Jaylall Boojhawon: «La plupart des policiers souffrent de traumatisme»

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Jaylall Boojhawon déplore le manque de psychologues dans la police.

Jaylall Boojhawon déplore le manque de psychologues dans la police.

Le président de la Police Officers Solidarity Union revient sur la tentative de suicide d’une policière, hier, mercredi 25 octobre. Jaylall Boojhawon préconise le recrutement de plus de psychologues afin de faire le suivi des membres de la force policière.

Quel est votre sentiment par rapport à cette tentative de suicide d’une policière, survenue avant-hier ?
Je suis attristé par cet incident. Il aurait pu être évité. Hier matin, j’ai rencontré cette policière, je lui ai parlé et suggéré de rencontrer le commissaire de police pour trouver une solution à ses problèmes.

Justement, quelles sont les raisons derrière cette acte de désespoir ?
Je ne vais pas divulguer trop de détails. Mais j’ai appris qu’elle subissait des pressions de la part de ses deux chefs hiérarchiques. Dont des changements dans ses horaires de travail.

Ce genre de cas est devenu assez fréquent dans la police. Quelles en sont les raisons ?
Oui, malheureusement. Écoutez, il faut tout d’abord comprendre que notre métier est l’un des plus difficiles. Nous subissons des pressions non seulement au travail, de nos supérieurs, mais aussi des membres du public, qui sont de plus en plus exigeants. De plus, autre facteur très important : la plupart des policiers souffrent de Post Traumatic Syndrome Disorder. Cela veut dire qu’ils souffrent de traumatisme.

Imaginez, par exemple, l’état d’esprit d’un jeune policier qui a assisté à sa première autopsie, ou après un cas où il a découvert plusieurs corps en état de décomposition, ou sur le lieu d’un crime... Ce n’est pas du tout facile.

Pensez-vous que c’est important qu’il y ait un suivi psychologique ?
Bien sûr. C’est là le plus gros problème. Nous avons environ 12 000 à 13 000 policiers et il y a deux semaines de cela, nous n’avions seulement qu’un psychologue. Récemment, un deuxième a été recruté mais les deux sont des jeunes filles. Vous pensez qu’un homme serait à l’aise de raconter ses problèmes devant elles ? De plus, la procédure pour bénéficier de l’assistance du psychologue est très compliquée, il faut passer par le Police Medical Office, entre autres.

Quelle est donc la solution ?
C’est simple : il faut recruter plus de psychologues et les poster un peu partout afin qu’il y ait un bon encadrement et un meilleur suivi des policiers. Et des policières.

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