Boxe – Zoom sur John Colin: entre rêve olympique et réalité financière

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Le boxeur défendra le quadricolore mauricien aux Championnats du monde du 25 août au 2 septembre.

Le boxeur défendra le quadricolore mauricien aux Championnats du monde du 25 août au 2 septembre.

John Colin prend l’avion pour Hambourg, le jeudi 10 août. Après un stage international, le boxeur défendra le quadricolore mauricien aux Championnats du monde du 25 août au 2 septembre. Un défi auquel il s’est préparé sans relâche. Mais à quelques jours du départ, le boxeur des 60 kg fait face à des soucis financiers. 

«C’est une triste réalité mais c’est mon quotidien. Et c’est bien dommage car aucun sportif de haut niveau ne devrait avoir ce problème», commente-t-il. Employé comme plombier dans une entreprise de construction, John Colin explique qu’il a connu une baisse de ses revenus lors des derniers mois. «Comme je fais moins d’heures, on coupe mes sous.  Au cours des trois derniers mois, la somme versée par mon employeur est moindre que mon salaire de base», poursuit-il. 

Père d’un enfant de quatre ans, John Colin confie qu’il a du mal à boucler les fins de mois. «C’est vrai que je reçois une bourse de la High Level Sports Unit. Mais l’argent n’est versé qu’en milieu de mois. J’ai besoin de mon salaire», lâche le plombier. Employé dans la compagnie depuis 2013, John Colin explique : «Auparavant quand le Ministère de la Jeunesse et Sports faisait une demande pour que les athlètes aient une décharge en vue d’une compétition, nos salaires ne souffraient pas autant», dit-il. 

En quête de soutien, John Colin s’est tourné vers le président de l’Association Mauricienne de boxe, Indiren Ramsamy. «Nous sommes au courant du problème et nous avons entamé les démarches pour que la situation de John Colin s’améliore», dit-il. Il fait appel à la conscience patriotique des employeurs du boxeur. «S’il s’absente du pays, c’est pour défendre les couleurs du pays. Il mérite d’être soutenu dans cette démarche comme tous les autres sportifs», dit-il. 

John Colin confie qu’il a du mal à boucler les fins de mois.

Mais réaliste, Indiren Ramsamy prévient : «Malgré toute notre bonne volonté et les courriers envoyés en sa faveur, on ne peut pas obliger une compagnie du privée à changer sa politique vis-à-vis de ses employés». Pour le président de l’AMB, c’est l’encadrement des sportifs de haut niveau qui devra être revenu. «Le nouveau ministre, Stephan Toussaint affiche une réelle volonté de revoir les conditions de vie des sportifs de haut niveau. Il peut faire bouger les choses», constate le dirigeant. 

En attendant de voir évoluer son sort, John Colin tente de garder la tête froide. «Heureusement  que ma femme, Berliana et mon entourage me soutiennent», avance le pugiliste. Après sa médaille de bronze aux Championnats d’Afrique en juin dernier, John Colin confirme un retour au sommet de sa forme.  Son objectif en Allemagne est de se frayer un chemin vers le podium de Mondiaux 2017. 

A Hambourg, il disputera ses troisièmes championnats du Monde. Juste après son premier titre de champion d’Afrique, il avait disputé les Mondiaux de Milan. Face au Turc Kerem Gurgen , le champion d’Afrique s’est incliné aux points (21-1). Deux ans plus tard, il s’est rendu à Baku et a perdu contre l’Algérien, Chadi Abdelkader aux points (23-9). 

«Je sais que ce ne sera pas facile à Hambourg. Je vais me frotter aux meilleurs mondiaux», explique-t-il. Mais face à ce défi, John Colin n’abdiquera pas. «Je suis en mode combat. Donc pour moi rien n’est impossible», lâche le boxeur d’Henrietta.

Vaillant, John Colin excelle dans l’art de surprendre. En 2009 lors des Championnats d’Afrique à Maurice, c’est ainsi qu’il sait fait un prénom. Jusqu’alors dans l’ombre de son frère ainé, Richarno, il avait été couronné champion d’Afrique de -57 kg. Ce dimanche 26 juillet, il avait brillé alors que Bruno Julie avait échoué en finale des -54 kg. Enorme exploit pour le jeune homme  qui était, alors, âgé de 18 ans. Depuis ce premier sacre, John Colin a fait du chemin. «Pour garder ma place dans l’équipe, il a fallu que je me batte», souligne-t-il. 

Au cours de la dizaine d’année au sein de l’équipe nationale, John Colin avoue qu’il s’est souvent éloigné de ses objectifs. «Ce sont toujours pour des raisons financières. Pour arrondir mes fins de mois, je fais de la maçonnerie. Pas facile de venir à l’entraînement après», poursuit le tireur. 

Cependant, sa passion pour le noble art l’a toujours poussé à remettre les gants. Quitte à avoir de l’insomnie : «Il n’est pas facile de conjuguer sport, vie professionnelle et familiale. Ces derniers mois, je ne dors pas correctement car je pense à l’avenir d’Edlyano (NdlR : son fils).» Après avoir démarré la nouvelle olympiade avec beaucoup de motivation, John Colin rêve de ne manquer de sous jusqu’à Tokyo. Pour les prochains JO, il aura 30 ans. C’est à cet âge que Bruno Julie avait remporté le bronze aux Jeux de Pékin en 2008. 

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