Que sont-ils devenus? Raouf Bundhun: «La vulgarité de certains parlementaires est déplorable»

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Raouf Bundhun, ancien vice-président de la République.

Raouf Bundhun, ancien vice-président de la République.

L’ancien vice-président de la République Raouf Bundhun a occupé de nombreuses autres fonctions d’État. Il est toujours très actif auprès des animateurs d’organisations communautaires. L’ancien politique regrette le comportement et les propos vulgaires de certains parlementaires.

Raouf Bundhun est né en 1937. Aujourd’hui, à 80 ans, il devrait mener une vie sédentaire après un parcours qui l’a conduit à detrès hautes fonctions d’État. Mais non, l’ancien vice-président de la République, qui a également été ambassadeur, député, ministre, maire, enseignant et fonctionnaire, trouve toujours des raisons pour être actif. Il demeure, surtout, un observateur attentif de la société mauricienne.

«Je suis l’un des vice-présidents d’honneur du Mauritius Council of Social Services. Cela m’a permis d’être en contact avec des travailleurs sociaux oeuvrant au sein d’organisations non gouvernementales», confie l’ancien vice-président de la République.

Mais ces nombreuses rencontres n’épuisentpas le dynamique Raouf Bundhun. Il trouve aussi du temps à consacrer à ses amis du Rotary Club de Quatre-Bornes. En sus de cela, les Quatre-Bornais rencontrent souvent leur ancien maire au marché le samedi ou lorsqu’il fait sa marche matinale dans la région.

Quelle lecture l’ancien politicien expérimenté fait-il de la situation politique à Quatre-Bornes, dans la perspective de la prochaine élection partielle ? Raouf Bhundun s’en tient à son devoir de réserve. Il ne dira rien. Mais ce refus de commenter le contexte actuel à Belle-Rose–Quatre-Bornes ne signifie pas un désintérêt pour la vie politique locale.

Notre interlocuteur se désole devant les propos et le comportement scandaleux de certains jeunes parlementaires. «Je suis dépité par la vulgarité de certains parlementaires. C’est déplorable», avouel’ancien membre de l’Assemblée nationale.

Malgré ce regret, Raouf Bhundun fait confiance à la jeune génération de politiques. L’ancien parlementaire a foi en la jeunesse. Il se remémore son premier discours à l’Assemblée, le 29 août 1967, soit trois semaines après les élections générales décisives du 7 août. Il avait alors réclamé le droit de vote à 18 ans et la création du ministère de la Jeunesse.

Entre l’enseignement et la politique

Son engagement au sein de la Port-Louis Youth Federation, aux côtés de ses amis, dont Cassam Uteem et Bhismadev Seebaluck, entre autres, conduit Raouf Bundhun à la politique. Les grands acteurs de l’époque, dont Guy Rozemont et Renganaden Seeneevassen, le fascinent. Le jeune fonctionnaire affecté au Public Assistance Department, aujourd’hui le ministère de la Sécurité sociale, démissionna de son poste pour prendre de l’emploi à son alma mater, le Saint Andrew’s College. Enseignant, il aura du temps libre pour assumer son engagement politique.

En 1963, pour la première fois, Raouf Bundhunest candidat du Comité d’action musulman au scrutin municipal, à Port-Louis. Le Parti mauricien de Jules Koënig rafle presque tous les sièges et Raouf Bundhun est battu. Aux élections générales d’août 1967, Raouf Bundhun parvientà se faire élire dans la circonscription no4 (Port-Louis-Nord–Montagne-Longue), aux côtés de Mohabeer Foogooa et de Raymond Rault. Ce dernier deviendra ministre de la Jeunesse et des sports après l’Indépendance. Raouf Bundhun sera, lui, nommé secrétaire parlementaire attaché au même ministère.

En 1969, il quitte le poste de secrétaire parlementaire pour devenir ministre de l’Énergie. Il y reste jusqu’en 1976. Aux élections de 1976, le ministre sortant est devancé par les candidats du Mouvement militant mauricien (MMM). Il prend du recul par rapport à la politique et retourne dans l’enseignement.

En 1988, Raouf Bundhun effectue un retour à la politique au sein du MMM et se porte candidat aux élections municipales à Quatre-Bornes. Il y est élu à deux reprises et devient maire de la ville des fleurs en 1995. Il fait ensuite son retour à l’Assemblée nationale en se faisant élire sous la bannière des mauves dans la circonscription no13 (Rivière-des-Anguilles–Souillac).

À la fin de son mandat en 2000, estimant qu’il a suffisamment donné à la vie politique, le backbencher du MMM décline une nouvelle investiture. Mais il est choisi pour être ambassadeur à Paris.

Toutefois, les circonstances défont souvent des plans de vie. En 2002, le président Cassam Uteem et son vice-président Angidi Chettiar démissionnent. Karl Offman accède à la présidence et Raouf Bundhun est rappelé de Paris pour devenir vice-président. Il a occupé ce poste jusqu’à la fin de son mandat en 2007.

Son parcours

  • Les années 60 – actif au sein des mouvements de jeunesse
  • 1967 – élu dans la circonscription no 4
  • 1969 – secrétaire parlementaire à la Jeunesse et aux sports
  • 1976 – ministre de l’Énergie
  • 1988 – conseiller municipal à Quatre-Bornes
  • 1995 – maire de Quatre-Bornes
  • 2000 – ambassadeur de Maurice à Paris
  • 2002 – vice-président de la République
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