Lalanguegate: Kalyan Tarolah marchandait-il son siège de député ?

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Les jeunes au subhall à Caroline affirment que Kalyan Tarolah (en médaillon) n’a pas accompli grand-chose dans la circonscription no10.

Les jeunes au subhall à Caroline affirment que Kalyan Tarolah (en médaillon) n’a pas accompli grand-chose dans la circonscription no10.

«Il avait menacé de démissionner comme député le lendemain de l’affaire des sextos et aujourd’hui encore, il peut prendre une telle décision.» Confidence d’un ami de Kalyan Tarolah, très actif sur le terrain politique dans la circonscription de Montagne-Blanche–Grande-Rivière-Sud-Est (no10).

Même s’ils ne sont pas du même bord politique aujourd’hui, cet homme, qui sait tout sur le parcours politique de Tarolah et une bonne partie de sa vie personnelle, nous a dit qu’il ne sera pas surpris si l’ancien secrétaire parlementaire privé (PPS) marchande son siège. Du coup, c’est le Parti travailliste (PTr) qui est visé. Une éventuelle démission de Tarolah ouvrira la porte à Navin Ramgoolam pour être le député de cette circonscription.

Néanmoins, un fidèle du PTr, Jim Seetaram, qui arpente le terrain dans la circonscription, dément cette information. «Non, je n’ai rien entendu concernant cela et je me demande who will shoot a person who is already dead.»

L’agent d’un parti qui préfère rester anonyme raconte que Kalyan Tarolah, connu comme Kalim Tarolah dans son village natal Quatre-Soeurs et son village adoptif Bel-Air, était actif sur le terrain politique en 2002-2003, quand il roulait en taxi. En 2005, à côté du candidat Djamil Fakim, l’ex-PPS travaillait pour réorganiser le comité régional du n°10. Il est nommé secrétaire  du comité, dont le président est Sanjit Nackchhed et la présidente de l’aile féminine Lata Beesoony.

En 2005, il travaille pour l’alliance MSM-MMM, mais on lui reproche de ne pas accorder tout son soutien à Ajay Gunness, candidat mauve, lors des réunions. Un des reproches qui lui ont été adressés cette année est qu’il se trouvait parmi ceux qui avaient collé des affiches anti-Gunness quand celuici avait eu des démêlés avec la justice.

En 2010, quand il y avait l’alliance PTr-MSM, le rôle de Kalyan Tarolah était quelque peu réduit car Jim Seetaram voulait être entouré d’une nouvelle équipe. Un an auparavant, soit lors de l’élection partielle au n°8, il était très présent aux côtés de Pravind Jugnauth.

Lorsque l’alliance PTr-MMM a volé en éclats en 2011, Kalyan Tarolah a commencé à plus se rapprocher du Sun Trust et de Showkutally Soodhun. Si bien qu’un jour, le président du MSM lui a confié qu’il allait lui accorder un ticket pour les élections de 2014.

Quand Soodhun a appris qu’il s’était converti à l’islam, il a confié à ses proches que le ticket de candidat était dans sa poche. Or, en même temps, il lui est reproché de jouer de mauvais tours à des fidèles du MSM, si bien que le comité régional s’est dissous et le président Sanjit Nackchhed, après avoir subi des critiques de Pravind Jugnauth, a pris ses distances du parti.

C’est alors que celui qui défraie la chronique au n°10 veut tout y contrôler. Au Sun Trust, il se rapproche de l’équipe qui allait faire un tabac avec le clip Viré Mam, menée par Vikram Jootun, Kinsley Lai et autres Ashit Gungah et Bobby Hurreeram. Jusqu’à ce qu’il devienne député au n°10.

«Plus chez lui»

Kalyan Tarolah n’habite plus chez lui à Bel-Air. Ce sont des proches du député qui nous l’ont affirmé. Nous nous sommes rendus chez lui jeudi après-midi. Après avoir attendu pendant une demi-heure, nous n’avons remarqué personne, ni dans la cour, ni à travers les fenêtres, car les rideaux étaient bien tirés. Un voisin nous a dit que lui non plus ne l’a pas vu depuis quelques semaines.

Un autre habitant de Bel-Air, qui connaît bien Tarolah, soutient qu’il est allé habiter dans un autre lieu. «J’ai entendu Quatre-Bornes, Flic-en-Flac et même Tamarin.» Le confident de Tarolah nous a indiqué qu’il sait qu’il était en négociation avec quelqu’un pour la location d’un appartement à Flic-en-Flac.

En tant que PPS : «Nul en termes de projets»

Ce ne sont pas seulement des agents du PTr et du MMM qui nous ont dit que comme PPS, Kalyan Tarolah n’a pas fait grand-chose en termes de projets, mais aussi des jeunes, rencontrés à Caroline à côté d’un subhall. «Pourquoi vous prenez des photos ?» nous demandent-ils. «C’est pour un constat du développement au n°10», répond-on. «Ki sa, pa dévlopman sa !» Ils affirment que Tarolah était présent lors de l’ouverture du subhall, il y a environ cinq mois, mais que c’est un projet du conseil de district. Ils soulignent que l’ex-PPS a disparu, bien avant l’épisode Lalanguegate. Ils accusent aussi deux ministres de la circonscription de ne rien faire pour les chômeurs. «Éna boukou graduates ek SC et HSC holders qui péna travay.» Souhaitent-ils que Navin Ramgoolam soit candidat ? «Ayo sa, dir li pas vini !» Nous avons parlé à un conseiller du village qui déclare qu’à part quelques mètres de route et un début de projet d’un pont à Bel-Air, rien n’a été réalisé durant le mandat de Tarolah. Mais à sa décharge, il avance qu’il lui aurait fallu au moins un an et demi pour que des projets soient visibles.

«Pas l’unique femme !»

Latchmee Devi Adheen n’est pas la seule femme à qui Kalyan Tarolah aurait envoyé des messages indécents. Notre source affirme qu’il connaît deux autres femmes qui lui ont confié avoir reçu des messages indécents du député. «J’en connais une qui habite à Sébastopol qui était sur le point de le dénoncer et une autre qui a préféré rester tranquille car elle a une fille qui attend un emploi.»

«Et pourtant, avance le confident de Tarolah, souvent entre hommes, nous parlons des femmes, nous faisons des commentaires plutôt agréables. Mais lui, il restait silencieux et semblait ne pas apprécier nos commentaires.»

Questions en attente

Nous avons essayé d’entrer en contact avec Kalyan Tarolah durant ces deux derniers jours, en vain. Un autre individu a répondu sur son portable et il a dit qu’il est pris. Le numéro de téléphone à son domicile n’est plus opérationnel et un autre numéro que nous avons obtenu d’un proche est éteint. Voici, entre autres, les questions que nous lui aurions posées, tout en ne voulant pas revenir sur ses messages.

- Allez-vous démissionner comme député ?

- Est-ce-que le PTr est en négociation avec vous ?

- Avez-vous pris un congé parlementaire ? Sinon, quand comptez-vous retourner à l’Assemblée nationale ?

- Est-ce que Pravind Jugnauth a fait pression sur vous pour que vous démissionniez ?

- Quel rôle a joué Showkutally Soodhun au début de cette affaire de Lalanguegate ?

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