimique le 4 avril à Khan Cheikhoun (plus de 80 morts). La Russie rejette les conclusions des enquêteurs qui ont estimé fin octobre que le régime syrien était responsable de cette attaque au gaz sarin.

Les Etats-Unis ont fait circuler une contre-proposition de texte, refusant de mettre en cause le rapport et réclamant un prolongement pour 18 mois de la mission des enquêteurs qui ont encore une soixantaine d’attaques chimiques présumées à étudier.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques prodémocratie, le conflit en Syrie s’est complexifié avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes. Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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