Élections: Mahafaly promet un code valable

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Rassurer. À l’entendre, hier, c’est ce que Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, a vraisemblablement, souhaité faire, concernant la teneur du futur projet de code électoral. Un projet de texte qui est, actuellement, en instance de cogitation et de rédaction au sein d’un comité interministériel.

Pour rassurer l’opinion sur la bonne foi du pouvoir Exécutif, son numéro deux a déclaré, hier, en marge d’une cérémonie d’inauguration d’infrastructures, à Ivato, que le projet de loi électoral en gestation «devra impérativement s’en tenir aux recommandations de la commission consultative. (…) Notre objectif est d’avoir des élections transparentes, acceptées de tous et réellement démocratiques».

Composée de représentants de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), de la société civile, de trois ministères, de la Commission pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI), du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), du Service de renseignement financier (SAMIFIN), et de techniciens, cette commission consultative a synthétisé les données collectées durant les consultations régionales et nationales organisées par la CENI, l’année dernière. Des rendez-vous dont l’objectif était de ratisser large dans le processus de révision du cadre juridique des élections.

Débat constitutionnel

Une synthèse, accompagnée de recommandations, a été présentée par maître Hery Rakotomanana, président de la CENI, devant la presse, le 11 juillet, à Nanisana. L’élargissement des attributions de la Commission électorale, allant jusqu’à l’élaboration du calendrier des votes et l’effectivité de son indépendance financière, figure, entre autres, dans les grandes lignes de ces recommandations.

Martelant l’objectif d’un processus électoral accepté par tous, le Premier ministre, a déclaré, hier, qu’avant son adoption par le conseil du gouvernement et des ministres, le projet de code électoral sera soumis à «un débat national». Selon ses dires, «le projet sera porté à la connaissance de la population afin qu’elle puisse donner son avis et observer».

Les propos du chef du gouvernement au micro des journalistes, à Ivato, indiquent que le nouveau texte électoral devrait apporter des précisions à certains prescrits constitutionnels. Durant la cérémonie de remise officielle du rapport de la commission consultative au gouvernement, au palais d’État de Mahazoarivo, le locataire des lieux, avait affirmé être favorable à ses principales recommandations, notamment, celles concernant l’indépendance de la CENI. «Nous sommes entièrement d’accord avec ce principe. Tous sont convaincus de la nécessité d’accorder à la Commission électorale la place qui lui est due et qu’elle ait une totale indépendance», a-t-il soutenu.

Les intentions affirmées par le Premier ministre pourraient s’expliquer par la présence des représentants du gouvernement au sein de la commission consultative. Ce qui pourrait rendre plus digeste ses recommandations par l’Exécutif. Étant donné les attentes, inquiétudes et souhaits affirmés durant les consultations régionales et nationales, Solonandrasana Olivier Mahafaly, risque d’être pris aux mots. Et la moindre incartade constatée dans le code électoral pourrait entraîner un tsunami de résistances.

Les modalités relatives à la démission du Président de la République, en cas de candidature à l’élection présidentielle seraient, notamment, concernées. Surfant sur la vague des débats et cogitations, des analystes avancent, depuis peu, que «pour plus de cohérence», le rôle de proclamation des résultats officiels des élections devrait, également, revenir à la CENI et non plus à la Haute cour constitutionnelle (HCC), comme le prévoit la Constitution. Les cogitations pourraient mener jusqu’à un débat constitutionnel.

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