Rivière-des-Créoles: des habitants inquiets après les averses

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Après d’abondantes averses, les habitants de ces demeures ne peuvent sortir vu que l’eau accumulée dans leur cour stagne.

La journée du 28 octobre a été vécue avec plein d’inquiétudes dans le sud-est du pays. Suivant les fortes averses qui se sont abattues dans cette région, le niveau d’eau est monté à plusieurs endroits, en quelques heures seulement. À Rivière-de-Créoles notamment, où les habitants en ont fait l’expérience et ils n’ont pas tardé de tirer la sonnette d’alarme.

Sur la route principale, entre la rue Dewdharee et la rue Soopaul, la boutique de demi-gros National Store a failli subir des pertes. Zahida Buhora, la propriétaire des lieux, raconte que c’est la première fois que l’eau est entrée à l’intérieur de sa propriété.

«On s’est réveillés aux petites heures pour se rendre compte que l’eau était à l’intérieur. Il pleuvait abondamment et on ne s’attendait pas que les lieux soient inondés. C’est la première fois que cela arrive. La rue à côté était noyée. Heureusement qu’on avait eu la bonne idée de mettre toutes nos denrées alimentaires ailleurs, sinon nous aurions enregistré des pertes.»

En ce qui concerne des voisins à côté, certains n’ont pu sortir de leur maison ce jour-là. «Mes enfants n’ont pu sortir pour aller travailler. On ne pouvait utiliser nos véhicules à cause des débris et la pression d’eau. Même les pompiers ont dû trimer pendant trois heures avant de pouvoir  faire évacuer l’eau. S’il n’avait pas cessé de pleuvoir ce jour-là, il leur aurait été difficile de faire quoi que ce soit parce qu’il n’y avait pas moyen pour que l’eau désemplisse. Le drain était bouché», explique Shyam Dewdharee.

Même son de cloche de la part de Dhiraj Seewoogoolam, conseiller du village. Lui aussi montre du doigt des drains bouchés. «Cela fait déjà un an que le drain censé canaliser l’eau est bouché. De plus, il n’est pas suffisamment large pour supporter la quantité d’eau qui y passe. Il y a aussi une montée sur la route principale qui empêche l’eau de se frayer un passage pour aller ailleurs.»

Drains mal construits

Si les requêtes faites par le conseil du village depuis des mois sont restées lettre morte, il dit espérer qu'une visite des lieux par les officiels du ministère des Infrastructures publiques, dans le sillage des récents incidents, ferait bouger les choses. «Le président du conseil de district était sur place ce jour-là et il a personnellement appelé le bureau pour les informer de la situation mais l’attente continue.»

Le problème de débordement ne touche pas que cette partie de la route principale, avance le conseiller du village. À quelques mètres de là, à l’entrée de la rue Bon-Espoir, même si l’eau n’arrive pas jusqu’aux maisons, elle stagne et pose  problème à ceux qui souhaitent se déplacer. Pour lui, la source du problème  est bien des drains mal construits.

«Il y a quelques mois, les autorités ont supprimé un cross drain dans cette rue. Depuis l’eau stagne. L’eau descend de la montagne et croupit dans cette rue. Le problème est que les drains en bordure de la route principale sont à un niveau supérieur comparativement à ceux de cette rue. Donc l’eau ne peut pas arriver aux autres drains.» Pour éviter tout incident, Dhiraj Seewoogoolam est d’avis qu’il faut que le cross drain soit remis en place comme il l’était avant.

Loin de la route principale, la rue Baul est incontournable pour les problèmes de débordement. Cette rue se termine en pente vers le canal Fayel. En bas de la pente, entre le canal, se trouvent trois maisons. L’eau que charrient quatre drains se déverse dans ce canal. Le conseil du village lance une requête pour éliminer un pont qui donne accès à une propriété privée.

Pour eux, ce pont doit être supprimé car de gros débris emportés par l’eau s’entassent en dessous et bloquent le passage. Pour Aviduth Padaruth, qui occupe une de ces maisons, le canal déborde en temps de pluie et l’eau pénètre dans leurs maisons. «Cet accès pose trop de problèmes. Il n’est d’aucune utilité, on devrait donc l’enlever. À chaque averse nos maisons sont envahies. On doit soit quitter les lieux, soit rester enfermés. J’ai chez moi une personne âgée de plus de 80 ans qui a du mal à se déplacer. C’est dur de devoir quitter sa maison à chaque fois qu’il pleut.»

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