School of Performing Arts: s’initier aux arts classiques indiens au MGI

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Un enseignant de la School of Performing Arts à l’œuvre au MGI, mardi.

Un enseignant de la School of Performing Arts à l’œuvre au MGI, mardi.

Rien ne vaut d’essayer. Pour se rendre compte de la difficulté. La posture élégante du joueur de sitar se travaille. Patiemment, Suryaprakash Choytoo, le guruji (le profes- seur), explique les toutes premières étapes pour aborder l’imposant instrument à cordes. C’était avanthier, lors de la première des trois journées portes ouvertes à la School of Performing Arts du Mahatma Gandhi Institute, à Moka.

S’asseoir par terre, jambes tendues. Ramener le pied gauche sous la jambe droite. Plier la jambe droite. Placer l’instrument au creux du pied gauche. L’appuyer contre la jambe droite. Poser son coude droit sur la caisse de résonance. Placer le pouce droit à l’emplacement prévu au bas du manche. Ne pas oublier d’enfiler le mizra à l’index droit pour gratter les cordes. Les pincer avec l’index gauche. Vous êtes prêt à vous lancer. Surtout à garder la posture pendant le temps de la leçon.

Le placement des mains, c’est l’une des caractéristiques du kathak. Aux aspirants qui sont entrés pieds nus dans sa classe, Yash Dhonow montre les gestes qui représentent un paon, des vents violents ou le regard. «Chaque geste a un nom, c’est le même que l’on apprenne le kathak, le bharat natyam ou le kuchi pudi.»

Le professeur enseigne aussi le respect aux aspirants. Celui dû à mama later sur laquelle on va danser. Pour «demander pardon» à la terre-mère, reculer de trois pas, s’agenouiller, saluer. Non sans que le danseur ne se soit attaché cent clochettes à la cheville droite et cent autres à la cheville gauche. «C’est l’une des spécificités du kathak.» Dans la salle, des aspirants de sept à 77 ans. Vont-ils persévérer ?

Ces filières mal aimées

Combien d’élèves sont inscrits à la School of Performing Arts du MGI ? Sans détour, Premilla Hungsraz, responsable de ce département depuis le 4 juillet, avance que le constat est désolant. «Au niveau supérieur, cela a diminué.» La moyenne d’inscription est de cinq élèves par cours. «Je n’ai pas eu de candidat pour le BA Vocal Hindustani cette année.» Elle s’est enquise auprès des élèves ayant le niveau diploma. «Certains me disent que c’est un peu cher de continuer les études (…) Savent-ils combien cela coûte de poursuivre des études à l’étranger ?» La responsable évoque par ailleurs les préjugés : «Certains pensent que le niveau à Maurice n’est pas adéquat. Mais l’un des examinateurs externes de l’Inde nous a dit que le niveau du MGI est meilleur que celui de l’institution d’où il vient.»

Les débouchés

Les cours à la School of Performing Arts se déclinent autour de trois filières. En chant : vocal hindoustani et carnatique. Pour les instruments : le sitar, le mridangam, le violon, le tabla. En danse classique : bharat natyam, kathak et le kuchipudi. Quels sont les débouchés pour les élèves ? «L’enseignement, notamment en tant que ‘‘supply teacher’’ dans la perspective du Nine-Year Schooling attend les élèves. Mais il y a aussi les hôtels et les spectacles», indique Premilla Hungsraz. Questionnée sur les diplômés au chômage, la directrice répond : «Je ne peux pas dire qu’il n’y en a pas. Mais ils ont un emploi à mi-temps comme “performer”. Parfois, nous attendons qu’une cuvée ait fini son cursus pour animer des cours pour enfants ou faire de la musicothérapie.»

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