Christopher Lagane, cycliste: «Je suis disposé à apporter mon aide»

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Christopher Lagane, vainqueur du Tour de la Réunion cycliste.

Christopher Lagane, vainqueur du Tour de la Réunion cycliste.

Est-ce que vous commencez à réaliser que vous avez remporté le Tour de la Réunion?
Oui avec un peu de recul, j’y repense et je ressens beaucoup de fierté. D’autant que je suis seulement le troisième Mauricien à remporter cette épreuve et que la dernière victoire remonte à 33 ans. C’est vrai que nous sommes allés à la Réunion pour faire un résultat mais je ne pensais pouvoir gagner. C’est après avoir pris le maillot jaune au terme de la troisième étape que je me suis dit que la victoire était dans le domaine du possible mais ce n’était pas acquis.

Quels ont été, selon vous, les ingrédients qui ont rendu cette victoire possible ?
Le Directeur technique national (DTN), Michel Thèze, y a été pour beaucoup. En peu de temps, il a été capable de construire une équipe solide et vraiment soudée (NdlR : au sein de laquelle on retrouvait aussi Yannick Lincoln, Gregory Lagane, Fidzerald Rabaye et Alexandre Mayer). Le stage sous sa direction en France a été déterminant parce qu’il nous a permis de travailler avec tout le sérieux voulu et de progresser.

«Michel Thèze prédisait avec exactitude comment la course allait se dérouler. Sa grande expérience a été un atout considérable.»

De quelle façon le DTN a-t-il dirigé la Team MCB lors du Tour de la Réunion ?
Michel Thèze prédisait avec exactitude comment la course allait se dérouler. Sa grande expérience a été un atout considérable. Il nous donnait de bons conseils et nous suivions ses consignes à la lettre. On ne voulait pas le décevoir. 

Le stage d’un mois en France en amont du Tour a donc permis à l’équipe de se renforcer selon vous ?
Oui, tout à fait. Nous avons eu droit à de bons entraînements qui nous ont préparés adéquatement à affronter le Tour de la Réunion. Le stage était vraiment dur mais cela en valait la peine car il a porté ses fruits.

Ressentez-vous un regret par rapport au fait de ne pas avoir remporté de victoire d’étape ?
Oui, c’est sans aucun doute mon seul regret. S’il y a une étape que j’aurais pu gagner c’est la troisième. Mais malheureusement, je ne connaissais pas l’arrivée. Je me suis fait surprendre par deux virages serrés dans le final. Cela a permis à Olivier Boyer de revenir sur moi, de lancer le sprint et de me devancer sur la ligne. Mais l’objectif principal a été atteint puisque nous avons conservé le maillot jaune jusqu’au bout. Et puis, j’ai ramené plusieurs autres maillots de leader (NdlR : (meilleur jeune, premier au classement par points et meilleur licencié océan Indien), ce qui démontre que j’ai été régulier sur les étapes, que j’étais chaque jour devant avec les plus forts.

«Être cycliste professionnel, c’est très bien mais il faut savoir comment s’y prendre et ne pas se précipiter.»

Désormais, tous les regards sont tournés vers le Tour de Maurice qui aura lieu du  5 au 10 septembre. Cela vous tente de devenir le premier Mauricien à réussir le doublé ?
Définitivement, je prendrais le départ du Tour de Maurice avec l’objectif de faire le meilleur classement possible. Je ne suis pas le seul membre de l’équipe à pouvoir prétendre à la victoire finale. On verra bien comment les choses se déroulent au fil des étapes. Mais c’est sûr que j’aurais adoré réussir le doublé. Il faudra voir comment les jambes répondent. Si jamais un autre membre de l’équipe est mieux placé au général, je suis disposé à l’aider. 

Le DTN n’a donc pas défini de leader au sein de la Team MCB-Maurice ?
Non. Il n’y a pas de leader défini à l’avance. L’idée de Michel (Thèze) c’est de jouer sur le plan tactique en ayant plusieurs coureurs bien placés afin de réagir les adversaires. Selon lui, nous sommes encore une équipe qui apprend et que c’est encore bien trop tôt pour définir un leader à l’avance. On partira donc avec le même esprit que pour le Tour de la Réunion.

Vous avez des qualités qui selon bon nombre vous prédestinent à une carrière professionnelle. Quel est votre point de vue sur la chose ?
Je veux aller le plus loin possible dans le vélo, c’est certain. Mais j’en ai beaucoup parlé avec Michel (Thèze) et lui me dit de ne pas brûler les étapes. Être cycliste professionnel, c’est très bien mais il faut savoir comment s’y prendre et ne pas se précipiter.

Il y a quand même eu des contacts entre vous et l’équipe professionnelle sud-africaine Dimension Data… 
Oui, c’était au début de cette année. Au fait, c’est à travers Andrew Smith (NdlR : le technicien sud-africain qui était responsable de la sélection mauricienne pour les Jeux des îles de l’océan Indien de 2015) que des contacts ont été établis parce qu’il est un des directeurs sportifs de l’équipe. Ils voulaient que j’intègre l’équipe cette année mais cela ne s’est pas fait. Faire partie d’une équipe pro, cela peut bien se passer mais aussi virer à la catastrophe. Comme je l’ai dit, il ne faut pas se presser.

Que comptez-vous adopter comme approche dans ce cas ?
Michel (Thèze) me conseille de d’abord faire une saison pleine dans une équipe de DN1 en France. Cela me permettra d’apprendre davantage en prenant part à des courses de très bon niveau. Michel (Thèze) a de bons contacts en France et il saura me trouver l’équipe qui me convient le mieux. On va voir comment tout cela se met en place d’ici le premier trimestre de 2018. Mais il y a aussi les Jeux du Commonwealth auxquels j’aimerais participer en avril prochain. On prendra une décision en temps et lieu. Rien ne presse car de toute façon, je n’ai pas encore 19 ans (NdlR : il les fêtera le 24 septembre). 

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