Jeremy Rabaye : marchand de crustacés à 20 ans

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Jeremy fait le tri dans ses plateaux de crustacés.

Jeremy fait le tri dans ses plateaux de crustacés.

Plutôt que de rester oisif, ce jeune de 20 ans a choisi de gagner honnêtement sa vie en vendant les crustacés que ses cousins et lui pêchent de la rivière de la localité.

Si vous passez par Olivia, sur la route de Kewal Nagar, vous le verrez avec son plateau de crustacés. Jeremy Rabaye est sur place presque tous les jours, souvent accompagné de ses cousins Steven et Tino Rabaye, qui lui refilent un coup de main. À 20 ans, cet habitant d’Olivia préfère se débrouiller pour gagner sa vie. «Mo trasé pou gagn enn bout dipin. Mo travay mo gagn mo lavi dan plas asiz dan lakaz. Si mo asiz dan lakaz ki mo pou manze ? Plito mo trase.»

Il dépend de la rivière d’Olivia pour son gagne-pain. Il connaît la rivière depuis tout petit, il s’y rendait pour passer du temps entre amis, pour nager et pour pêcher surtout. Mais depuis un an et demi, il s’y rend tous les jours pour trouver ce qui lui permet de se faire un peu d’argent.

Steven et Tino dépècent une anguille pour la vendre.

Très tôt, il se rend à la rivière avec un sac en jute. Si le plateau de crustacés qu’il présente aux clients semble insuffisant pour certains, ils ne réalisent pas que Jeremy Rabaye a dû passer son sac en jute de nombreuses fois avant de pouvoir recueillir une bonne quantité de crustacés. Des fois, il ne pêche pas que des crustacés, raconte-t-il, mais des petits débris qui lui compliquent la tâche.

 «Enta fwa ou bizin pass ou goni pou ou gagn inpe sevret. Parfwa ban ti la pousier osi rantre. Aprè ou bizin trie pou ki ou resi vann li avek klian.» Mais il ne s’en fait pas trop. Afin d’éviter de perdre du temps, il enlève ces saletés et se rend au bord de la route pour héler les automobilistes. Des fois, des amis l’aident.

Il ajoute aussi que parfois, il pêche des anguilles. Il avoue qu’il ne s’y connaît pas trop en la matière. Et quand c’est le cas, il doit faire attention à ne pas se faire mordre. «Mo pa tro konn lapes angi. Pou ou gagn angi, ou bizin met lamson la aswar et al tire lendemin gramatin. Bizin fer atansion selmen. Ena dimounn esey pez avek zot lipie et lame kan tir angi, li kapav morde.»

Friands d’anguilles

Les jours où la chance lui sourit, Jeremy Rabaye peut se faire de Rs 120 à Rs 300 pour une anguille, dépendant de sa taille. Il avoue que les gens s’arrêtent plus souvent s’il a des anguilles, raison pour laquelle il essaie d’attirer leur attention en accrochant ses prises à une branche. «Angi rar. Zour ena angi, tou ale.» Il propose aussi de les nettoyer sur place. Un petit plus qui plaît à la clientèle.

Le jeune homme accroche les anguilles pêchées depuis le matin au bord de la route afin d’attirer les clients.

Ses amis font une petite démonstration express lorsqu’un client les accoste. À l’aide d’un bout de papier journal, Steven et Tino tirent et enlèvent la peau de l’anguille avant de la débarrasser de ses entrailles. «Ou bizin riss lapo la avek enn zournal parski li tro glise. Apre ou netway so andan», explique Steven alors que Jeremy s’empresse de présenter son plateau de crevettes aux automobilistes qui passent.

 Peu importe le temps, Jeremy Rabaye fait de son mieux pour ne pas manquer de crustacés. Les jours qu’il n’a rien pris, il se débrouille en effectuant de petits boulots. Il nettoie les cours, bricole. Pour lui, l’argent qu’il gagne lui permet de mettre un peu de beurre dans les épinards familiaux. «Mo ed mo papa avek enn ti lamone defwa.»

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