«Journée sans voitures» : Paris respire

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Des joggeurs courant au milieu de la rue, des piétons prenant possession de la chaussée, des boulevards entiers désertés: Paris vivait dimanche sa troisième journée annuelle sans voitures, une décision cependant largement controversée.

«C'est très sympa, normalement il y a beaucoup de circulation, mais maintenant on peut marcher dans le centre ville, c'est très agréable», lance en anglais un touriste venu d'Asie.

«C'est génial. Je trouve ça hyper agréable d'être tranquille, sans voitures», témoigne à l'AFP une cycliste française ravie d'avoir le pavé parisien pour elle.

Après 2015 et 2016, la mairie de Paris a renoué avec la «journée sans voitures» en l'étendant cette fois-ci à l'ensemble de Paris intra-muros. De 11h à 18h (09h-16h GMT), seuls les taxis, voitures avec chauffeurs ainsi que véhicules d'urgence et transports en commun peuvent rouler).

«L'objectif, c'est simplement de profiter de la ville autrement. On est dans une journée qui a une vocation pédagogique, ludique, conviviale», avait expliqué vendredi Christophe Najdovski, adjoint écologiste aux Transports de la ville.

New York, Casablanca ou Bruxelles sont parmi les nombreuses villes dans le monde à avoir organisé des manifestations similaires. 

Mais la décision fait également débat. 

«A quoi ça sert ?», se plaignait ainsi Pierre Chasseray, délégué général de l'association «40 millions d'automobilistes», pour lequel «c'est juste de la communication, pour dire la voiture c'est pas bien». «S'il ne fait pas beau dimanche, ce sera la journée sans piéton», ironise-t-il.

Avec ses rues souvent exiguës, ses immeubles serrés et ses rares espaces verts, la capitale française est l'une des plus denses d'Europe: d'une surface de 105 km2 quand Madrid s'étale sur 604 km2.

La journée s'inscrit dans la politique volontaire de la maire socialiste Anne Hidalgo, élue en 2014, qui a notamment déjà rendu aux cyclistes et aux piétons la majeure partie des voies qui longent la Seine et fait tracer de nouvelles voies cyclables.

«La pollution ça tue», déclare invariablement Anne Hidalgo à ceux qui l'éreintent en «reine des bouchons». La Mairie se targue d'avoir fait plonger de 30% la circulation automobile en dix ans, avec des effets sur la qualité de l'air. 

«La pollution atmosphérique à Paris diminue depuis plusieurs années», confirme Charlotte Songeur, porte-parole d'Airparif, un organisme indépendant qui surveille la qualité de l'air dans la région parisienne.

«A renouveler, mais pas trop quand même», disait cependant un joggeur encore essoufflé de sa foulée sur les rues désertes. «Parce que la ville a aussi besoin de circulation contrôlée et pas excessive».

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