Cousins disparus: les dernières lettres de Gavi

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Cela fait plus d’une semaine depuis que Gavi Sunnassee, 17 ans et sa cousine, Dharnasri Sunnassee, 14 ans, sont portés disparus. La police, le Central Investigation Department (CID) et la famille ne baissent pas les bras, même si leurs efforts restent vains jusqu’à présent. Pourquoi avoir décidé un beau jour de tout quitter et disparaître ? Les questions se bousculent dans la tête de leurs proches. Selon des informations recueillies, le jeune homme voulait pratiquer une autre religion que la sienne. Toutefois, sa possible conversion était inconcevable pour son entourage. Du côté de la famille, l’on ne souhaite même pas évoquer le sujet. La grand-mère paternelle que nous avions rencontrée a simplement affirmé que la famille avait déjà pardonné aux deux adolescents et qu’ils pouvaient retourner à la maison.

(Photo d’illustration)

La disparition a été rapportée le lundi 31 juillet. Depuis, la famille est sans aucune nouvelle des deux jeunes. La seule indication qu’ils ont, ce sont les lettres que Gavi a laissées à plusieurs membres de sa famille. Ces lettres manuscrites, datées du jour de sa disparition, n’augurent rien de bon. Écrites sur des feuilles d’un «notepad» d’écolier et à l’encre noire, ces lettres ne sont pas sans rappeler les rédactions d’écoliers. Écriture naïve, ratures et impuissance face à la vie sont présentes dans les correspondances de Gavi.

Manque de courage

Dans la lettre principale que le jeune homme a adressée à celle qu’il appellera sa «sœur», il évoque son manque de courage pour affronter la vie. La «sœur» en question serait une employée du collège qu’il fréquente. «Your brother Gavi is not that courageous in order to face this situation as bravely as you that is why I have chosen to go with the Lord», écrit-il. Sans donner plus de détails, il évoque son mal-être face aux circonstances de la vie et son découragement. Il précise, néanmoins, qu’il souhaite être réincarné pour pouvoir habiter la même maison que sa «sœur» et de son mari. Car, confie-t-il, c’est un lieu où il se sent bien. «Je ne t’en ai pas parlé avant car je sais que tu allais essayer de me convaincre de ne pas aller de l’avant avec mon plan. Dieu a fait des miracles. C’est pourquoi je ne vais pas le quitter», poursuit le jeune homme.  

Dans cette lettre, Gavi dévoile aussi les raisons qui ont poussé Dharnasri à le suivre. La veille de leur disparition, Gavi est parti chez sa grand-mère où il a rencontré sa cousine. C’est à ce moment qu’il lui a fait part de son intention de quitter ce monde. «My cousin sister has always told me that if I would commit suicide, do surely tell her», explique l’adolescent. Selon lui, la jeune fille ne voulait, elle aussi, pas vivre la vie que lui imposaient ses parents. Encore une fois, Gavi fait l’impasse sur les détails. Il ajoute que la jeune fille allait avoir ses résultats le 1er août et «she knows what would have been awaiting for her». Raison pour laquelle elle a préféré partir avant. À la fin de la lettre adressée à sa «sœur», il la remercie pour un déjeuner qu’ils ont eu et la prie de bien s’occuper de leur «maman». Sa dernière demande à sa «sœur» sera de donner son prénom à son bébé, le jour où elle en aura un. 

Des lettres, Gavi en a laissées quatre au total. L’une, adressée à celui qu’il prénomme «my special brother», ne fait que quelques lignes. Mais il y prend le soin d’exprimer toute l’affection qu’il porte au destinateur. «We are like a pair of old jeans which always fit in each other», écrit-il. Cette personne a toujours été la première à lui souhaiter bon anniversaire et à partager d’autres moments privilégiés avec lui. Dans une autre, il demande à une de ses tantes de ne pas se sentir coupable s’ils ont décidé de mettre fin à leurs jours. «Please don’t cry or else you’ll fall ill and I don’t want to see you like that», dit-il dans une autre lettre. Le nom de Dharnasri figure dans toutes les lettres que le jeune homme a laissées derrière lui.

Le jour du drame

Ce jour-là, Gavi Sunnassee a dit à sa famille qu’il allait chercher sa cousine à sa sortie des cours particuliers et depuis, ils n’ont plus donné signe de vie. Le seul élément en possession des enquêteurs provient d’un chauffeur de taxi de Mahébourg. Gavi a sollicité ses services pour aller récupérer Dharnasri à Beau-Vallon pour ensuite se rendre à Plaine-Magnien. Selon les parents de Gavi, il a utilisé l’argent destiné à payer ses leçons particulières pour régler la note du trajet. Sur le terrain, la CID, la Field Intelligence Unit et le National Security Service sont à pied d’œuvre pour retrouver les disparus. 

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