Poste-de-Flacq: 30 ans de Joie de vivre aux jeunes autrement capables

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Les élèves et éducatrices du centre Joie de vivre se considèrent comme les membres d’une grande famille.

Les élèves et éducatrices du centre Joie de vivre se considèrent comme les membres d’une grande famille.

Un cadre approprié pour le développement et l’épanouissement des enfants autrement capables. C’est le cheval de bataille du centre Joie de vivre à Poste-de-Flacq, en face de l’église St-Maurice. Celui-ci s’occupe principalement des enfants présentant un trouble sévère du langage associé, une déficience intellectuelle ou un handicap physique. Il fête ces 30 ans d’existence le mois prochain.

Christine Chennel, la directrice du centre Joie de vivre, nous raconte comment celui-ci est venu en existence. «Le centre a été fondé en 1987 par Alcine Sakir qui avait elle-même deux filles handicapées. À l’époque elle devait se rendre au centre de l’Association de parents d’enfants inadaptés de l’île Maurice (APEIM) de St-Paul deux fois par semaine.» Alcine Sakir y fera connaissance avec feu Nancy Piat, alors directrice de l’association. Une rencontre qui fera germer l’idée d’ouvrir un centre similaire dans l’Est, explique Christine Chennel, car le voyage deux fois la semaine jusqu’à St-Paul était difficile.

«Alcine Sakir a fait ses recherches et dans un premier temps, a accueilli ses premiers élèves dans sa maison. Ils étaient au nombre de 39», confie la directrice du centre. Du domicile des Sakir, le centre bouge dans une salle d’oeuvre avant d’atterrir à l’emplacement actuel. «Le bâtiment était en ruine et appartenait au vigile du cimetière de Poste-de Flacq. Avec des financements, on a pu compléter la première phase d’un bâtiment adapté», fait valoir Christine Chennel. De là, le centre s’est épanoui et compte aujourd’hui 55 élèves. Il travaille en réseauavec l’APEIM et est affilié avec le Mauritius Council of Social Service (MACOSS) et Inclusion Mauritius.

Marilène Sakir, coordinatrice événementiel pour le centre, explique que le centre a deux modes de fonctionnement. Le premier en tant qu’une école spécialisée et ensuite en tant qu’un centre d’apprentissage. «L’école spécialisée fonctionne comme une école primaire mais plus adaptée aux besoins des élèves. D’habitude, les élèves de quatre à 20 ans sont accompagnées par des éducatrices», fait-elle valoir.

Des citoyens productifs

«À partir de 21 ans, ce sera le centre d’apprentissage. On les prépare pour le monde du travail», poursuit-elle. L’accent est mis surtout sur le côté créatif, les élèves apprennent entre autres le jardinage et la couture. Un menuisier vient également au centre pour instruire ceux qui sont intéressés à travailler avec le bois. C’est avec fierté et joie que Marilène Sakir explique qu’avec un travail assidu, plusieurs anciens élèves du centre sont désormais des citoyens productifs. «Depuis l’existence du centre, 17 élèves ont pu trouver du travail. Certains sont même devenus entrepreneurs», indique-t-elle.

L’établissement mise également sur des activités qui aident les élèves à sortir de leur coquille. «Après la fête de la musique l’année dernière, nous avons remarqué que nos élèves adorent la musique», affirme Marilène Sakir. Certains élèves voudraient même prendre place sur scène. «Le Rotary Club de Haute-Rive nous a offert des instruments de musique. Ce qui nous permet d’encourager les élèves à pratiquer la musique.» La coordinatrice événementiel explique également que les vendredis sont désormais des journées récréatives. Les élèves bénéficient aussi d’un petit-déjeuner, d’un déjeuner et d’un goûter tous les jours, offerts par le centre.

Le travail des éducateurs ne se limite pas qu’au centre. «Faute d’espace, on ne peut accommoder tous les élèves quotidiennement» ,explique Marilène Sakir. «Donc, on offre un service d’accompagnement pour ceux qui sont alités. Nous allons sur place. C’est surtout pour les parents.» Cette dernière explique que dans ces cas, les parents ont besoin de soutien psychologique et d’encadrement. «Quand un parent apprend que son enfant restera au lit pour de bon et aura besoin d’aide pour tout, ils sont bouleversés et des fois perdent espoir. C’est là qu’on entre en jeu. On leur rend visite, on leur parle et leur montre comment leurs enfants sont un apport dans leur vie.»


 

La musique est devenue une activité régulière au centre.
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