Cindy Saminaden - «Ti Madam netwayé»: la leçon de vie de Cindy

Avec le soutien de
Cindy Saminaden fait partie de ses gens qui dégagent «quelque chose».

Cindy Saminaden fait partie de ses gens qui dégagent «quelque chose».

Elle est toujours bien accompagnée. De son balai, de son torchon, de son téléphone portable, auquel sont branchés des écouteurs. Cindy Saminaden fait partie de ses gens qui dégagent «quelque chose». Confidences à la pelle.

Elle a 38 ans, on lui donnerait dix ans de moins. Elle a le corps d’une ado, le sourire d’une enfant. Dans sa tête d’adulte, les souvenirs se bousculent. Avant, il y a une décennie, elle était femme au foyer. Elle s’occupait de Tessa, qui a aujourd’hui 21 ans et d’Emmanuel, qui fêtera ses 18 ans en novembre. Les circonstances ont fait qu’elle a dû se séparer de son époux. Et de ses enfants, par la même occasion, qui sont allés vivre chez leur père. «Zot dan bien. Sak 15 zour mo trouv zot, zot vinn guet mwa.»

Après son divorce, Cindy est retournée vivre chez sa maman, à Cité La Cure. Elle a dû se trouver un travail. Alors, pendant des jours, armée de sa détermination, elle a fait le tour de Baie-du-Tombeau, quitte à déterrer les morts. «Monn tap tou laport, lizinn, magazin tousala.» Elle a trouvé du boulot dans une pâtisserie, comme femme de ménage. Montant de sa solde mensuelle : Rs 3 000. «Pa ti fasil. Monn esay rod enn lot touzour.»

Cindy a repris son bâton de pèlerin, allant même jusqu’à faire le poireau devant le portail d’une entreprise, trois jours d’affilée. À tel point qu’elle a touché le coeur d’une dame, chargée de recruter des gens pour une compagnie de nettoyage. Depuis, Cindy astique, balaie, cire, lave, veille au bien-être des employés d’une compagnie privée.

Ses journées démarrent à 7 heures. Après avoir avalé sa tasse de thé, sacrée, elle nettoie encore, la maison cette fois. «Mo kontan ékout radio, samem mo plézir sa», confie-t-elle tout sourire. Est-elle branchée politique ? Oh que non. «Mo pa konn lir, mo pa konn ekrir mwa, mo pa konpran sa bann zafer-la…» Ce qu’elle aime, ce sont les émissions sur la santé, sur les droits de la femme, sur les maux de la société. À midi, lorsqu’elle a terminé le ménage, qu’elle a pris le repas avec sa maman, elle fait la sieste, sacrée aussi. «Mo mama ki lev mwa toulézour 13 er pou mo vinn travay. Mo fini prépar mo sak tou.»

Cindy fait mordre la poussière aux saletés de 15 heures à 22 heures en jour de semaine et de 13 heures à 21 heures les week-ends. «Mo gagn off dé dimans par mwa ek fer overtime dé lézot dimans.» Son salaire : Rs 8 000. Parvient-on à vivre correctement avec une telle somme de nos jours ? «Péna swa. Apré, mo pa bwar, pa fimé tousala, mo réssi ramass enn ti kass tou…»

À chaque fin de mois, la petite dame, coquette, s’autorise une petite virée à Port-Louis, histoire de faire un peu de shopping. Les sorties à la mer, ce n’est pas vraiment son truc. «Zis lé dé zanvié nou alé ek tou lafami.» La télé ? Non, la radio et uniquement la radio, à quelle fréquence faudra-t-il vous le dire ?

Son souhait le plus cher ? Avoir sa maison, afin de pouvoir accueillir ses enfants chez elle. «Mo rev sa…»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires