Jean-Pierre Sauzier: «L’environnement sportif n’est pas au mieux de sa forme»

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Jean-Pierre Sauzier, «Chief Executive Officer» (CEO) du Comité d’organisation des Jeux des îles 2019.

Jean-Pierre Sauzier, «Chief Executive Officer» (CEO) du Comité d’organisation des Jeux des îles 2019.

Jean-Pierre Sauzier, «Chief Executive Officer» (CEO) du Comité d’organisation des Jeux des îles 2019 (COJI), estime être dans le bon tempo en ce qui concerne l’organisation de la 10e édition des JIOI. Ce Curepipien, qui se décrit comme un éternel optimiste, parle des accords qui seront finalisés d’ici à la fin de l’année. Il donne un avis bien tranché en ce qui concerne le niveau du sport à Maurice.

A 630 jours des JIOI, où en est-on avec l’organisation de cette événement d’envergure qu’accueillera Maurice en 2019 ?
Nous sommes dans le bon rythme et les 12 commissions abattent actuellement un travail formidable. Nos prévisions budgétaires ont été retravaillées et d’ici la fin de l’année, nous allons finaliser tous les accords avec les hôtels en ce qui concerne l’hébergement des athlètes. Le concours de la mascotte bat son plein et nous avons eu de très bon retours en ce qui concerne les sponsors.

Justement, les sponsors demeurent un maillon essentiel dans l’organisation des JIOI. Le «Sponsor Kit», lancé en juillet, a-t-il séduit les entreprises privées ?
La mayonnaise commence à prendre et de plus en plus d’entreprises sentent ce besoin de soutenir leur pays durant la compétition. Toutefois, je dois dire que nous butons souvent sur la Corporate Social Responsibility. Cette formule est malheureusement un obstacle lors de nos démarches pour recruter des sponsors… Au final, il n’y a malheureusement plus beaucoup de place pour le financement du sport. En dépit de ce facteur, nous continuons d’avancer et je peux affirmer que le secteur privé a pris conscience de l’ampleur des JIOI et de ce qu’ils représentent dans la région. Une opportunité fabuleuse se présente donc aux autorités pour mettre sur pied une future Corporate Sports Responsibility…

En gros, on attend toujours une première signature…
(Il coupe) Nous avons déjà finalisé une première signature avec une entreprise.

De quelle compagnie s’agit-il et quels sont les termes de cet accord ?
Pour l’heure je ne peux rien divulguer car nous devons encore fine tune quelques détails. La presse sera mise au courant incessamment.

En tant que CEO du COJI, une organisation réussie à tous les niveaux demeure votre priorité. Vous ne pouvez pas nier que l’absence de l’île soeur à cette manifestation ferait un peu tache…
(Il se redresse) Cette absence sera une ombre au tableau et je suis le premier à le reconnaître. Cette manifestation repose sur les performances sportives et surtout sur la fraternité. En gros, c’est une histoire de famille. Pouvez- vous envisager une fête sans l’un de vos proches ? Je suis confiant que tout cela sera réglé comme il se doit, avant la fin de cette année. 

Songez-vous à intervenir auprès des Réunionnais, vous qui aviez déjà confié dans ces mêmes colonnes ne pas concevoir les Jeux sans nos voisins ?
Je le dis une nouvelle fois, je ne peux pas imaginer les JIOI sans nos voisins ! Je suis un amoureux du sport et de la fraternité entre îles de l’océan Indien. Même si ce litige est du ressort du Conseil international des Jeux (CIJ), si ma contribution est nécessaire pour que ce dossier aboutisse, je m’investirais sans réserve…

On parle d’une possible participation du Sri Lanka…
Cela serait une excellente nouvelle car c’est avant tout la fête du sport des îles et cela va contribuer davantage au spectacle. Toutefois, ce dossier doit être rapidement traité car, comme je l’ai précisé plus haut, nous allons bientôt finaliser certains accords ayant trait à la logistique de fonctionnement. Il faudra très rapidement savoir si cette participation se confirme pour ce pays qui est l’un des membres fondateurs des JIOI.

Pour la première fois en 10 éditions, il n’y aura pas de village des Jeux. Ne pensez-vous pas que cela peut avoir un impact sur l’esprit de fraternité entre athlètes, eux qui sont habitués à se réunir après une longue journée passée sur les sites de compétition ?
Cela ne va en aucun cas entamer la fraternité entre athlètes qui prend le plus souvent naissance sur les lieux de compétition. Il y aura un espace dédié à la rencontre des athlètes au sein des deux pôles hôteliers. Les navettes seront courantes entre les hôtels et ces lieux de rencontre seront vivants et animés. Cela donnera ainsi toute la dimension au rapprochement des athlètes hors compétition.

Nous avons aussi calculé que concevoir un village des Jeux va énormément coûter à l’Etat sans compter que l’expérience passée nous a prouvé qu’il est très compliqué de disposer de certains équipements une fois la compétition achevée. L’option des hôtels est un excellent choix et représente une solution d’adaptation aux conditions qui ont évolué depuis 2003. Elle offre d’autre part une solution budgétaire défiant toute concurrence. Par les temps qui courent, cela est non négligeable.

En tant qu’ancien sportif de haut niveau, quel est votre constat sur la préparation de nos sportifs en vue des JIOI 2019 ?
Je pense qu’il y a toujours room for improvement. Notre ambition est de remporter les Jeux devant notre public et je pense qu’il est primordial d’offrir un bon encadrement et surtout la motivation nécessaire aux athlètes. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a mis en place les structures et la planification nécessaire pour permettre aux athlètes de se préparer idéalement. Des budgets importants ont été votés pour cela. Les 12 médailles d’or récoltées aux Championnats d’Afrique Jeunes et Juniors d’haltérophilie illustrent parfaitement le potentiel des athlètes mauriciens sans oublier le réservoir fabuleux de sportifs que représente Rodrigues.

Vous dites cela parce que vous occupez un poste qui ne permet aucun écart de langage à l’encontre de votre employeur… 
(Rires) Certainement pas. Je dis cela parce que c’est vrai. Je suis une personne indépendante qui n’affiche aucune couleur politique, je m’exprime donc librement et sans embarras. Ceux qui me connaissent savent que je suis entier avec un francparler qui pourrait déranger… Cela ne m’empêche pas d’être très respectueux des institutions et de mon employeur. Je sais cependant dire tout haut ce que certains pensent tout bas…

C’est cette motivation qui vous a encouragé à accepter le poste de «Chief Executive Officer» du Comité d’organisation des Jeux des îles ?
Ma motivation est avant tout patriotique… J’aime mon pays et j’ai toujours eu ce désir de le servir du mieux que je le pouvais. L’opportunité d’occuper ce poste et de servir monpays dans un domaine que j’apprécie a été une occasion extraordinaire de rendre au pays ce que je lui dois… Certains qui ne comprennent pas ma motivation, me posent souvent la question «mais que vas-tu faire dans cette galère ?» Ma réponse se résume à une autre question, «dis-moi, que fais-tu pour ton pays et combien de temps consacres-tu à celui-ci ?» La discussion s’achève malheureusement très rapidement…

Dans une plus large mesure, quel regard portez- vous sur le sport mauricien actuellement ?
Je ne veux pas entrer dans quelque polémique, mais je pense que l’environnement sportif n’est pas au mieux de sa forme. Il y a par exemple certaines fédérations qui sont au point mort. Au final, ce sont les athlètes qui en pâtissent lourdement. Les fédérations sportives sont le garant de la bonne santé d’une discipline. Ils ont l’obligation suprême de veiller à ce que toutes les conditions soient réunies.

Le mot de la fin…
Je souhaite une participation active de la population pour que ces Jeux soient réussis. Je pense qu’en avançant ensemble, nous pouvons réaliser quelque chose de très grand. Le sport et l’amitié n’ont aucune barrière et le peuple de l’océan Indien doit pouvoir assimiler cela.

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