OSB Crew : 25 ans à dire non à la «démoncratie»

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Le 2 septembre, Otentikk Street Brothers (OSB Crew) fêtera non seulement 25 ans de chansons, mais surtout un quart de siècle d’engagement social et politique.

Des cheveux blancs, quelques rides. Gagnés au fil d’une action politique. Vingt-cinq sont passés depuis que Otentikk Street Brothers faisait ses débuts comme un groupe de danse dans les rues de Plaisance, Rose-Hill. Un quart de siècle que le groupe devenu OSB Crew- célèbre avec une tournée des boîtes de nuit. Coup d’envoi, le 2 septembre prochain au Palladium.

S’il y a quelque chose que le temps n’a pas usé, c’est la détermination du groupe. Le thème choisi pour l’occasion est «Combat avec détermination». Tout le vocabulaire de la lutte est là, chez le «soldat», Bruno Raya, membre fondateur du groupe.

«En 2017, nous réclamons plus de méritocratie. Se ki merite donn li so sans», martèle-t-il. En référence à ces Mauriciens qui veulent revenir au pays. Mais, «le système politique ne fait pas place aux jeunes. On leur demande de revenir mais ils ne savent pas s’ils vont trouver du travail et pour quel salaire». Bruno Raya va plus loin : «Est-ce qu’aujourd’hui nous ne subissons pas un esclavage mental qui est bien plus dangereux ? Cela crée de la frustration. La frustration est dangereuse».

Pour «combattre», la musique peut être une arme. OSB Crew l’a bien compris. Depuis 25 ans, sa musique sert à véhiculer des messages de conscientisation. Des textes avec une portée politique. «Chacun fait de la politique à sa manière. Les artistes ne sont pas forts musicalement seulement mais aussi politiquement. Nos dirigeants le savent. La preuve, lors de leurs rassemblements, ils se tournent vers les artistes. Les artistes ont une force c’est pourquoi on essaie souvent de les diviser». Selon lui, dans les années 60-70, «les chansons engagées ont aidé à renverser le régime en place. La musique permet de tirer la sonnette d’alarme sur des réalités», affirme Bruno Raya.

Il rappelle qu’OSB Crew est un groupe «engagé» qui croit dans le mauricianisme et l’unité nationale. Parmi les «combats» du groupe, Bruno Raya cite l’introduction du créole à l’école, les efforts de conscientisation contre le sida. Mais surtout, une meilleure compréhension du langage de la rue. «En l’an 2000, nous avons participé aux premiers débats autour de la langue créole. Aujourd’hui les politiciens ont compris que c’est la langue du peuple, la langue des artistes».

Si OSB Crew fait bien de la politique à sa manière, le groupe ne s’associe pas à un parti. Bruno Raya affirme que, «différents partis politiques nous ont approchés. Ils ont vu la force, la popularité et l’intelligence du groupe. Nous ne soutenons pas un parti en particulier mais nous pouvons soutenir l’idéologie de certains politiciens. Je soutiens ceux qui respectent la démocratie et non la «démoncratie». Il précise : «dans la «démoncratie» c’est le règne du «backing » tandis que dans démocratie, il y a méritocratie».

Si OSB Crew tient un langage politique, ses membres pensent-ils se porter candidat aux élections ? «Time will tell… C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre. Personnellement, je préfère être sur le terrain pour donner un coup de main aux dirigeants, tout en restant dans le domaine artistique et continuer le combat. La politique active est un métier à part entière».

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