L’industrie australienne produit sa dernière voiture, une Holden

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Sortie des dernière voiture Holden de l''usine Elizabeth au nord d'Adelaïde (Australie méridionale), le 20 octobre 2017.

Sortie des dernière voiture Holden de l''usine Elizabeth au nord d'Adelaïde (Australie méridionale), le 20 octobre 2017.

La dernière Holden fabriquée en Australie est sortie vendredi d’une chaîne de montage d’une usine au nord d’Adelaïde, point final d’un secteur automobile national incapable de résister à la concurrence internationale.

Avec la fermeture de l’usine d’Elizabeth, dans l’Etat d’Australie méridionale, une page se tourne pour Holden.

Née en 1856 à Adelaïde, l’entreprise faisait initialement des selles avant de se lancer au début du XXe siècle dans l’automobile et de devenir dans les années 1930 une filiale de l’Américain General Motors (GM).

«Je me sens très triste, comme nous tous, car c’est la fin d’une ère», a déclaré vendredi le Premier ministre australien Malcolm Turnbull au micro de la radio de Melbourne 3AW.

C’est en 1948 que Holden a sorti la première voiture produite massivement en Australie, la Holden 48-215. Et en 1964, Holden employait 24.000 personnes.

Bien que propriété de GM, Holden fut longtemps vendue comme «La voiture australienne», un symbole de l’essor économique australien de l’Après-Guerre.

Holden s’est imposée pour des générations d’Australiens comme une marque emblématique. «Football, tourtes à la viande, kangourous et une voiture Holden», claironnait une publicité des années 1970 devenue culte.

Une mort programmée

«Tant de monde a travaillé ici depuis les années 1970, que cette journée est très très triste», a déclaré aux journalistes John Camillo, un responsable du Syndicat des travailleurs de l’industrie australienne (AMWU).

L’AMWU rend le gouvernement responsable de la disparition de ce secteur industriel pour avoir retiré les subventions à l’industrie automobile en 2014.

Les constructeurs automobiles ont bénéficié entre 1997 et 2012 de 30 milliards de dollars australiens (19 milliards d’euros) d’aide, selon les chiffres du gouvernement.

La mort de l’industrie automobile australienne était programmée depuis 2013-2014, quand les trois derniers constructeurs présents -Toyota, Ford et Holden- ont annoncé qu’ils se retireraient.

Mitsubishi Motors avait fermé pour sa part son usine d’Adelaïde dès 2008. La dernière Ford fabriquée en Australie est sortie de la chaîne de montage en octobre 2016. Toyota a fermé son usine de Melbourne au début du mois.

Parmi les raisons citées, figurent l’étroitesse du marché australien et la concurrence de sites asiatiques plus rentables.

Holden, qui produit notamment en Thaïlande et en Corée du Sud, a déjà supprimé 2.900 emplois dans la préparation de la fermeture de son usine. L’entreprise conservera 350 dessinateurs et ingénieurs en Australie, de même que 700 autres employés.

«C’est effectivement très triste si vous êtes un ouvrier de l’automobile, mais cela ne représente pas grand chose pour l’économie australienne», a déclaré à l’AFP Alan Oster, économiste à la Banque nationale d’Australie (NAB).

«L’économie est très forte en ce moment dans le domaine des services. Dans les années 1970, 25% de la main d’oeuvre était employé dans l’industrie, qui représentait à peu près la même part du PIB», explique-t-il.

«Aujourd’hui ce chiffre est tombé à environ 7% et un peu moins en terme d’emploi. C’est un processus à l’oeuvre depuis longtemps.»

Reste que les départs de Holden et Toyota pèseront en amont sur tout un tas de fournisseurs australiens de pièces détachés et de sous-traitants qui «ne seront plus viables», estime James Thomson, analyste chez IBISWorld.

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