Yerrigadoogate: «Les politiciens sont tous les mêmes», disent des habitants du n°7

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(De g. à dr.) Sanjay Segoolam, Anjali Mootadee, Acbar Bucktowar et Mohamed Ismaël Fokeerbux.

(De g. à dr.) Sanjay Segoolam, Anjali Mootadee, Acbar Bucktowar et Mohamed Ismaël Fokeerbux.

On est en colère à la circonscription n°7. Mais ils ne sont pas nombreux à vouloir s’exprimer à visage découvert sur le Yerrigadoogate. Par peur de représailles.

Ravi Yerrigadoo a été le Campaign Manager de l’alliance Lepep aux élections de 2014 à Piton–Rivière-du-Rempart. Et que ce soit à Piton, Plaine-des-Roches, Belle-Vue-Maurel ou encore Petite-Julie, les personnes interrogées sont unanimes. «Ravi Yerrigadoo ne pouvait rester en poste après toutes ces allégations.» 

À l’instar de Sanjay Segoolam. Pour ce chauffeur de taxi basé à Rivière-du-Rempart, c’est «bien» que Ravi Yerrigadoo ait démissionné. «Laissez la justice suivre son cours et s’il est reconnu coupable, qu’il paie pour sa faute. Mais s’il est blanchi, qu’il retrouve son poste.» Au dire de cet homme, Ravi Yerrigadoo vient régulièrement dans cette circonscription. 

Ce n’est toutefois pas l’avis d’Acbar Bucktowar. «Il a pris la fuite ici», lâche-t-il. Il faut dire que l’homme est remonté, très. Il affirme que Ravi Yerrigadoo lui avait demandé d’être candidat indépendant aux élections de 2014 afin que plus d’agents puissent avoir accès aux centres de vote. 

«Après la victoire de Lepep, il nous a promis un job, à ma femme et moi. Elle travaillait dans un magasin et elle a démissionné, pensant qu’elle allait être recrutée dans un organisme public. Mais on a attendu en vain», déplore cet habitant de Rivière-du-Rempart, qui travaille à son propre compte. Il est catégorique : «C’est bien qu’il ne retourne pas au Parlement.» 

«Ravi Yerrigadoo a promis monts et merveilles aux gens. Mais après les élections, il n’a pensé qu’à ses intérêts.»

Même son de cloche du côté d’Anjali Mootadee. «Vous me dites qu’il a démissionné. Eh bien, il aurait dû le faire depuis longtemps !» Cette marchande de gâteaux habitant Pavé est furieuse. «Minis Lutchmeenaraidoo ti promet mwa ki mo garson pou rant gard prizon. Mais il n’a jamais tenu sa promesse. Mon fils est parti, me laissant seule.» Et d’ajouter : «Aujourd’hui, vous me parlez de Yerrigadoo ? Ils sont tous les mêmes.»

Et ce n’est pas ce jeune de Petite-Julie qui dira le contraire. «Ayo, tou parey sa.» Les politiciens, dit-il, font de grandes promesses et disparaissent. «On ne voyait jamais Yerrigadoo par ici.»

Et qu’en pense cet ancien fonctionnaire habitant Belle-Vue–Maurel que nous avons rencontré sur place ? «En démissionnant, Ravi Yerrigadoo a accepté qu’il y a une enquête sur lui.» 

Pour Mohamed Ismaël Fokeerbux, un marchand originaire de Plaine-des-Roches, «Ravi Yerrigadoo a promis monts et merveilles aux gens. Mais après les élections, il n’a pensé qu’à ses intérêts. Je sais qu’il a beaucoup dépensé quand il y avait des meetings ici et pour le 1er-Mai. Comment voulez-vous qu’il retrouve cet argent dépensé ?» Il n’en démord pas : la vérité finit toujours par triompher. 

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Il s'est retrouvé impliqué dans une affaire de blanchiment d'argent allégué. En trois jours, les révélations de Husein Abdool Rahim ont eu raison de Ravi Yerrigadoo. Le Premier ministre n'a pas eu d'autre choix que de demander à l'Attorney General de step down, le mercredi 13 septembre. Mais le «dénonciateur» est revenu sur ces propos accusant l'express et Roshi Bhadain d'avoir initié un complot pour faire tomber Ravi Yerrigadoo.

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