Élections: quand Ramgoolam réunit la Sanatan Dharma autour de lui

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Rajenrah Ramdhean (2e à gauche) aux côtés de Navin Ramgoolam à Sébastopol en août 2015.

Rajenrah Ramdhean (2e à gauche) aux côtés de Navin Ramgoolam à Sébastopol en août 2015.

C’est le talk of the town après les élections à la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF) le dimanche 20 août. La défaite de Somduth Dulthumun après 15 ans à la présidence a surpris plus d’un. L’on se demande ce que ce changement signifie sur le plan politique pour le gouvernement actuel. D’autant plus que celui qui a remporté ces élections est Rajenrah Ramdhean, un proche du Parti travailliste (PTr).

Un proche des rouges indique que ce résultat représente l’opinion des électeurs sur le gouvernement. Selon lui, ces derniers ont non seulement sanctionné Somduth Dulthumun, mais aussi le gouvernement, dont Pravind Jugnauth. «Un vote qui a choqué tous les locataires de la Government House», souligne-t-il.

Le fait que Somduth Dulthumun ne s’est pas fait élire, malgré la campagne menée par le Prime Minister’s Office, démontre la direction politique du pays, affirme le proche du PTr. D’ajouter qu’il ne faut pas sous-estimer ces élections.

Pour sa part, un ex- député du Mouvement militant mauricien (MMM) affirme qu’il y avait un réel ras-le-bol face à Somduth Dulthumun. Il avance que la victoire est due à Navin Ramgoolam et Anil Bachoo.

Navin Ramgoolam est très présent dans la circonscription no 10 (Montagne-Blanche– Grande-Rivière-Sud-Est), où habite Rajenrah Ramdhean. Il avait effectué sa première sortie publique, après sa défaite aux dernières élections générales, à Sébastopol, pour la consécration d’un temple le 31 août 2015. Rajenrah Ramdhean l’avait même accueilli lors de la sortie.

L’ex-député du MMM souligne que Rajenrah Ramdhean n’a jamais caché sa couleur politique. Cela, même s’il a perdu les élections en 2000. «Il n’a jamais retourné sa veste, comme Dulthumun, qui, lui, est un caméléon. Ces élections démontrent aujourd’hui la défaite de Pravind Jugnauth vis-à-vis de la communauté hindoue.» Notre interlocuteur fait comprendre que «deux tiers des hindous sont avec Navin Ramgoolam». Il ajoute : «Finn éna viré mam kont SAJ, Pravind Jugnauth et Prakash Maunthrooa. Mem biro Prémié minis pan kav fer narnié.»

Un avis qui n’est pas partagé au gouvernement. «C’est faux de dire que les hindous sont avec Ramgoolam», déclare Bissoon Mungroo, président de la Rashtriya Sanatan Dharma Mandir Sanghatan. «Ils rêvent.»

 Bissoon Mungroo fait ressortir que la MSDTF n’a jamais été liée à la politique. Selon lui, les affaires des organisations socioculturelles restent en interne. «Celles-ci sont condamnées à travailler avec le gouvernement du jour. Elles ne pourront survivre sans le soutien de celui-ci.»

Les Woochit, des «die hard» rouges

Il en avait «marre de Dulthumun qui faisait un one-man show», dit Ashish Woochit, élu comme trésorier, qui en est à son deuxième mandat. Raison pour laquelle il a constitué son équipe, Diya, «réunissant toutes les couleurs politiques». Il ne cache pas sa proximité avec Navin Ramgoolam. Son père a été décoré deux fois sous le régime du PTr, alors que son frère, Ranjiv Woochit, a été président du conseil de district de Pamplemousses–Rivière-du-Rempart. Ashish Woochit soutient que pour le social, il n’y a pas de couleur politique.

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