Rodrigues: la famille de Georgy Meunier s’interroge sur des zones d’ombre entourant sa mort

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L’autopsie, pratiquée par le Dr Gungadin, a attribué le décès à une hémorragie cérébrale.

L’autopsie, pratiquée par le Dr Gungadin, a attribué le décès à une hémorragie cérébrale.

Georgy Meunier aurait-il été battu ? Cet homme avait été retrouvé gisant, dans un état comateux, à son domicile à Baie-aux-Huîtres, le 28 septembre dernier, aux alentours de 16 h 30. Malgré les soins prodigués par le personnel hospitalier, il est décédé deux jours plus tard à l’unité des soins intensifs de l’hôpital Queen Elizabeth de Crève-Cœur. Il n’avait jamais repris connaissance. Les proches n’ont pas plus de détails dans cette affaire.

L’autopsie, pratiquée par le Dr Gungadin, a attribué le décès à une hémorragie cérébrale. Le décès de Georgy Meunier, 79 ans, suscite des interrogations chez les membres de sa famille qui n’arrivent toujours pas à comprendre ce qui s’est passé malgré l’enquête de la police.

Selon nos recoupements, il semblerait que la police ait écarté la thèse d’un acte malveillant (foul play). Certaines personnes avancent que Georgy Meunier aurait fait une attaque cardiaque mais la famille est sceptique. 

Odeur nauséabonde

Le corps de Georgy Meunier avait été découvert par sa fille qui habite la même localité. Cette dernière avait été alertée par une soignante qui était rémunérée par la sécurité sociale pour s’occuper de la victime. Sur les lieux, sa fille, Claudinette, avait remarqué que son père portait de multiples blessures sur différentes parties du corps.

«Ce jour-là j’étais à la maison. J’habite à l’étage et mon père habitait au rez-de-chaussée. Vers 16 h 30, j’ai été alertée par un garçon de la localité me demandant de venir car mon père était tombé et avait vomi. Quand je suis descendue, j’ai eu le choc de ma vie car mon père avait la tête sous une armoire et il y avait une odeur nauséabonde d’excréments dans toute la pièce. Il avait un trou à la tempe ainsi que des blessures sur le corps où grouillaient des asticots. J’étais choquée», dit-elle.

Elle dit avoir alors alerté son frère qui serait venu illico presto. Ils ont nettoyé le septuagénaire avant qu’il ne soit transporté à l’hôpital. «Je n’ai pas voulu que mon père arrive à l’hôpital dan sa leta malprop ki li ti été la. Depuis ce jour, nous n’avons pas revu la dame qui était censée être payée pour s’occuper de lui, ni à l’hôpital, ni lors des funérailles», relate-t-elle.

Le fils de la victime avait soutenu que son père se portait bien. Il lui avait parlé pour la dernière fois le jour du drame.

Avertissement de la police

Claudinette explique avoir remarqué depuis pas mal de temps que son père était maltraité. La maison n’était pas nettoyée et était dans un état insalubre. «J’étais allée voir le chef de la police à l’époque ainsi que le département de la Sécurité sociale. La soignante avait reçu des avertissements de la police qui lui avait recommandé de ne plus mettre les pieds chez mon père.»

Elle ajoute que les employés de la Sécurité sociale ont fait une visite mais n’ont pas été en mesure de faire enlever le nom de cette dame comme soignante. «C’était à mon père de le faire et il ne l’a jamais fait.»

La soignante a continué à se rendre chez Georgy Meunier, lui «soutirant» de l’argent pour ses besoins personnels ainsi que pour s’acheter des boissons alcoolisées, allègue Claudinette. «Plizir fwa nou finn koz avek mo papa mé li pa finn ékouté», soutient-elle, toujours sous le coup d’une émotion visible après trois semaines. Elle soupçonne que son père ait été sauvagement agressé pour des raisons d’argent.

Enquête

Une enquête de voisinage menée durant la semaine met en lumière des éléments troublants, voire sordides. «Souvan bolom la ti pé marsé ek baton ek so tant pou al laboutik. Létan demann li kot li pé alé li dir bizin al asté rom pou madam la sinon li pou gagn baté. Plizir fwa mo finn dir li arété ek sa lavi la, li dir mwa li pa kapav fer narnien akoz li gagn maltrété», déclare un habitué des alentours.

Une autre personne soutient avoir même été témoin de certaines scènes de violence. «Enn dé fwa monn trouv madam la pé bat bolom la. Li pa finn trouv mwa, mo tann li dir kot kass la été ? Lerla mo finn dir sa so tifi. Mo dir li pran kont to papa akoz li gagn mizer. Toulézour bolom bizin al asté bwar pou li. Fer sagrin séki finn arivé.»

La seule préoccupation des proches est de savoir ce qui s’est vraiment passé. La famille veut comprendre ce qui a provoqué une hémorragie cérébrale ayant entraîné la mort de Georgy Meunier.

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