Peinture-Firoz Ghanty : figures de style

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Les copains d’abord. Ceux que le peintre Firoz Ghanty a rencontrés pour de vrai. Ainsi que ceux dont il a fréquenté de près les œuvres, la pensée philosophique.

Pour son nouveau solo, Firoz Ghanty accouche d’un projet qu’il dit porter depuis 30 ans. Trente-cinq visages regroupés sous le titre, Portraits de ma mémoire, visibles jusqu’au 16 novembre à la galerie Imaaya, à Phoenix

Le peintre nous tend un miroir. Grossissant. À bien y voir, dans chaque visage se reflètent les multiples facettes du plasticien lui-même. On le devine. On le replace dans un contexte, une époque, à défaut de le comprendre, une démarche par trop prétentieuse, voire mal venue.

En musique, l’oreille de Firoz Ghanty penche pour Jacques Brel et Serge Gainsbourg.

Le miroir nous renvoie son frère Ismet. Ses chers disparus : Raymond son beau-père, Hervé Masson et Raymond Chasle. Ceux qui peuplent le panthéon artistique de Firoz Ghanty : Jacques Brel, Serge Gainsbourg, Léo Ferré pour la chanson. Nietzche, Marx, Foucault pour les philosophes. Mao et Lénine pour les politiques. Le Muammar Khadafi des débuts, «quand il était un libérateur du peuple». Le commandant Massoud, parce que c’est la figure du «résistant qui s’est battu contre les Talibans». Jean Michel Basquiat pour la peinture, Antonin Artaud pour la littérature, et tant d’autres.

Tous ces gens «ont fait de moi ce que je suis», reconnaît Firoz Ghanty. Précision de taille : «J’ai la prétention de dire que je n’ai pas appris de ces gens. Quand j’étais dans un questionnement, le hasard, qui n’existe pas, m’a fait rencontrer l’un ou l’autre qui m’a éclairé sur son travail.»

«Tous ces gens ont fait de moi ce que je suis.»

Ce qui frappe dans ce travail de portraitiste, plus que la ressemblance, c’est l’expression que renvoient ces visages. Une certaine façon de se tenir, un plissement des yeux, une manière de fixer les gens, un côté un peu renfrogné. Ces petits quelque chose qui caractérisent l’aspect unique de chaque être humain.

«J’ai reconstruit qui ils sont», souvent à partir de plusieurs photos, indique le plasticien. Il affirme avoir mis tous ces personnages sur un pied d’égalité. Tous en noir et blanc sur papier cartonné.

Tant pis si la folie a fini par emporter certains de ces personnages. Firoz Ghanty dit chérir «mes fous à moi». Des gens qui «pouvaient aller au bout de leur pensée». Dans la foulée, il théorise : «La création, c’est une maladie. Le travail doit primer sur tout le reste. L’art m’a sauvé de la folie, mais pas de la folie de la création.»

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