Poste-de-Flacq: le cimetière hollandais tombe dans l’oubli

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Gekina Bassy, conseillère du village, montrant une des tombes faisant partie du patrimoine du pays.

Gekina Bassy, conseillère du village, montrant une des tombes faisant partie du patrimoine du pays.

Si le pillage des tombes dans les cimetières connus fait souvent l’objet de critiques, à Poste-de-Flacq le cimetière hollandais subit le même sort mais sans que cela n’attire vraiment l’attention. «Ce cimetière est rempli d’histoire mais personne ne s’en souvient», se désole Gekina Bassy, conseillère du village de Poste-de-Flacq.

Perdu parmi les arbres et les terrains en friche, on ose à peine s’y aventurer si on ne connaît pas la région ou même son existence. Aucun panneau, ni portail pour avertir les visiteurs, les tombes pillées sont enfouies parmi les herbes folles. Quand vient la nuit, le cimetière est dans l’obscurité totale.

Pour y accéder, il faut prendre le risque de grimper sur des rochers et passer par-dessus des épines. À côté, ceux qui résident non loin ne font plus attention à ce patrimoine. D’ailleurs, pour leur part, les autorités ne font rien pour préserver ce cimetière depuis des années. Si les habitants ne s’intéressent guère, des gens s’y rendent toutefois pour ramasser du bois.

Gekina Bassy a grandi là. Elle se soucie des lieux non seulement parce qu’elle est conseillère du village mais parce qu’elle a grandi avec les histoires que lui racontaient ses grands-parents. «Les anciens racontaient qu’on enterrait des princes et des princesses ici.» Et maintenant qu’elle peut faire quelque chose, elle veut sauvegarder ce lieu historique.

Elle regrette que l’endroit soit délaissé. Il faut passer par un petit bois avant de pouvoir accéder au cimetière, ce qui fait qu’il y a un manque de sécurité. Elle ajoute que les tombes et les pierres ont été les cibles des pilleurs.

«La dernière fois que des pilleurs ont profité pour faire main basse sur les pierres, il y avait des travaux de construction non loin. Heureusement qu’on s’en est aperçu. Les habitants qui passaient par là par hasard y ont vu des tas de pierres. On savait que ces pierres provenaient des tombes. On a porté plainte à la police.»

Mais ce qui incite la conseillère, c’est que malgré la visite des malfrats, rien n’a été fait pour sécuriser l’endroit. «On attend toujours que le cimetière soit pris en charge par les autorités. On a dû faire couper des branches pour avoir une meilleure visibilité. Sinon on ne voit rien. Et puis, on ne peut pas interdire aux gens de s’aventurer. On n’est pas propriétaire des lieux. C’est aux autorités de faire quelque chose», martèle Gekina Bassy.

Pour la conseillère de village, si le cimetière ne peut être pris en charge, il faut au moins le nettoyer et remettre les tombes en place. «Les voleurs ont tout déplacé. Certaines tombes sont restées béantes. Ce qui reste des dépouilles demeure exposé. Par respect, il faudrait au moins y mettre de l’ordre. Dans ces tombes reposent des familles. Avant, on enterrait toute une famille dans une tombe. Je ne connais pas trop les histoires mais je sais que cet endroit est historique.»

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