Prem Nababsing, un politicien pas comme les autres

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Prem Nababsing devient alors leader de l’opposition, en 1987. Il sera aussi vice-Premier ministre et s’occupera des portefeuilles de la Santé et du Plan et du développement économique de 1991 à 1995. 

Prem Nababsing devient alors leader de l’opposition, en 1987. Il sera aussi vice-Premier ministre et s’occupera des portefeuilles de la Santé et du Plan et du développement économique de 1991 à 1995. 

Le monde politique est en deuil. Prem Nababsing a tiré sa révérence à l’âge de 76 ans, samedi 21 octobre. Il a succombé à une longue lutte contre la maladie. Ils sont nombreux à dire que l’ancien vice-Premier ministre ou encore leader de l’opposition, était un homme de conviction. 

«Prem Nababsing ne faisait pas de la politique comme les autres. C’est un scientifique, plus précisément un chimiste, qui s’est lancé dans l’arène car il rêvait d’un avenir meilleur pour son pays. Il n’était pas intéressé par la richesse ni la gloire», précise Jérôme Boulle, journaliste et ami qui l’a côtoyé au sein du Mouvement militant mauricien (MMM). 

Le politicien, qui est originaire du village de Camp-Diable, au sud de l’île, choisit d’habiter Quatre-Bornes lorsqu’il rentre au pays après ses études en chimie à Londres. C’était vers la fin des années 60.

Il prend de l’emploi au Mauritius Sugar Industry Research Institute mais avait, entre-temps, aidé à donner naissance au MMM. Actif au sein de ce parti, il ne sera pourtant pas candidat aux élections générales de 1976. 

«En presque quarante longues années, je n’ai jamais vu Prem se mettre en colère»

En 1982, il est nommé ambassadeur à Paris mais démissionne l’année suivante à cause de la cassure du gouvernement. Prem Nababsing devient alors leader de l’opposition, en 1987. Il sera aussi vice-Premier ministre et s’occupera des portefeuilles de la Santé et du Plan et du développement économique de 1991 à 1995. 

«En presque quarante longues années, je n’ai jamais vu Prem se mettre en colère», rigole Jérôme Boulle. Homme tranquille, Prem Nababsing gardait toujours son calme. Un calme que certains qualifiaient d’olympien.

«Il était soucieux des dépenses de l’État et des fonctionnaires. Pas un sou du pays ne devait être gaspillé»,

Discret, c’était pourtant un redoutable travailleur qui maitrîsait ses dossiers et était exigeant envers tous mais principalement envers lui-même. «Il était soucieux des dépenses de l’État et des fonctionnaires. Pas un sou du pays ne devait être gaspillé», confirme, pour sa part, Renaud Marie, qui a été son attaché de presse. «

Je me souviens qu’il avait été à une réunion de l’Organisation mondiale de la santé à Genève. À la fin de la réunion, il est rentré à Maurice pour faire un compte rendu au Conseil des ministres. Le jour d’après il repartait pour l’Angleterre. Cette fois à ses propres frais. Il avait tenu à compléter sa mission pour ne pas profiter, ne serait-ce qu’un seul jour, de l’argent de l’État pour ses propres besoins», poursuit Renaud Marie. 

Humble et attentif

Prem Nababsing était une force tranquille. «C’était un homme qui était à la fois ferme et bien décidé. Il était aussi très humble et était très attentif. Une qualité qu’on ne retrouve plus chez les politiciens de nos jours», ajoute Jérôme Boulle.

Il respectait les principes, ceux de son état-major et des autres. «Prem Nababsing ne cherchait jamais à se mettre en avant. Il a toujours oeuvré pour l’unité des militants, même si c’était dans les coulisses. C’était cela son rêve.»

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