Appleby Mauritius ciblée

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C’est d’Appleby notamment qu’émanent les informations ayant conduit aux Paradise Papers. Il ressort que la branche mauricienne de cette firme légale est visée.

En effet, les documents obtenus d’Appleby par l’International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ) et d’autres organisations médiatiques ont permis la publication des Paradise Papers. Dans un article de l’ICIJ, publié en ligne le 7 novembre, plusieurs décisions d’Appleby Mauritius sont déplorées par Will Fitzgibbon, journaliste d’investigation. Par ailleurs, l’article fait mention de critiques négatives de clients qui n’ont pas été prises en compte par la branche mauricienne.

Jean-Claude Bastos, Chief Executive Officer de Quantum Global,s’est tourné vers Appleby quand il a voulu investir, selon l’ICIJ. Cependant, avant qu’Appleby Mauritius n’accepte de représenter Jean-Claude Bastos, il a consulté deux autres branches.

Bastos «risky client»

Il s’agit de celle qui se trouve à Jersey et d’une autre à l’Isle of Man. Alors que la première branche a refusé de le représenter, la seconde a proposé qu’un cadre de la firme ait un siège au conseil de la branche. Proposition qui, selon Will Fitzgibbon, a été refusée par Jean-Claude Bastos. La branche mauricienne a, elle, accepté. «We are pleased to be able to act on your behalf», a affirmé Appleby Mauritius.

Selon l’ICIJ, les archives de la compagnie montrent qu’un examen de vetting l’avait qualifié de «risky client». La compagnie avait aussi relevé sa proximité avec José Filomeno Dos Santos, fils d’Eduardo Dos Santos. La pertinence de cela ?

C’est à Quantum Global que le président angolais a accordé la responsabilité de gérer le Sovereign Wealth Fund de $ 5 milliards. Le rapport avait aussi dévoilé que le fonds avait été utilisé pour payer $ 20 millions à Capoinvest, une société en Angola. Capoinvest, révèle la fuite d’Appleby, appartient à cinq compagnies qui sont toutes au nom de JeanClaude Bastos.

Autre anomalie mise en avant par l’ICIJ : la compagnie Pacific Andes Resources Development Ltd, un gros joueur dans le commerce de maquereaux en Namibie. En 2013, Appleby aide Pacific Andes à créer une société subsidiaire à Maurice.

La nouvelle compagnie, Brandberg (Mauritius) Investment Ltd, bénéficie d’une non-double imposition fiscale. Cependant, Pacific Andes a été sous les feux des projecteurs en Namibie pour pêche illégale et braconnage.

Le journal The Namibian avait révélé que Pacific Andes s’était mise en partenariat avec Atlantic Pacific Fishing Ltd. Une compagnie dont les actionnaires étaient des ministres, des maires et des conseillers au gouvernement en Namibie.

La compagnie Atlantic Pacific Fishing a payé, en 2015, $ 1,25 million à Brandberg Mauritius, qui n’a pas d’employé, pour la location de bateaux. Elle lui a aussi versé presque $ 2 millions en management fees entre 2013 et 2014.

Atlantic Pacific Fishing a, en outre, des dettes de presque $ 8 millions à Brandberg Mauritius. «All of it earned by a Mauritius company with no office on its own», dit Will Fitzgibbon.

«Appleby’s Mauritius office has emphasized the services it offers to companies seeking to reduce the tax burdens on the operations in Africa», soutient l’ICIJ. Les clients potentiels, précise l’article, reçoivent un guide qui flatte les traités de Maurice.

Du côté d’Appleby Mauritius, l’on se réfère au communiqué d’Appleby Global. «On ne peut pas commenter au cas par cas ces affaires.» Le communiqué d’Appleby Global declare que les informations obtenues par les journalistes «were not the subject of a lead but of a serious criminal act and our systems were accessed by an intruder who deployed the tactics of a professional hacker».

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