Bois-des-Amourettes: de l’amour dans l’air

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Entre la Montagne du Lion et la baie de Grand-Port s’étend Bois-des-Amourettes. Village où les gens vivent en grande partie de la pêche et de l’agriculture. C’est aussi un lieu plutôt particulier de par sa beauté mais aussi son cachet historique.

«Mo papa tinn toultan dir mwa ki kan bann Hollandais ti Moris, zot ti vinn dan bwa isi pou kas poz.» Ce n’est pas nous qui le disons mais un des plus vieux habitants de Bois-des-Amourettes sur le ton de la confidence. Et un clin d’œil plutôt coquin en bonus. Comme beaucoup de romantiques, une bonne partie des résidents de ce village se plaît à penser que les endroits boisés, dont regorge le village, étaient non pas le repaire de brigands mais d’amoureux.

Cependant, l’explication logique serait que les «Amourettes», des arbres, s’y trouvaient jadis en nombre. Dans ce petit village, la nature et la tranquillité restent maîtresses. Et cela suffit aux habitants. Sauf, peut-être, pour ceux qui auraient connu la vie sur les hauteurs de la montagne du Lion.

«Du côté de Vieux-Grand-Port, c’est la tête du lion et de ce côté, c’est sa queue. Avant, nous vivions en haut de la queue. Nous élevions des animaux. Nous descendions rarement», nous raconte Roger Matombi, 84 ans. Il regrette encore la «vraie» tranquillité qui y régnait alors.

Sur la montagne, les cases sur les flancs ont été abandonnées. Leurs occupants ont préféré des maisons près de la route, afin d’être connectés au réseau de distribution d’électricité, poursuit notre interlocuteur. Mais tous n’ont pas suivi. Certaines maisons restent encore bien perchées sur le «Lion». D’ailleurs, d’en haut, ça en jette. La vue y est imprenable sur les îles qui se trouvent dans le lagon : L’île-au-Phare, de la Passe ou encore l’île-aux-Aigrettes.

Le lieu incontournable du village reste, cependant, sa longue jetée blanche. Faite de pierres et de béton, elle se prête très bien aux promenades, parties de pêches et, surtout, offre un point de vue exceptionnel pour les photos. Construite dans les années 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, ces installations n’auront pourtant jamais servi.

«Les anglais voulaient que les bateaux de guerre puissent venir s’y approvisionner. Des cuves, des pompes et des tuyaux avaient été installés. Toutefois lorsque la construction était finie, il en était de même pour la guerre», fait ressortir Roger Matombi. La nature ayant envahi les lieux, une partie de ces vestiges est pourtant encore visible aux alentours : toute rouillée, la cuve de métal reste une curiosité pour les visiteurs, comme ces vieilles bâtisses en pierres ou des pièces de machineries anciennes.

Bois-des-Amourettes aurait, certes, connu un destin différent s’il avait bien servi pendant la guerre, car c’était le seul point de la côte sud-est à avoir été équipé afin d’accueillir des vaisseaux de guerre. Ayant conservé son cachet naturel et sa tranquillité, le village attire plutôt les touristes, ou ceux en quête d’une nature pas trop altérée.

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