[Document] Punition au piment: la fondation arrête de financer l’école

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 Durla Armand aux côtés de son fils, Ismaël, qui aurait été victime des maltraitances de son enseignante.

Durla Armand aux côtés de son fils, Ismaël, qui aurait été victime des maltraitances de son enseignante.

Des parents furieux, des enseignants apeurés, la police mandée sur les lieux… La journée d’hier, mercredi 25 octobre, dans cette école préscolaire de l’Est était pour le moins mouvementée. Après les allégations de maltraitance d’enfants cette semaine, la fondation qui gère le financement de l’établissement a mis fin à ses activités. C’est à travers un communiqué que la fondation a fait part de sa décision.

«C’est pourquoi et aussi pour des raisons économiques, il avait été décidé depuis un certain temps d’arrêter de financer et d’opérer à la fin de l’année scolaire, soit le 16 novembre 2017. Le Ministère concerné a été informé en temps et en heure. En outre, et malgré la fermeture prévue de l’institution, des mesures ont été prises pour faire la lumière sur ces allégations. Dans ses conditions, la Direction ne peut plus assurer l’ouverture de l’école à partir de demain jeudi 26 octobre 2017», peut-on lire dans le communiqué.

La fondation affirme, toutefois, regretter de devoir prendre cette décision. À présent, les parents devront financer eux-mêmes l’école de leurs petits…

Escorte policière

Une nouvelle qui a eu un accueil mitigé parmi les parents. À 16 heures hier, l’entrée de l’école maternelle grouille de policiers. Ils ont été mandés car la «responsable» de l’établissement se dit «menacée» par des mères qui arpentent le chemin devant celui-ci. Ces femmes fulminent contre ces enseignants qui auraient maltraité leurs petits. Une enseignante aurait même puni un enfant en lui frottant du piment sur les lèvres.

C’est sous escorte policière que cette institutrice quitte les lieux. On apprend de la bouche des parents qu’elle serait une cleaner qui a été propulsée au rang d’enseignante, en remplaçant une autre qui a pris des congés pour son mariage.

Sur place, on rencontre Durla Armand, la mère du petit Ismaël, qui a été puni avec du piment. Elle est toujours aussi remontée. «Je ne laisse même pas mon enfant manger du piment. Je ne peux laisser d’autres personnes lui faire subir cela. C’est impensable», martèle-t-elle.

Visite d’un psychologue

Cette mère de 21 ans confie que son fils est traumatisé par ces événements. «Il aimait aller à l’école, mais depuis quelque temps, il traînait les pieds et je ne savais pas pourquoi.»

Durla Armand souligne que la femme qui a «maltraité» son fils a, elle-même, déclaré avoir frotté du piment sur les lèvres du petit. «J’étais outrée.» D’ajouter que ce dernier n’est plus le même depuis. «Il fait même ses besoins au lit.»

Durla Armand indique qu’elle a reçu la visite d’un psychologue qui lui a suggéré d’aller de l’avant avec cette histoire. «Si mon fils m’avait raconté son calvaire depuis le début, je l’aurais transféré de l’école.»

D’autres mères sont tout aussi révoltées. «Il aurait fallu changer de responsable. Malheureusement, la bienfaitrice de l’école ne sait pas ce qui se passait dans les classes», soutient Aurélie Marina, triste malgré tout de voir l’école fermer ses portes.

Leela Devi Dookun: «C’est inacceptable !»

La ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, n’arrive toujours pas à en croire ses oreilles. «Je l’ai lu à travers les journaux. Et j’ai demandé à ce que le ministère initie une enquête.» Elle se dit révoltée face à ce manque d’égard envers les enfants. «C’est incroyable et inacceptable. Mais nous comptons prendre les mesures qui s’imposent.»

Un meilleur exercice de recrutement souhaité

Le dénonciateur de la maltraitance alléguée envers les enfants se dit triste de la tournure des événements. Selon lui, si le recrutement avait été fait plus minutieusement, il n’y aurait jamais eu de failles dans l’école. Il soutient que ce sont surtout les «copinages» qui ont envenimé les choses. «Chacun protège l’autre.» À présent, il espère qu’une autre association reprendra les rênes de l’établissement.

Le communiqué de presse de la fondation. by L'express Maurice on Scribd

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