Tarolah: dix minutes au Parlement et il obtient trois mois de congé payé

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Kalyan Tarolah et son avocat Dick Ng Sui Wa au CCID le 16 octobre.

Kalyan Tarolah et son avocat Dick Ng Sui Wa au CCID le 16 octobre.

La présence de Kalyan Tarolah au Parlement a surpris plus d’un mardi. Mais ce passage éclair du député Mouvement socialiste militant (MSM), au centre du Lalanguegate, ne serait pas anodin. Il devrait lui permettre de s’absenter de l’Assemblée nationale pendant trois mois, tout en touchant son salaire.

Le député de Montagne-Blanche–Grande-Rivière-Sud-Est a passé moins de dix minutes dans l’hémicycle mardi, alors qu’il n’était pas présent lors de la reprise des travaux, le 24 octobre. Il a démissionné comme secrétaire parlementaire privé (PPS) et le Premier ministre lui aurait demandé de prendre un congé à la suite de l’éclatement de l’affaire de sextos.

Mais ces dix minutes au Parlement, marquées par les huées des membres de l’opposition, ont permis à Kalyan Tarolah de «signer» sa présence. Désormais, son salaire sera versé sur son compte bancaire même s’il s’absente durant les trois prochains mois.

Kailash Purryag, ancien speaker, explique que «peu importe le temps qu’un député passe au Parlement, même si c’est moins de dix minutes, cela est considéré comme une présence. Je crois que le député Tarolah était venu juste pour marquer sa présence».

Selon l’article 35 de la Constitution, un député est à même de perdre sa place s’il ne participe pas aux travaux parlementaires pendant trois mois. Un autre ex-speaker, qui préfère rester anonyme, souligne qu’il y a, toutefois, des exceptions à cette règle.

«Un élu peut faire une demande de congé auprès du speaker pour des raisons de santé, par exemple. Mais il faudra respecter la durée du congé», indique l’ancien speaker. Dans le cas du député MSM, il est convaincu que celui-ci était bien venu marquer sa présence.

D’après les procédures établies, lorsqu’un élu s’absente du Parlement pendant trois mois, le clerc en informe le speaker qui, à son tour, avertira l’Attorney General de cette absence. Ce dernier devra alors présenter une motion à l’Assemblée nationale ayant trait à la destitution du député. Navin Ramgoolam est le dernier député à avoir failli perdre son siège selon ces procédures (voir hors-texte).

Nous avons essayé de contacter Kalyan Tarolah, hier, pour savoir un peu plus sur son bref passage à l’Assemblée nationale mardi. Mais il n’a pas répondu à notre appel, tout comme le Chief Whip, Bobby Hurreeram.

En revanche, le ministre Mahen Jhugroo, ancien ChiefWhip, affirme, lui, ne pas savoir si Pravind Jugnauth a demandé à Kalyan Tarolah de prendre un congé. «Il est probablement venu marquer sa présence, mais rien ne dit qu’il sera absent la semaine prochaine», précise-t-il. D’ajouter que l’ex-PPS a été élu pour siéger au Parlement.


Motion de destitution contre Ramgoolam

C’était en 1992. Le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, alors chef de l’opposition, s’était absenté du Parlement pendant plus de trois mois. Alan Ganoo, qui était alors l’Attorney General, a déclaré en cour que le speaker Iswardeo Seetaram n’avait pas accordé de congé à Navin Ramgoolam. Le 27 décembre 1992, le siège du leader des rouges a été déclaré vacant. Le 26 janvier 1993, le Parlement s’est réuni à 9 heures pour adopter la motion. Les avocats du leader de l’opposition ont pu convaincre le chef juge par intérim, Rajsoomer Lallah, et les juges Ariranga Pillay et Rampersad Proag que la séance du 26 janvier 1993 a été orchestrée uniquement pour faire tomber Navin Ramgoolam.

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