Jean-Michel Rouillard: «À l’avenir, nous n’exclurons pas d’exporter le modèle Winner’s en Afrique»

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Jean-Michel Rouillard, Chief Operating Officer, Winner’s/Monoprix.

Jean-Michel Rouillard, Chief Operating Officer, Winner’s/Monoprix.

Pas question que Monoprix fusionne avec la chaîne de supermarchés Winner’s suivant son acquisition par Winhold Ltd, détentrice de l’enseigne. Le Chief Operating Officer s’attelle à ce que chacune des deux enseignes garde son identité propre et bénéficie de la synergie de leurs opérations.

Quelle est la rationalité pour Winhold Limited de racheter les trois magasins de Monoprix ?

Après 23 ans d’existence, Winner’s opère 21 magasins dans l’île – son dernier-né étant celui de Quatre-Bornes, à Candos, inauguré en février de cette année. Cela fait presque une ouverture par an.

La maturité du marché de la grande distribution à Maurice rendra plus compliquée l’ouverture de nouvelles grandes surfaces à l’avenir. La démarche de rachat ou d’acquisition est une façon de répondre à cette problématique.

Monoprix est une belle enseigne qui possède trois magasins idéalement situés dans des lieux très fréquentés. Ce rachat était une belle opportunité que Winhold Limited a décidé de saisir. C’est surtout une occasion de donner aux Mauriciens en général un choix plus vaste de produits et services.

Comment le pôle de grande distribution d’IBL compte-t-il se repositionner suivant l’acquisition des magasins de Monoprix ?

Ce pôle comprend dorénavant deux enseignes – Winner’s et Monoprix – qui garderont chacune son identité propre. Je rassure donc la clientèle de Monoprix : Monoprix restera Monoprix avec ses produits Monoprix. En matière de logistique, nous nous organiserons pour que les deux enseignes soient desservies par une centrale pour ce qui est des fonctions corporatives telles que les finances, la maintenance, la sécurité, la technologie informatique, etc.

Avec le rachat de Monoprix, Winhold Limited s’ouvre désormais à une enseigne internationale ainsi qu’à une clientèle niche, celle appartenant à la classe moyenne aisée. Est-ce que ces deux enseignes se complètent, selon vous ?

Même si les deux enseignes puisent plus ou moins dans le même marché, le coeur de leurs cibles diffère, ainsi que leurs stratégies de communication, les offres produites, le type de surface et l’emplacement des magasins. On peut donc dire, en effet, que les deux enseignes se complètent.

Il va sans dire que Winner’s, à travers Winhold Limited, consolide actuellement sa présence dans le secteur de la grande distribution avec ce rachat et devient conséquemment un opérateur dominant. Doit-on comprendre que ce processus va continuer avec d’autres acquisitions dans le collimateur ?

Il est inexact d’avancer que Winner’s devient un acteur dominant sur le marché. Je qualifie notre position comme étant importante, mais pas dominante. Il faut savoir que le terme dominant tel que défini par la Competition Commission (CCM) s’applique à une entreprise ou marque qui a une part de marché de plus de 30 %.

Ce qui n’est pas le cas pour Winner’s ?

Tout à fait. En fait, la croissance peut se faire par acquisition, mais il y a bien d’autres moyens d’y parvenir. Winner’s compte utiliser les moyens à sa disposition pour assurer sa croissance. Et puis, il n’y a pas que la croissance qui est à l’ordre du jour. Une entreprise comme la nôtre a bien d’autres combats à mener.

Dans quelle mesure les clients traditionnels des magasins Winner’s bénéficieront-ils des effets de cette acquisition ? En d’autres mots, est-ce qu’on peut s’attendre que des rayons des supermarchés Winner’s exposeront des produits portant le label Monoprix ?

Il est prématuré d’envisager ce scénario. Notre tâche prioritaire est de reprendre les opérations Monoprix afin de rehausser la profitabilité de cette enseigne. Nous sommes au tout début de ce processus.

Cela dit, nous pensons qu’à terme, les clients de Monoprix et de Winner’s pourront bénéficier de la synergie des opérations. Les clients de Winner’s continueront de bénéficier de toute l’expertise des 1 800 membres du personnel qui ont fait le succès de l’enseigne préférée des Mauriciens depuis de nombreuses années.

L’édition 2017 du Top Hundred Companies place Winner’s en tête de liste avec un chiffre d’affaires de Rs 5,7 milliards à 30 juin 2016. Êtes-vous satisfait des résultats financiers qui seront connus prochainement. Est-ce que l’objectif financier fixé a été atteint ?

La performance financière de Winner’s pour l’année écoulée a été à la hauteur de nos attentes. Non seulement notre chiffre d’affaires a augmenté, mais le nombre de visiteurs dans les magasins Winner’s et le panier moyen ont connu des hausses intéressantes.

Nous espérons toujours pouvoir mieux faire et nous nous y attelons chaque année pour y parvenir. Nous opérons dans un secteur extrêmement compétitif. En témoigne le grand nombre d’enseignes sur notre petite île, ainsi que le nombre impressionnant d’ouvertures de nouvelles grandes surfaces année après année.

Le secteur de la grande distribution est visiblement en bonne santé avec un chiffre d’affaires en hausse de 35 % en 2016 comparativement à la même période en 2015. Comment expliquez-vous cette performance financière alors que les opérateurs soutiennent que les grandes surfaces souffrent aujourd’hui des effets de morosité commerciale dans le secteur ?

Le chiffre d’affaires de l’activité de la grande distribution peut être interprété selon des facteurs qui diffèrent ; si nous incluons les boutiques traditionnelles ainsi que les libres-services aux côtés des supermarchés et hypermarchés, il est peu probable que le secteur ait cru de 35 % en une année. Ce pourcentage élevé est donc probablement dû au fait que les commerces traditionnels n’ont pas été pris en compte dans le calcul.

Quel regard portez-vous actuellement sur ce secteur ?

Tous les acteurs du secteur vous parleront de maturité, voire de saturation. Je ne pense pas que ce stade soit atteint mais nous nous en approchons. La compétitivité de l’activité est, par contre, très bénéfique à tous les consommateurs. Ceux-ci ont un choix extraordinaire, tant au niveau des enseignes et magasins, que des produits et marques qui s’y trouvent. L’avenir du secteur se trouve dans le rapport qualité-prix, ainsi que dans l’innovation.

Winner’s reste un winner dans le commerce de proximité. Votre présence s’étend aux quatre coins du pays. Jusqu’où ira cette stratégie de proximité ?

Notre stratégie de proximité ne se limite pas aux emplacements de nos supermarchés. Elle se traduit surtout dans notre proximité avec les Mauriciens, notre compréhension de leurs attentes, notre interaction, l’emploi de personnes des régions où nous nous sommes implantés. D’ailleurs, notre slogan dit tout : «Toujours plus près de vous !»

Quel est le profil type de votre clientèle ?

Il y a certaines choses que nous devons garder pour nous – nos petits secrets en quelque sorte – et la réponse à cette question en fait partie. Il s’agit d’aspects de notre stratégie marketing que nous ne pouvons dévoiler.

Est-ce que vous envisagez à moyen et long termes d’exporter le modèle Winner’s en Afrique ?

Cette exportation ne figure dans nos plans immédiats, mais c’est une stratégie que nous pourrions considérer dans le futur.

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