Mahébourg: des poissonniers pas si satisfaits que ça

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Le sentiment est mitigé chez les poissonniers, qui s’attendaient sans doute à de meilleures prises.

Le sentiment est mitigé chez les poissonniers, qui s’attendaient sans doute à de meilleures prises.

Lundi 16 octobre marquait la réouverture de la pêche à l’ourite. Si l’attention était surtout rivée sur les pêcheurs et leurs prises du jour, les étals des poissonniers étaient aussi l’objet de curiosité.

L’ambiance parmi les poissonniers est indescriptible à Mahébourg. Après deux mois sans, les poissonniers basés à la rue Suffren proposent des ourites sur leurs étals, et de belles ! Les passants s’arrêtent, quelques-uns stupéfaits d’en voir autant. Ils s’attardent pour poser des questions et entament un dialogue, ce qui rend l’ambiance joyeuse et bruyante à la fois.

Pour Mamoude Mamouji, un habitué, l’étonnement était au rendez-vous. «Je ne savais pas qu’il y avait des ourites. Elles sont belles à voir surtout après deux mois.» Il s’était rendu sur place sans intention d’en acheter mais pourquoi ne pas profiter pour marchander ?

L’ourite est à Rs140 la livre. Il tente de faire descendre le prix à Rs125 mais sans rencontrer de succès. Il décide alors de continuer sa route. Il s’en passera pour aujourd’hui ou il repassera un peu plus tard, allez savoir.

Les poissonniers se sont rendus sur la plage tôt le matin pour voir les prises des pêcheurs. Le plus tôt qu’ils sont sur place, le plus de chance ils ont pour faire leur choix et pour en acheter plus.

«Bann péser al pik ourit pli boner. Sink er di matin zot fini komansé. Lerla ver dizer nou fini pran nou kantite avek zot», explique Deoduth Jeewooth.

Il est poissonnier depuis plus d’une vingtaine d’années. Il hésite quand on lui demande si la prise est bonne en ce premier jour. «Pou enn premié zour inn gagn inpé. Mé premié zour pa zis péser ki alé. Zot tou al pik ourit sa zour la. Koumadir fet», poursuit-il.

Sur l’étal de trois poissonniers il y a environ 300 lb d’ourite. «Abitié ena plis», avance Bhye Farook, l’un d’eux, qui meurt d’envie de partager une autre opinion. «Fermtir ourit pa ti bizin fer sa lepok la. Ti bizin fini atann ourit ponn lerla fermé. La, kan ou pou koup ourit la, pou ena dizef andan. Li pa bon.»

Son voisin, Premdev Boojhawon, est du même avis. «25 an mo fer bayan. Mo koné ki mo pé dir. Fermtir ourite ti bizin fer mwa zanvié a avril. Bann ourit ti pou fini ponn ek dizef la ti pou fini eklo. Aster, kan ou pou lapes ourit et ou koup li, ou pou gagn dizef. Kan li pou ponn ?»

Un peu plus loin, Jay Seetul, pêcheur et poissonnier, s’empresse de partager les prises des pêcheurs pour ce premier jour. Il ne lui reste qu’une petite ourite. Les clients réguliers sont déjà passés chez lui, mais aussi parce qu’il n’en a pas acheté beaucoup. «Enn péser inn gagn zis 2 lb, ena 3 lb. Ban ki gagn la sans inn gagn 6 lb ek 8 lb. Li pa bon. Mo péser momem. Pou enn fermtir ourit li pa asé. Dabitid ou gagn ziska 45 lb. Mé azordi pa inn gagn asé.»

Une habituée venue acheter du poisson se mêle à la conversation. «C’est parce qu’ils n’ont pas respecté les règles. Moi-même j’habite à Blue-Bay. Tous les soirs on pouvait voir des torches s’allumer. Certains se pointaient même avec des fusils de pêche. Les gens s’en foutaient de la fermeture. Malgré les patrouilles, tous les jours ils venaient en cachette vers 3 heures du matin.»

À Rs 140 le demi-kilo, le mollusque a rapidement trouvé preneurs, même si certains ont marchandé.
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