OSB se jette contre un métro en marche

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OSB a sévèrement pointé du doigt les démolitions de maisons sur le tracé du Metro Express à Barkly et La Butte.

OSB a sévèrement pointé du doigt les démolitions de maisons sur le tracé du Metro Express à Barkly et La Butte.

La soirée anniversaire des 25 ans d’Otentik Street Brothers a viré à la dénonciation en règle des démolitions de maisons sur le tracé du Metro Express.

Nous étions prévenus. Otentik Street Brothers avait un message à faire passer. Comment pouvaitil en être autrement, quand le groupe avait inscrit la soirée-anniversaire de ses 25 ans d’existence sous le signe du «konba avek determinasion »

Faya boom, le message est tombé, vers 1 h 20, au Palladium, dimanche matin. Direct, après la chanson d’ouverture de ce groupe, «pas que musical, mais aussi social ». Inspiré par l’actualité de vendredi, Bruno Raya de bleu vêtu, a déversé son blues, après les démolitions de maisons se trouvant sur le tracé du Metro Express, à La Butte et Barkly. «OSB pa dakor. Nou pa anvi metro nou. Nou anvi gagn enn lakaz pou ki nou kapav kasiet lapli»

OSB, le groupe de Plaisance. Qui se présente comme, «la voix des sans voix». C’est dans la clameur d’un public persévérant que le groupe a dit sur scène ce que pense l’homme de la rue. Celui dont les préoccupations sont immédiates. Tellement prenantes qu’elles deviennent parfois un horizon indépassable. 

Lot de dénonciations 

Happé par ses difficultés financières, l’homme de la rue sait ce que c’est que de suer pour avoir un toit sur la tête. Il a «trase» pour l’avoir. Alors, lui parler d’un tracé qui écrase des cuisines, des murs d’enceinte, cela le met en colère. Dans ces momentslà, l’homme de la rue ne pense pas au long terme. Surtout pas à la modernisation éventuelle d’un système de transport. Encore moins à ce que l’on appelle le «développement»

OSB non plus. Il a surfé sur la vague de la colère citoyenne. Blakkayo et Cool B ont craché à plusieurs reprises : «Aret fer palab lor Facebook. Pran kont». OSB a invité le public à tracer judicieusement ses trois croix, aux prochaines élections. Sans rappeler que le projet de métro léger de l’ancien gouvernement a été mis sur la voie expresse par le régime actuel. Voix des sans voix, textes qui en 25 ans n’ont pas pris de rides. La Panik dan baz fonctionne encore. Les dénonciations en musique sont applaudies, même si ce n’était pas la foule des grands soirs, faute de lieu de spectacle adéquat. 

Pour son anniversaire, le groupe ne s’est pas seulement arrêté à la station de métro. Il a sauté dans un autre train d’enfer : les drogues dures, les synthétiques. «Pa mwa, pa ou, pa li. Ou kone ou ki sannla pe amenn sa pou fini nou». Le motif est fourni : «Pe amenn sa pou aflebli nou. Lerla sel zafer ou kapav fer kan pe kraz ou lakaz, se tir ou portab, filme.» Hommes politiques, brebis galeuses dans la police en ont pris pour leur grade. 

Du «général» Blakkayo, au défunt «colonel» George Coret, arrangeur et musicien regretté, les «soldats» ont exprimé leurs respects. A la fin, Bruno Raya a pleuré. Mais quelles conséquences aura la détermination d’OSB ?

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