SCBG: Bhardoraj Maunthrooa veut la totalité de ses Rs 118 millions

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Le frère de Prakash Maunthrooa exerce comme tailleur dans ce local à Curepipe.

Le frère de Prakash Maunthrooa exerce comme tailleur dans ce local à Curepipe.

Autorisé en début du mois à récupérer seulement une partie de ses investissements au plan Super Cash Back Gold (SCBG) et Bramer Asset Management (BAM), soit Rs 70 millions sur plus de Rs 118 millions, Bhardoraj Maunthrooa, tailleur de profession, se dit prêt à se battre pour récupérer la totalité de son argent. «Je ne suis pas d’accord. Mon investissement ne provient pas de l’argent sale. Mardi (NdlR, demain), l’affaire sera présentée en Cour suprême. J’ai été blanchi par l’Integrity Reporting Board (IRB) et j’ai travaillé dur pour obtenir cet argent.»

Le frère de Prakash Maunthrooa, conseiller du Premier ministre, dit avoir consulté un expert-comptable, ainsi que ses avocats en ce sens. Il n’est pas d’accord de récupérer uniquement 60 % de son capital pour le SCBG et 50 % pour BAM. Il avait investi plus de Rs 91 millions dans le SCBG du défunt groupe British American Investment (BAI), à laquelle somme il faut ajouter les Rs 19 millions de bonus de ce plan. Et aussi plus de Rs 8 millions dans les produits de BAM.

Cette initiative de Bhardoraj Maunthrooa étonne le ministère des Services financiers, surtout qu’il ressort que le tailleur aurait signé un accord avec le National Property Fund Ltd pour récupérer ces Rs 70 millions.

Concernant la décision de l’IRB de le blanchir, le ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur, explique qu’il n’y a aucune raison de bloquer l’argent de Bhardoraj Maunthrooa. «Son cas est passé par toutes les procédures et la Financial Intelligence Unit a été satisfaite. Il faut le rembourser», avance-t-il.

Sollicité par l’express, Lord Nicholas Phillips of Worth Matravers, Chairperson de l’IRB, dit ne pas être en mesure de commenter cette affaire, qui est de nature confidentielle. Toutefois, la provenance de l’investissement de ce tailleur opérant à Curepipe interpelle toujours autant.

Le magazine Weekly a tenté, dans son numéro du 17 au 23 août, de comprendre la provenance de l’investissement de Bhardoraj Maunthrooa, qui s’élève donc à plus de Rs 118 millions. Selon l’enquête de Weekly, en 1996, il a vendu un bungalow de 103 m2, situé à Belle- Mare, pour la somme de Rs 5 millions. Il a par la suite, en 2000, vendu un terrain pour moins d’un million de roupies et un autre terrain en 2008, situé à Curepipe, pour Rs 1 million. Toujours selon l’enquête, Bhardoraj Maunthrooa n’a effectué aucune vente significative, d’après les registres officiels, pouvant mener à un investissement de plus Rs 100 millions.

À cela, le principal concerné se défend. «Depuis 1980, plusieurs propriétés de ma famille sont à mon nom. Nous sommes sept héritiers. Mes parents avaient confiance en moi pour me laisser tout gérer car je suis quelqu’un de droit et de religieux. Nous avions aussi de l’argent dans plusieurs comptes d’épargne à un taux d’intérêt de 12 % par an», dit-il.

Selon lui, cela fait maintenant 35 ans qu’il travaille à son compte, avec des contrats du gouvernement pour la fabrication d’uniformes pour plusieurs départements. «Cela fait des années que je travaille sept jours sur sept. En 1990, j’ai investi dans plusieurs types de plans d’assurance. Ce qui a rapporté de l’argent. Je suis souffrant depuis plusieurs jours et je suis fatigué d’entendre toutes sortes de choses à mon sujet. Mon argent est propre. J’ai un clean record et je n’ai jamais rien fait qui serait contre la loi. Je n’ai même jamais eu une seule contravention», ajoute-t-il. Selon lui, depuis 2010, il souhaitait retirer son argent des plans d’assurance de la BAI mais cette démarche lui a été refusée.

Selon une source proche du dossier, concernant la provenance de l’argent de Bhardoraj Maunthrooa, l’Integrity Reporting Services Agency (IRSA) a pu enquêter sur une période de sept ans uniquement, comme l’autorise la loi. L’IRSA aurait réussi à expliquer la provenance de cet investissement. Le tailleur aurait investi de petites sommes dans plusieurs plans d’assurance au fil des années. L’argent, arrivé à maturité, aurait grossi son patrimoine financier.

Cette thèse est toutefois démolie par d’autres sources, qui affirment qu’il est quasiment impossible de faire fructifier un petit investissement par une aussi grande marge. «C’est trop beau pour être vrai», nous dit un courtier en bourse. Ce qui gêne le plus ? Comment une personne sans revenu fixe et sans activité économique constante peut-elle amasser autant d’argent ? À cela, Bhardoraj Maunthrooa répond avoir la conscience tranquille…

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