Reboisement: La réserve François-Leguat à la rescousse d’Anse Quitor

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Etre un modèle dans la région pour ce qui est de la conservation de la biodiversité naturelle de l’océan Indien. C’est l’objectif que s’est fixé La Réserve François-Leguat qui veut produire et mettre en terre, d’ici 2019, 300 000 plantes endémiques et indigènes et reboiser Anse Quitor, région calcaire du sud-ouest de Rodrigues.

Cette aventure exaltante a débuté en 2004 sur une superficie de 20 hectares à Anse Quitor à l’initiative de La Réserve de Tortues Géantes et de Grottes François-Leguat. Valeur du jour, 186 000 plantules, provenant de 39 espèces, ont été disséminées dans l’étendue de terrain choisie. «Le résultat est une transformation complète du lieu et de jour en jour, la forêt progresse même si les conditions climatiques ne sont pas toujours propices», souligne Aurèle André, le directeur général.

D’avril à septembre 2016, plus d’une dizaine de volontaires en provenance d’Italie, d’Allemagne, de Hollande, de France et de Suisse ont ainsi apporté leur pierre à l’édifice.

La Réserve François-Leguat est nichée dans un lieu qui a la particularité géologique d’être un sol entièrement calcaire abritant des espèces de plantes endémiques en grand danger d’extinction. Anse Quitor est l’un des trois «points chauds» recensés par les organisations régionales et internationales engagées dans la conservation. François Leguat Ltd, la compagnie propriétaire de la réserve, a fait appel à des bailleurs de fonds internationaux afin de compléter ce projet de reboisement et sauvegarder la biodiversité naturelle de la région calcaire de Rodrigues. Il a dû remettre l’ouvrage sur le métier à plusieurs reprises avant d’obtenir une réponse positive du «Critical Ecosystem Partnership Fund» (CEPF).

Depuis avril dernier, cette fondation a offert une enveloppe de 59 000 $ US pour la production et la mise en terre de 100 000 plantes endémiques et indigènes dans la Réserve François-Leguat et ce sur une période de trois ans. D’ici 2019, François Leguat Ltd aura donc enrichi l’espace qu’il possède de 300 000 plantes. Elle est convaincue que la nature fera le reste en termes de régénération naturelle.

«Ce projet de reboisement n’est qu’une bulle indépendante mais il agit et continuera à agir comme un outil pédagogique tant pour la communauté locale que pour la communauté régionale voire la communauté internationale», soutient Aurèle André. Les écoles, les collèges, les groupements de jeunes et de femmes sont appelés à participer activement dans ce projet qui s’accompagne de la sensibilisation tous azimuts d’un maximum de personnes sur la conservation de la biodiversité naturelle de l’île et le développement durable et intégré. «Nous travaillons avec des clubs de jeunes en l’occurrence le Rotaract Club de Rodrigues, l’Interact Club Communautaire de Rodrigues et l’Interact Club du Rodrigues College», ajoute-t-il. Francois Leguat Ltd encourage aussi les écoles communautaires à donner vie, dans leur enceinte, à un espace consacré aux plantes endémiques et indigènes. C’est le cas déjà pour l’Ecole Communataire Araucaria, l’Ecole Communautaire d’Anse Quitor et l’Ecole Communautaire de Mont Charlot. Il soutient par ailleurs la publication d’un livret pédagogique pour les écoles, les organisations et les associations de Rodrigues afin de les sensibiliser sur la conservation de la biodiversité naturelle de l’île.

Francois Leguat Ltd étant aussi engagée dans un programme de volontariat international, elle encourage ses volontaires à participer activement dans ce programme. D’avril à septembre 2016, plus d’une dizaine de volontaires en provenance d’Italie, d’Allemagne, de Hollande, de France et de Suisse ont ainsi apporté leur pierre à l’édifice.

Son champ d’action s’est enrichi d’une mission supplémentaire : la recherche scientifique. Son objectif : parfaire et augmenter les connaissances scientifiques sur la biodiversité naturelle de Rodrigues, encourager une culture de recherches scientifiques parmi les jeunes Rodriguais, créer un réseau international d’échanges d’informations scientifiques et accueillir les étudiants dans le cadre de leurs dissertations ou thèses de maîtrise. Des étudiants des universités de Toulouse et de Zurich ont déjà fait escale dans l’île dans ce but précis. Les équipes scientifiques constituées sont multinationales. L’équipe climatologique œuvre sous la direction de la State University of California. Elle se compose d’un Chinois, d’un Indien et d’un Américain. L’équipe éco-paléontologique est placée sous celle de National Geography. Deux Anglais, deux Australiens et deux Américains se consacrent à un projet de recherche intitulé «Rodrigues as a Rosetta Stone». Quant à l’équipe de recherche botanique et zoologique, elle opère sous l’égide de l’université de Zurich et réunit un Danois, une Anglaise et un Allemand. A terme, la Réserve Francois-Leguat veut être un modèle dans la région océan Indien pour ce qui est de la conservation de la biodiversité naturelle. Elle veut apporter son humble contribution dans le domaine scientifique tout en participant à la sauvegarde des biens communs de l’humanité.

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