Dev Ramnah: «Je ne me porterai pas candidat de nouveau»

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Dev Ramnah, ancien Speaker.

Dev Ramnah, ancien Speaker.

L’ancien Speaker avait décidé de raccrocher après la défaite de l’alliance Parti travailliste–Mouvement militant mauricien (PTr-MMM) en décembre 2014. «Des amis m’ont sollicité pour créer un parti pour reprendre les idées du MMM. Toutefois, le Mouvement patriotique s’est avéré une déception pour moi», lâche l’ancien membre du bureau politique du MMM.

Aujourd’hui, Dev Ramnah est en semi-retraite. L’avocat a cessé d’exercer au barreau et s’est reconverti dans les affaires. Il s’engage à temps partiel dans sa compagnie de promotion de l’investissement. Cependant, il reste un observateur attentif du monde politique. «On ne peut se déconnecter complètement quand on a été en politique pendant plus d’une décennie», confie cet habitant de Quatre-Bornes.

Que pense-t-il des débats à l’Assemblée nationale et, surtout, de la manière dont les travaux sont dirigés ? Dev Ramnah fait preuve d’élégance et ne se prononce pas. «Un ancien Speaker ne peut pas commenter la manière dont un de ses successeurs fait son travail.» Toutefois, il dit regretter que l’institution qu’est le Parlement souffre des erreurs des uns et des autres. «Le plus vite toutes les parties s’engagent à faire respecter l’institution, le plus vite on retrouvera la sérénité.»

Le respect des institutions est primordial pour Dev Ramnah. C’est d’ailleurs sa recommandation sur les relations tendues entre la presse et le pouvoir. Car il est d’avis que le Premier ministre représente une institution. Ainsi, dit Dev Ramnah, il mérite du respect quand on s’adresse à lui. Notre interlocuteur ajoute que le journaliste est également le représentant d’une noble profession qui doit être respecté.

L’ancien Speaker se rappelle d’un incident survenu lors d’une séance parlementaire et qui l’a marqué. Un de ses rulings avait été violemment contesté par Paul Bérenger, alors vice-Premier ministre. «C’était une situation très délicate. Heureusement que sir Anerood Jugnauth a pu convaincre Bérenger à céder.» Dev Ramnah raconte que s’il avait dû revoir son ruling, il aurait démissionné de la présidence de l’Assemblée nationale.

Dev Ramnah est venu à la politique assez tard. En 1995, il a plus de 40 ans quand il est contacté par Jayen Cuttaree pour se joindre au MMM. L’avocat est à l’époque employé au State Law Office. Il aurait pu décliner et poursuivre sa carrière dans le judiciaire. Certains de ses contemporains comme Nicholas Ohsan-Bellepeau sont aujourd’hui juges. En acceptant la proposition, Dev Ramnah s’est rappelé d’autres décisions qui avaient changé le cours de sa vie.

En effet, après le collège au début des années 70, le natif du petit village de Mare-La-Chaux, à Flacq, s’était joint à la force policière. Pendant son service, il a entamé des études de droit comme étudiant externe à l’université de Londres. Dev Ramnah est parmi les rares étudiants externes à avoir obtenu leur baccalauréat en droit. Il est le premier policier à devenir avocat. Une belle réussite.

Il en est fier. Tout comme il est ravi de son parcours en politique. Cependant, l’homme reste modeste. «La chance est très importante dans la vie d’une personne. Je connais de nombreuses personnes ayant autant de qualités que nous, qui voulaient devenir députés, mais n’ont pu se faire élire», confie avec philosophie l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Son parcours

  • 1975 : Rejoint la force policière 
  • 1977-80 : Études d’économie en Inde 
  • 1980 : Réintègre la police 
  • 1994 : Est reçu avocat
  • 1995 : Élu à Pamplemousses-Triolet et «Deputy Speaker» 
  • 2000 : Élu «Speaker» 
  • 2005 : Battu aux élections à Rose-Belle–Vieux Grand-Port 
  • 2010 : Battu aux élections à Moka–Quartier-Militaire
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