Rivière-Noire : une petite boutique, fruit de la persévérance de Mirella Nanette

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Mirella Nanette est fière de sa petite entreprise. Quand elle n’y est pas, ses filles la remplacent.

Mirella Nanette est fière de sa petite entreprise. Quand elle n’y est pas, ses filles la remplacent.

Rien ne laissait présager que Mirella Nanette aurait une boutique à elle. C’est pourtant le cas au Pont du Tamarinier à Rivière-Noire. Elle en est là grâce à sa volonté de ne plus être analphabète.

Il y a trois ans, elle a voulu apprendre à lire et à compter et n’a jamais baissé les bras depuis. «Je faisais partie des squatteurs de Camp Loulou. Depuis le début des années 90, nous vivions là-bas, deux de mes frères, mes deux sœurs, ma mère et moi. Nous avons bougé de là pour nous installer dans les maisons du Pont du Tamarinier il y a dix ans. Pendant tout ce temps, je ne savais pas lire et écrire», raconte Mirella Nanette. «J’ai juste appris comment manier de l’argent en regardant faire les autres. Mais pour le reste, c’était peine perdue.»

Elle a fréquenté l’école jusqu’à l’âge de 12 ans. Elle n’était pas à même d’aller au collège car elle n’arrivait ni à lire ni à écrire. «Pour prendre l’autobus, je devais toujours me renseigner quant à de la destination finale du véhicule», ajoute-t-elle.

Par la suite, pendant plus de 20 ans, elle a travaillé comme agent d’entretien, nettoyant les rues de Rivière-Noire. Mais au fond d’elle, Mirella Nanette avait envie d’autre chose. C’est sa sœur, qui tient une boutique à la Gaulette, qui a mis la petite graine d’entrepreneure dans sa tête. 

«J’ai continué à faire mon travail parce qu’il fallait que je gagne ma vie. Un jour, après que je sois venue voir l’une de mes sœurs, elle m’a demandé pourquoi je ne tentais pas d’ouvrir à mon tour une tabagie. J’en avais envie mais je ne savais pas écrire et compter convenablement et cela représentait un gros obstacle», explique Mirella Nanette.

C’est cette envie qui la pousse à aller suivre des cours d’alphabétisation pour adultes qui sont donnés à Tamarin. «Quand j’ai vu qu’il y avait des cours d’alphabétisation à la Balise à Tamarin, je suis allée m’inscrire car j’avais envie d’apprendre à compter mais aussi à lire et à écrire convenablement

Mirella se fait un devoir d’être assidue aux cours d’alphabétisation. Elle n’en démord pas et cela, malgré le désistement progressif des autres apprenants. Au final, elle se retrouve seule dans le cours. Pendant environ un an, elle met les bouchées doubles pour réussir.

«J’ai appris à remplir les formulaires de banque, à écrire mon nom, à lire les destinations des autobus. Je ne sais pas lire des choses trop compliquées mais je ne suis plus dépendante des autres pour tout comme avant», indique-t-elle.«J’ai même pu aider une autre personne à remplir ses formulaires bancaires», dit-elle, pas peu fière de ce fait. 

C’est en 2014 qu’elle parvient à ouvrir sa tabagie. Au départ, elle avait commencé par commander des gâteaux différents. Puis, elle s’est aussi mise à la vente du pain et des boissons. 

«Ce n’était pas facile au début, surtout que je travaillais encore. Il fallait se lever tôt et aller au travail puis revenir ouvrir la tabagie. C’est mon gendre qui a construit la devanture de la petite boutique. Puis j’ai démissionné de mon travail et je me suis concentrée seulement sur la tabagie. Mes filles m’aident à la tenir», ajoute Mirella Nanette.

Elle est contente de bénéficier du soutien de sa famille et de ce petit business qui lui permet de joindre les deux bouts. Mais elle ne compte pas en rester là. Elle veut faire grandir sa petite entreprise, agrandir la devanture en tôle et compte y mettre toute son énergie. 

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