Lutte contre le gaspillage: le Public Accounts Committee inefficace

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Aurore Perraud, présidente du Public Accounts Committee. Les travaux du comité risquent d’être freinés si les autres membres refusent de siéger aux côtés de Kalyan Tarolah.

Aurore Perraud, présidente du Public Accounts Committee. Les travaux du comité risquent d’être freinés si les autres membres refusent de siéger aux côtés de Kalyan Tarolah.

Le Public Accounts Committee (PAC) a-t-il encore sa raison d’être ? Durant les quatre derniers mois, ce comité ne s’est réuni que deux fois. Même si l’actuelle présidente de ce comité, Aurore Perraud, annonce un rapport préliminaire sur des ministères avant la fin de l’année, des membres semblent démotivés pour siéger au sein de ce comité. D’autant qu’avec en son sein le Private Parliamentary Secretary (PPS) Kalyan Tarolah, les travaux de ce comité risquent d’être freinés davantage si les autres membres ne veulent pas siéger en sa compagnie. Mais, pour l’instant, aucune décision n’a été prise.

Il y a d’abord, le cas de Sangeet Fowdar. Le député du Muvman Liberater dit avoir l’intention de remettre sa démission. Il n’a pas assisté à ce comité pendant tout le long de cette année. Il dit être déçu. «En 2015, le président de ce comité, Veda Baloomoody, avec les membres, sont allés voir le Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth. Ils lui ont dit qu’il fallait amender les standing orders pour que les recommandations des rapports soient mises en pratique. Ainsi, les manquements notés pourraient, si nécessaire, faire l’objet d’enquêtes de la police ou de l’Independent Commission against Corruption. Or le Premier ministre nous avait donné la garantie qu’il allait agir. Mais il n’a rien fait.» Aadil Ameer Meea, un des représentants du Mouvement militant mauricien (MMM) reconnaît que les réunions de ce comité se sont tenues irrégulièrement durant ces derniers mois. «Nous devons mener des enquêtes, c’est la raison pour laquelle il y a moins de réunions ces derniers temps.» Toutefois, durant ces deux dernières années, il y a eu tellement de changements au niveau de la composition des membres que, souvent, le comité n’a pas eu le quorum à ses réunions. Le député mauve parle de la présence de Kalyan Tarolah au sein de ce comité : lors de la dernière réunion, il n’était pas présent. Il ne croit pas qu’avec les récents évènements, le député de la majorité viendra à la prochaine réunion. Aadil Ameer Meea est un habitué de ce comité. Il y a siégé durant ces cinq dernières années.

Il pense lui aussi que ses recommandations ne sont pas prises au sérieux. «À quoi bon mener toutes ces enquêtes et ensuite voir que les recommandations dorment dans le tiroir ?» Il soutient que le PAC est un bouledogue sans dents. Tant qu’il n’y aura pas une réforme, ce comité n’aura aucune efficacité.

Un autre membre du comité (membre du gouvernement) dit son exaspération quant aux réunions. À plusieurs reprises, le comité, faute de quorum, a dû renvoyer ses rencontres. Il dit ne pas comprendre comment durant les vacances parlementaires, le comité ne s’est réuni qu’à deux reprises. Il se demande si tous les membres pourront soumettre un rapport des ministères sur lesquels ils ont eu la tâche d’enquêter.

Budget de Rs 1,1 million

Le dernier Budget prévoit une somme de Rs 1,1 million pour le PAC. Aucun membre n’est rémunéré pour siéger au sein de ce comité. Seule la présidente reçoit une allocation. Elle a aussi droit à un bureau et une voiture avec chauffeur. Le dernier rapport du PAC est sorti en octobre 2015, sous la présidence de Veda Baloomoody. L’année dernière, alors que le comité s’apprêtait à rédiger un nouveau rapport, il y a eu des changements quand le PMSD a quitté le gouvernement. Du coup, Veda Baloomoody a démissionné et la Speaker a nommé Aurore Perraud comme présidente. Ceux qui siègent au sein de ce comité sont Kalyan Tarolah (PPS), Aadil Ameer Meea, Sangeet Fowdar, Thierry Henry, Ezra Jhuboo, Zouberr Joomaye, Franco Quirin et Sudesh Rughoobur.

Rien de concret

Deux ans de cela, soit dans le dernier rapport du PAC, il y avait des recommandations pour que le stockage des médicaments soit fait dans un bâtiment approprié. Celui de Coromandel était délabré. Une certaine quantité de ces médicaments était devenue périmée. Il n’y a eu aucune amélioration, même si le ministère a annoncé la construction d’une National Drug House pour mieux entreposer les médicaments. Mais le temps que cela prendra pour chercher un terrain et mettre sur pied ce projet, les médicaments seront toujours stockés dans ce vieux bâtiment de Coromandel. Par ailleurs, une somme de Rs 56,2 millions avait été votée pour un nouvel abattoir depuis au moins quatre ans. Le rapport la mentionne, mais toujours rien. Le rapport de 2015 recommande aussi une révision de l’allocation des terres de l’État et réclame la mise sur pied d’une Land Fraud Squad. Il n’y a eu aucune amélioration. Ajouté à cela, un Project Monitoring Committee a été recommandé pour une meilleure coordination entre la CWA, le CEB et le Mauritius Telecom sur certains travaux. Mais toujours rien.

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