Que sont-ils devenus? Motee Ramdass: «Faisons la distinction entre religion et culture»

Avec le soutien de
Motee Ramdass n’est plus à l’avant-plan de la politique.

Motee Ramdass n’est plus à l’avant-plan de la politique.

Autodidacte, l’ancien ministre Motee Ramdass reste très actif dans son quotidien. À l’approche de ses 75 ans, il se consacre à sa compagnie de distribution et se tient prêt à aider son parti, s’il est sollicité.

Motee Ramdass est débordant d’énergie. Sur son lieu de travail à Eau-Coulée, il est au four et au moulin ou plutôt dans l’entrepôt, dans la cour et au bureau. L’ancien ministre est totalement engagé dans la gestion et les opérations de son entreprise de distribution de produits alimentaires. Il dirige les manutentionnaires, contrôle le chargement des camions, oriente les chauffeurs et encadre les employés de bureau. À un moment, il se met au volant pour effectuer une livraison à Malherbes, une région périphérique de Curepipe. Quand on voit l’ancien ministre s’activer avec autant d’entrain, on peine à croire qu’il va bientôt fêter ses 75 ans.

Depuis 2005, Motee Ramdass n’est plus à l’avant-plan de la politique, mais il est toujours actif à la base comme cela a été le cas depuis son engagement volontaire au sein du Mouvement militant mauricien en 1969. Le Curepipien se rappelle : «À l’époque, un courant de pensée, marqué par une vision très généreuse de la vie, traversait le monde. À Curepipe, ici, ce message était porté par des jeunes dont Amédée Darga, Sushil Kushiram et Raja Bhadain. C’est volontiers que je les ai rejoints.»

Le vétéran se tient à la disposition de son parti, prêt à donner un coup de main, là où l’on fait appel à lui. Lors de son passage à l’Hôtel du gouvernement, Motee Ramdass a détenu quatre portefeuilles ministériels : les coopératives, la pêche, le commerce et la culture. C’est de ce dernier ministère que l’ancien membre du gouvernement se souvient le plus. Il se rappelle du travail initial effectué avec ses équipes pour le classement du Morne et de l’Aapravasi Ghat à la liste des sites du patrimoine mondial de l’Unesco.

Cependant Motee Ramdass a un regret. Celui ne de pas avoir construit la Culture House. Il avait confié à l’historien Jocelyn Chan Low la tâche de mener à bien le projet. Le professeur Vinesh Hookoomsing avait également été sollicité à cet effet. : «On devait avoir sous le même toit, les archives, la Bibliothèque nationale, un musée et un espace de rassemblement pour toutes les composantes de la culture mauricienne. Le terrain avait été identifié à Réduit. Aujourd’hui, il a accueilli le siège de la MBC», déclare l’ex-ministre avec une pointe de déception dans la voix.

Motee Ramdass semble agacé de la confusion entretenue par certains concernant les activités culturelles et les rites religieux. Il est d’avis qu’il faut faire la distinction entre religion et culture. «La religion relève de l’intime alors que la culture est générale.»

L’homme politique en semi-retraite se dit fier de son parcours d’autodidacte. «Je n’ai été ni à l’école primaire ni au collège, mais j’ai décroché tous mes certificats : sixième, SC, GCE A level et, plus tard, mes diplômes professionnels en marketing, en apprenant par moi-même.» En effet, son père ne pouvant plus travailler en raison de sa maladie, Motee Ramdass a été contraint de faire des petits boulots depuis son plus jeune âge. Il a été jardinier ou encore marchand de pain. Cependant, le jeune Motee Ramdass a su tirer profit de chacune de ces étapes éprouvantes de sa vie. Garçon à tout faire au Centre culturel français à Curepipe, il a pris goût à la culture et trouvait toujours le temps de bouquiner. Marchand de pain, il a cultivé ses talents commerciaux et entretient un chaleureux contact avec ses clients. À noter que Motee Ramdass parle couramment le hakka.

Cette volonté d’apprendre et l’ambition d’aller toujours plus loin ont permis à Motee Ramdass de réussir de façon remarquable sa carrière professionnelle. En 1964, il est entré chez Nestlé, à Port-Louis, comme simple vendeur. Il prendra sa retraite en 1995 comme directeur commercial de la branche mauricienne de la multinationale.

En politique également, Motee Ramdass a gravi tous les échelons. Militant de la première heure, il a été conseiller municipal, ensuite maire, député et enfin ministre. Aujourd’hui, il ne demande pas d’investiture à l’occasion d’une élection. Toutefois, s’il est sollicité pour apporter un soutien à son parti, il répondra présent peu importe la fonction.

Son parcours

  • 1964 – rejoint la firme Nestlé comme vendeur
  • 1969 – Adhère au MMM
  • 1982 – Elu conseiller municipal à Curepipe
  • 1983 – Battu aux élections à Curepipe-Midlands
  • 1985 – Adjoint au maire à Curepipe
  • 1986 – Maire de Curepipe
  • 1987 – Battu aux élections à Rose-Belle-Vieux-Grand-Port
  • 1995 – Elu à à Curepipe – Nommé Ministre des Coopératives
  • 1995 – Quitte son poste de directeur commercial chez Nestlé
  • 2000 – Candidat à Rose-Belle-Vieux-Grand-Port – Désigné «best loser» et nommé ministre des Arts et de la culture
  • 2004 – Ministre du Commerce et de la protection des consommateurs
Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires