Shirin Gunny: «Difficile pour les PME de profiter des programmes de soutien»

Avec le soutien de
Shirin Gunny, directrice de Made in Moris et planificatrice stratégique

Shirin Gunny, directrice de Made in Moris et planificatrice stratégique

Quelle est la stratégie derrière le Grand jeu Made in Moris ?

Il est devenu un élément essentiel de notre stratégie de valorisation du label et des marques Made in Moris. L’appropriation du label par les Mauriciens est au cœur de cette stratégie. Et rien de mieux que le divertissement et l’interaction avec le label pour faciliter cette appropriation.

Tout a commencé, il y a quatre ans, par le concours national pour choisir le logo du label et les animations régulières dans les supermarchés. Depuis 2016, nous proposons le Grand jeu TV car nous avons voulu une formule qui contribue à la connaissance de notre histoire, mais aussi de notre patrimoine culturel et cela inclut nos marques locales.

Nos marques Made in Moris ont un côté intergénérationnel et appartiennent à la mémoire collective des Mauriciens. Cette année, est proposée une formule encore plus dynamique, sur 26 minutes, contre 13 minutes pour la saison précédente. Les candidats ont été sélectionnés après un casting rigoureux parmi les 52 000 followers de notre page Facebook. Au-delà de l’aspect de divertissement, il y a une vraie stratégie et de réels enjeux économiques derrière le label.

Nos stratégies de valorisation et de visibilité se déclinent sur différentes plateformes, dont la télévision, la radio, Facebook, les relations publiques et bien- tôt la fête du Made in Moris (2018).

Parlez-nous de la portée économique pour les marques labellisées derrière les campagnes que vous avez lancées ?

Cette émission est l’un des projets que nous menons pour renforcer la visibilité des petites et moyennes entreprises (PME) qui sont labellisées. C’est aussi une autre façon de rappeler que derrière le label, il y a des emplois et une industrie locale, forte, dynamique et fière.

Le collectif au service d’une cause commune, c’est là un des avantages du label. Made in Moris compte plus de 250 marques et plus de 2 500 produits. Si nous renforçons la visibilité à travers la création de contenus à valeur ajoutée, c’est précisément pour susciter davantage d’intérêt et de demandes pour des produits locaux et labellisés.

Chaque opération de promotion bénéficie à l’en- semble des marques labellisées. Par exemple, sur le Grand Jeu TV, nous avons une dizaine de sponsors, mais c’est l’ensemble des marques Made in Moris qui bénéficie de cette visibilité nationale. C’est la force du collectif et c’est ce qui pousse plusieurs PME à nous rejoindre.

Ces campagnes ont-elles une incidence sur la vente des produits Made in Moris ?

Le label s’insère dans une stratégie commerciale d’ensemble d’une marque. Nous ne sommes qu’un élément de la force de vente d’une marque.

Aujourd’hui, nous sommes devenus un label de référence pour les consommateurs mauriciens et étrangers en matière de qualité et de confiance. La crédibilité du label contribue très certainement aux ventes. La preuve étant que nous sommes passés de 14 entreprises à plus de 70 adhérentes en quatre ans.

Le Made in Moris n’en est qu’à ses débuts si l’on compare avec des démarches similaires dans d’autres pays qui ont été lancées il y a plus de 20 ans. La pérennité de la démarche est cruciale, d’où nos efforts et notre volonté pour que le Made in Moris devienne un partenaire stratégique des institutions publiques.

Quelles étaient les retombées de la décision du gouvernement de financer les entreprises à hauteur de Rs 5 000 pour la souscription au label ?

C’est aussi une mesure incitative financière additionnelle qui joue en faveur des PME désireuses d’adhérer au label. Suivant cette attribution, nous avons d’abord voulu une approche stratégique en termes de recrutement des PME à fort potentiel et déjà inscrites dans les différents programmes menés par le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC).

Pour ce projet pilote, nous avons organisé, avec SGS, des ateliers d’information avec les officiers du NPCC. Les critères d’éligibilité et les spécificités de notre cahier des charges ont été partagés afin que les équipes de cette institution puissent, elles aussi, référer les PME au Made in Moris.

L’objectif est de présenter les critères du Made in Moris ainsi que les avantages du label à des PME plus matures, capables de se qualifier immédiatement pour obtenir le label et de bénéficier du sponsoring du gouvernement. Depuis septembre, la synergie entre nos deux institutions a donné des premiers résultats positifs avec l’adhésion de deux entreprises : Les Gourmandises d’Anne et AAH Upholstery Ltd.

Nous recherchons des marques locales fortes qui viendront consolider davantage l’offre déjà très diversifiée du Made in Moris. Ainsi, l’attractivité du label sur le marché local et celui de l’exportation en sera renforcée.

La diversité de l’offre du label permet aujourd’hui de mettre en avant la capacité des Mauriciens dans des secteurs variés. Ce développement se fait avec la Mauritius Chamber of Agriculture.

Nous espérons rallier le secteur de l’artisanat, puis des services. Rappelons que nous sommes demand-driven et que nous adaptons notre cahier des charges en fonction des sollicitations des différents secteurs, sans déroger à nos critères de qualité.

Qu’en est-il de votre collaboration avec le NPCC ?

Notre partenariat nous apporte une vraie valeur ajoutée. Il nous permet de réaffirmer notre volonté de nous mettre au service des PME locales. Il nous permet aussi de montrer l’importance de construire ensemble un écosystème entrepreneurial plus fort, solidaire et cohérent. Les outils et avantages offerts par nos deux institutions sont complémentaires.

Le projet pilote entamé avec le NPCC démontre bien qu’avant de parler d’une PME qui est export-ready, il faut d’abord qu’elle soit Made in Moris-ready. Aujourd’hui, la qualité d’un produit est un avantage compétitif d’abord et avant tout pour notre marché local.

Il existe pourtant beaucoup de programmes d’accompagnement aux PME…

Ce n’est pas le nombre d’outils au service des PME qui manque, c’est plutôt l’existence même de ces outils qui est très peu connue par ces entreprises, faute de ressources humaines et de temps. L’information n’étant pas centralisée, il est souvent compliqué pour les PME de tirer profit des programmes d’accompagnement et de soutien. En comprenant mieux le champ d’expertise et d’intervention des uns et des autres, il devient plus facile pour chacun de référer les PME aux bonnes personnes ou aux institutions appropriées.

Où en sont les préparatifs pour le salon Made In Moris 2018 ?

Ce projet avance bien. Nous avons hâte de fêter dignement le 50e anniversaire de l’Indépendance. Ce sera l’occasion pour les Mauriciens de découvrir la diversité du Made in Moris et du savoir-faire local. Nous partons sur une grande fête pour mi-2018 qui sera l’événement phare de notre année. Il y a déjà un vif intérêt pour celui-ci parmi nos membres.

Publicité
Publicité

Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires