Albion: les villageois s’estiment lésés

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L’envahissement du cours d’eau par des jacinthes inquiète les villageois.

L’envahissement du cours d’eau par des jacinthes inquiète les villageois.

Un développement au point mort. C’est le sentiment des villageois d’Albion depuis des années. Les mois défilent et se ressemblent car ils estiment que rien ne bouge au niveau du développement. Le conseil de village, et parfois le conseil de district de Bambous, sont les seuls à tenter quelque chose mais il paraît que du côté du gouvernement central, c’est la sourde oreille. Les problèmes et les «eye-sores» qu’ils ne peuvent régler ou réparer s’accumulent et font «du tort au village».

«Nous faisons ce que nous pouvons pour maintenir les infrastructures en état et réaliser des projets mais les fonds sont très limités pour un village», explique Geeta Nobin, la présidente du conseil de village. «Cela fait des années que pratiquement tout est au point mort à Albion», ajoutet- elle. Si l’on en croit ses dires, plusieurs projets auraient dû être terminés à la fin du mois. Mais il n’est pas dit que l’agenda prévu sera respecté. Plusieurs infrastructures publiques montrent leurs limites. À commencer par la cour du centre social d’Albion et le terrain de jeu voisin, qui ne sont pas entretenus comme il le faudrait.

«Il nous faut quelqu’un pour l’entretien de la cour et du jardin d’enfants. Le conseil de village paie déjà une personne pour nettoyer les salles du centre social mais cet employé ne peut s’occuper de tout dans le centre», fait part Geeta Nobin. «Vu le salaire qu’il perçoit, nous ne pouvons nous permettre de lui demander de faire des travaux supplémentaires dans la cour du centre et nous n’avons rien de plus à lui donner.»

La cour du centre social d’Albion mérite un entretien en bonne et due forme.

Les infrastructures du jardin d’enfants nécessitent un bon coup de peinture car avec les intempéries, ces équipements paraissent vétustes et ternes. Ils ne donnent pas envie aux enfants de s’y amuser. Et les élus ne disposent pas du budget nécessaire pour le faire. Par rapport aux terrains de basket-ball et de football, le village attend toujours que les travaux de réfection commencent.

D’autres habitants s’inquiètent de l’état de la rivière Belle Eau, qui est recouverte par la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes,), une plante introduite et particulièrement envahissante sur les surfaces d’eaux calmes. Cette plante se dispute la place avec la liane cochon (Commelina benghalensis,) autre plante aquatique envahissante. Les habitants craignent qu’en temps de grosses pluies, des débordements ne soient favorisés et mettent en danger des vies. Surtout qu’il y a quelques années, la rivière est sortie de son lit et a emporté dans son sillage un véhicule tout terrain qu’il avait fallu ensuite enlever à l’aide d’une pelleteuse.

Le terrain de jeu voisin aussi, même s’il laisse moins à désirer.

«Nous avons fait plusieurs demandes pour faire nettoyer cette partie de la rivière mais rien n’a été fait. C’est inquiétant», dit Geeta Nobin. «Il manque aussi des représentants des forces de l’ordre. Les policierssont en sous-effectif pour une agglomération comme Albion qui grandit.»

Guito Lepoigneur, député du Parti mauricien socialdémocrate (PMSD), estime que le sentiment des villageois est justifié. «Aucun des projets prévus pour le village d’Albion n’a vu le jour. Ce village est à la traîne du développément qui était prévu pour lui.»

Interrogé, le secrétaire parlementaire privé de la circonscription, Alain Aliphon, n’en fait pas une affaire d’Etat. Il considère que les choses fonctionnent comme prévu et que les projets seront complétés à temps.

«Les travaux pour la réfection des terrains de football et de basket-ball, ainsi que l’entretien du jardin d’Albion sont programés et vont démarrer bientôt. Et ils seront terminés à temps. Nous avons déjà bouclé plusieurs projets. Par exemple, les bancs sur les arrêts d’autobus ont été restaurés, les trottoirs à Albion refaits, des poubelles neuves ont été installées. Nous ne sommes pas restés les bras croisés. Il faut donner du temps au temps.»

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