À Cité Telfair: le calvaire de Christelle… sans toilettes

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Christelle, mère de trois filles, touche une pension de quelque Rs 3 000 pour ses enfants par mois.

Christelle, mère de trois filles, touche une pension de quelque Rs 3 000 pour ses enfants par mois.

Christelle nage en plein cauchemar. Et c’est peu de le dire. Cette mère de trois filles, âgée de 32 ans, habite une maison dépourvue de toilettes et de salle de bains. Elle ne travaille plus depuis qu’elle a des problèmes de santé. Son époux, ancien détenu, n’arrive pas à trouver du travail. La famille, qui touche une pension de Rs 3 000 mensuellement, sollicite l’aide des gens afin de trouver les fonds nécessaires pour construire des toilettes et une salle de bains.

À Cité Telfair, Moka, le temps semble s’être arrêté pour Christelle. Depuis bientôt trois mois, elle est retournée vivre dans la maison paternelle, où il n’y a «ni toilettes ni salle de bains». La maison est loin de sentir la rose, déplore-t-elle. Mais elle n’y prête plus attention. Son problème est bien plus grave qu’une simple odeur.

«Nous devons aller faire nos besoins dans les champs de canne. Quant à mes filles, elles doivent prendre leur bain sous le porche, à la vue de tout le monde.» Ses filles sont âgées de 7, 10 et 12 ans. L’aînée fréquente un collège dans l’Ouest. Mais le hic : c’est que depuis le début de l’année, la jeune fille n’a toujours pas de carte d’autobus. Du coup, sa mère doit trouver de l’argent pour l’envoyer au collège. «Un autre trou au budget qui est déjà très serré.»

Christelle nous apprend également que sa situation familiale est loin d’être sereine. «Quand je me suis mariée, je suis venue habiter chez mon père. Suite à des problèmes avec les autres membres de ma famille, j’ai déserté les lieux pour aller vivre à Albion.» À cette époque, elle raconte qu’elle vivait comme squatteuse dans un bois. «La Child Development Unit voulait m’enlever mes enfants parce que les conditions sanitaires n’étaient pas adéquates.» C’est ainsi qu’elle décide de revenir habiter chez son père.

Mais ses problèmes familiaux sont loin d’être finis. «Mon père a hérité de deux pièces dans la maison que nous occupons.» Justement, son salon n’a pour meuble qu’une petite table entourée de trois chaises en plastique. Par pudeur, elle ne nous laissera pas voir l’état de sa chambre. «La famille nous a demandé de rester dans notre partie de la maison.»

Actuellement, elle squatte une autre pièce qu’elle a reconvertie en cuisine. «Pour le moment, on ne nous dit rien. Mais ce silence peut être dangereux.» Elle confie par ailleurs qu’elle ne peut plus travailler suite à des ennuis de santé. Quant à son époux, il peine à trouver du travail. «Son passé joue en sa défaveur, étant un ex-détenu. Du coup, l’on ne vit qu’avec la pension des enfants, qui tourne autour de Rs 3 000 mensuellement.»

Des démarches pour obtenir une aide de l’État, elle en a fait des tonnes. «Depuis dix ans, je ne cesse de frapper aux portes des institutions de Maurice. J’ai été au Citizens Advice Bureau de St-Pierre. Sans aucun succès», lâche-t-elle. Avant d’ajouter qu’elle a eu une réponse du ministère du Logement et des terres qui lui a proposé une maison de la National Housing Development Co Ltd (NHDC). «Mais je dois faire un dépôt de Rs 50 000…»

Christelle espère que de bons samaritains l’aident à trouver les fonds nécessaires pour construire des toilettes et une salle de bains. «C’est tout ce que je demande», lance-t-elle, les larmes aux yeux.

Payer un loyer pour avoir un terrain»

Ce genre de situation, le ministère du Logement et des terres en rencontre des tonnes. Et à tout problème, il existe une solution. «Cette famille pourrait faire une demande pour un Building Site Leave. Elle pourrait avoir un terrain sur lequel elle pourrait habiter. Mais il faudra payer un loyer», apprend-on du côté du ministère du Travail. Concernant le dépôt demandé pour avoir une maison de la NHDC, c’est un processus tout à fait normal. «Ils font une estimation pour savoir quels sont les revenus de la famille avant d’imposer le montant du dépôt», indique-t-on.

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