Padminee Chundunsing: «Contribuer au rayonnement de la francophonie au Canada»

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Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique.

Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique.

La Mauricienne Padminee Chundunsing, qui préside depuis 2015 la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, au Canada, a été nommée Femme Leader de la Francophonie en septembre. Son adaptation dans ce pays n’ayant pas été aisée, pour que d’autres immigrés ne vivent pas la même chose, elle les encadre à titre bénévole.

Cette Port-Louisienne mariée à Suren Chundunsing et mère de deux enfants, Priya et Deevesh, est née Dabeesing. Après ses études au Droopnath Ramphul State Secondary School, à Pamplemousses, elle avait trouvé ses marques dans le textile suivant des études en Textile Technology à l’université de Maurice. Elle a notamment agi comme Planning Manager à Ferney Spinning Mills, Marketing Manager chez Southern Textiles et Marketing Executive chez Mast Industries.

Si elle a choisi d’émigrer en 2004, c’est pour ses enfants. «Dans un grand pays, les options sont plus variées. Sachant que Priya et Deevesh seraient appelés à étudier à l’étranger, à l’issue de leurs études secondaires, je ne voulais pas qu’ils se retrouvent seuls en terre étrangère. J’ai donc décidé d’immigrer lorsqu’ils étaient adolescents.»

Elle opte pour la Colombie-Britannique car le climat y est plus clément et les possibilités d’embauche plus grandes avec «des opportunités égales, de la méritocratie et, à la clé, un épanouissement professionnel et personnel, en particulier pour les insulaires».

À leur arrivée en Colombie-Britannique, elle découvre ce que c’est de lutter seule. «Mon adaptation n’a pas été facile. Il n’y avait personne pour m’aider. C’est dans ce genre de situation que vous vous demandez si vous avez pris la bonne décision de vous installer dans un si grand pays, où vos diplômes ne sont pas vraiment reconnus.»

Padminee Chundunsing se renseigne pour comprendre les rouages administratifs. «J’ai perdu énormément de temps à examiner le dispositif permettant d’accéder aux documents et papiers nécessaires pour obtenir un emploi et résider au Canada. C’est pour éviter à mes compatriotes et aux autres immigrants de vivre la même chose que je me suis engagée à offrir mon soutien et mes connaissances de manière bénévole. Je me suis également engagée par besoin d’appartenance, par nécessité de faire partie d’un groupe et de participer avec d’autres à la réalisation d’un projet commun qui est d’aider les immigrants.»

Une fois ses papiers en règle, elle a trouvé du travail comme gestionnaire au sein de la compagnie d’assurances British Columbia Automobile Association. Ne voulant pas couper ses liens francophones, elle a postulé pour la présidence du conseil d’administration de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB). Poste bénévole qu’elle obtient.

«En juin 2015, j’ai été élue à la présidence pour un mandat de deux ans et, cette année, j’ai été reconduite à la présidence pour un mandat d’une durée similaire.» En septembre dernier, elle a été nommée Femme Leader de la Francophonie.

La FFCB agit comme porteparole de la communauté francophone de la province face aux médias et aux institutions publiques et gouvernementales. «Je dois promouvoir, représenter et défendre les droits et intérêts des francophones de la province et préserver le patrimoine linguistique et culturel.» Pour cela, elle travaille avec une quarantaine d’organismes répartis dans la province et oeuvrant dans plusieurs secteurs d’activités. «Je préside deux réunions avec des représentants de ces 40 associations, dit-elle. Je suis leur porte-parole et je fais remonter leurs préoccupations auprès du gouvernement provincial et fédéral.»

Padminee Chundunsing rencontre souvent des politiciens, des sénateurs, des ambassadeurs des pays francophones, des travailleurs sociaux, des immigrants francophones mais aussi anglophones. Elle a récemment participé à une table ronde avec Serge Cornier qui est le secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration, réfugiés et citoyenneté sur les niveaux d’immigration et sur l’établissement et l’intégration de nouveaux immigrants au Canada.

Padminee Chundunsing est régulièrement sollicitée par Radio Canada pour s’exprimer sur ce qui a trait à la promotion du français. «Je suis aussi appelée à donner mon avis sur la volonté politique d’améliorer les relations entre le gouvernement provincial et la communauté et je milite pour la mise en place d’une politique de services en français en Colombie-Britannique.»

Le Canada n’hésite pas à ouvrir ses frontières aux réfugiés. Certains pensent que c’est ouvrir la porte à l’islamisme radical. Partage-t-elle cet avis ? Padminee Chundunsing préfère axer sa réponse dans une perspective-pays. «Le Canada est relativement paisible et il y a des lois strictes pour contrôler la sélection des immigrants. Ce pays ne se laisse pas aveugler par ses efforts humanitaires pour sauver les réfugiés de leurs pays d’origine. De toutes les façons, il y a de graves conséquences à enfreindre la loi et à participer à des actes de violence. Cela dit, la radicalisation peut arriver à n’importe qui et pas seulement aux réfugiés. L’encadrement au Canada pour assurer une bonne éducation, l’égalité des chances, des lois anti-discrimination à travers la promotion active du multiculturalisme dans tous les domaines, contribuent à atténuer toute idée de radicalisation. Le Canada est un pays qui prête, pratique et favorise la coexistence pacifique.»

Padminee Chundunsing serait-elle intéressée par la politique active ? «Non, je me concentre sur ma mission du jour et profite de mon travail de promotion et de renforcement de la francophonie dans le pays et surtout dans les régions francophones. Et c’est déjà beaucoup.»

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