Attentats en Espagne: les vacances de rêve de trois Mauriciens virent au cauchemar

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De g. à dr., Carole Boulle, Laetitia Laverdure et son frère Laurent ont vécu la tragédie de l’intérieur.

De g. à dr., Carole Boulle, Laetitia Laverdure et son frère Laurent ont vécu la tragédie de l’intérieur.

Il s’agissait de leurs derniers jours de bonheur dans cette belle ville qu’est Barcelone. Mais leurs vacances de rêve se sont transformées en cauchemar. Laetitia Laverdure, son frère Laurent Laverdure et Carole Boulle étaient «là- bas» lorsque l’horreur a frappé. 

Ces trois Mauriciens étaient sur place lorsqu’en fin d’après-midi, le jeudi 17 août, la tragédie est survenue en Catalogne. Un terroriste a foncé dans la foule sur les Ramblas de Barcelone. L’attaque a été revendiquée par Daech. Quelques heures après, une autre camionnette a percuté des civils à Cambrils, à 150 kilomètres de là. Au moins 14 personnes ont été tuées et une centaine d’autres blessées. 

«Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. J’étais seul au monde.»

Les trois amis étaient, eux, séparés au moment des attentats. Nous les avons contactés via WhatsApp. Laurent Laverdure, 24 ans était parti faire du shopping à quelques pas de l’endroit où la fourgonnette d’un terroriste a foncé dans la foule. «Vers 17 h 30, j’ai vu des voitures de police qui traversaient la place à toute vitesse. Puis, on a entendu les sirènes. Je voulais essayer de rejoindre ma sœur et mon amie Carole en passant par d’autres ruelles…» 

Et puis soudain, un tsunami humain ; une vague de panique gagne la foule. Laurent a pu se réfugier, en compagnie d’une vingtaine de personnes, dans l’arrière-cuisine d’un restaurant. La boule au ventre, le jeune homme, qui étudie à Paris, scrutait le moindre mouvement à travers la baie vitrée. Tout en pensant à sa sœur et à son amie… 

À ce moment-là, il n’y avait pas d’informations, que des spéculations. «D’autres touristes ont lu sur Twitter que le terroriste marchait dans les rues et qu’il était rentré dans un café à l’arrière du restaurant où j’étais. C’était horrible. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. J’étais seul au monde. Lors des attentats de Paris, on était au chaud chez nous, alors que là, on vivait ça en direct.» 

À l’autre bout de la place, Laetitia Laverdure, 19 ans, et Carole Boulle, 23 ans, ne se doutent de rien et continuent à faire les magasins. Jusqu’à ce que les gens se mettent à courir dans tous les sens. «Go back home !» criaient certains, il y avait des hurlements partout, c’était irréel, relatent les deux jeunes femmes. «À un moment donné, des gens nous ont poussées vers un magasin. Le gérant a fermé sa grille pendant 15 minutes. On essayait d’avancer. Lors du deuxième mouvement de foule, on s’est réfugiées dans un café. C’est là qu’on a entendu qu’un van avait foncé dans la foule et qu’il y avait eu des victimes. Lorsqu’on est sorti, les policiers conseillaient aux gens de ne pas rester dans la rue. Nous nous sommes réfugiées dans une bijouterie pendant près de trois heures…» 

Trois heures au bout desquelles elles ont pu entrer en contact avec leurs proches. Les trois amis ont fini par se revoir, ils étaient à quelques mètres les uns des autres. L’horreur, elle, a déjà parcouru des kilomètres le long de leur échine…

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