Sylvain Roussel: «L’iPad mène à des attitudes créatives»

Avec le soutien de
Sylvain Roussel, responsable de la mise en œuvre du programme d’utilisation d’iPads à l’International Preparatory School.

Sylvain Roussel, responsable de la mise en œuvre du programme d’utilisation d’iPads à l’International Preparatory School.

Après son introduction auprès d’écoliers de sept à neuf ans en janvier, l’iPad sera une réalité à la maternelle de l’International Preparatory School (IPS) en 2018. Sylvain Roussel explique la motivation de l’institution.

L’IPad ne sera-t-il pas un fardeau numérique pour les tout-petits ?
Nous n’avons nullement l’intention de faire l’enfant porter un fardeau. Les iPads ne remplaceront pas les livres. Nous avons mis en place un curriculum qui répond aux différents groupes d’âge. Et l’iPad n’est pas un ajout, mais un support et un échafaudage dans le processus d’apprentissage. Dans une ère de «natifs numériques», il convient que les iPads deviennent un outil dans l’école.

Un des arguments évoqués par l’IPS pour justifier le recours à l’IPad est la capacité de l’outil électronique d’apporter une autre dimension à l’apprentissage de l’enfant grâce à la puissance de l’image. Le recours à cet outil pour des enfants à cet âge ne risque-t-il pas de les rendre trop dépendants à un environnement formaté, qui est susceptible de freiner leur sens de créativité ?
L’environnement n’est pas uniquement numérique. Nous observons que l’IPS a un environnement qui offre des opportunités, tant pour la créativité que pour l’innovation. Nous observons que l’utilisation de l’iPad mène à une pensée critique et des attitudes créatives, ainsi que d’autres valeurs que nous mettons en avant. Les contributions pédagogiques de l’enseignement, en collaboration avec le coach technologique sur l’utilisation de l’appareil, ajoutent à la capacité de créer et d’innover. Le pouvoir des images continuera toujours à déclencher un engagement pédagogique. C’est inévitable. L’écart entre les mondes numérique et physique diminue.

L’IPad est un modèle de tablette tactile conçu par Apple. Pourquoi avez-vous choisi ce type de tablette et pas une autre ?
Dans le cadre de sa réflexion, une de mes collègues a écrit : «Les iPads ont révolutionné mon enseignement. C’est merveilleux d’avoir cet outil à portée de main. Les iPads ont été utilisés pour diverses matières. J’adore utiliser l’iPads en mathématiques, cela m’a permis de différencier l’apprentissage des élèves. Ceux moins capables ont maintenant accès aux leçons précédentes. Ce qui contribue à former des échafaudages pour soutenir leur compréhension. Je l’ai fait à travers des clips vidéo. L’iPad permet également aux apprenants d’avoir un sentiment d’appropriation quant à leur apprentissage, cela les encourage à être plus responsables de cet apprentissage. Ils aiment utiliser les iPads car l’outil élimine la peur de l’inconnu. Les apprenants aiment la technologie, travailler ainsi a réveillé en eux une plus grande dynamique et un grand appétit d’apprendre.»
En fait, ce qui est crucial, c’est l’apport scolaire et une compréhension des buts. En outre, Apple est moins enclin aux virus et les études d’Apple Classroom of Tomorrow témoignent de la fiabilité de l’outil. Si je ne me trompe, seule Apple a entrepris de telles études. Cela aurait pu être un autre appareil, mais on ne peut répondre pour d’autres modèles.

Quels sont les critères pédagogiques auxquels l’IPS a-t-elle eu recours pour que, dans l’esprit des tout-petits, l’IPad ne quitte pas les paramètres d’un outil de travail et s’impose comme un but en soi ?
Comme indiqué précédemment, l’IPS a un cursus. Ce programme comprend cinq éléments essentiels : connaissances, compétences, concepts, actions et attitudes. L’iPad est donc un enjeu important dans un environnement d’apprentissage plus large et ouvert. Nous n’évaluons pas l’utilisation des iPads, mais ces cinq éléments et bien plus encore. Les enfants en bas âge utilisent les iPads comme outil d’apprentissage plutôt qu’une fin en soi.

L’IPad a-t-il fait l’objet d’une étude avant son introduction ou celle-ci résulte-t-elle d’une tendance à copier ce qui se fait ailleurs ?
Comme souligné plus tôt, l’iPad n’est pas une fin en soi et, par conséquent, son utilisation est une partie de la perspective de l’école. L’utilisation est conforme au cadre du Primary Year Programme qui devrait permettre aux élèves d’enquêter, de créer, de communiquer, de collaborer, d’organiser et d’être responsables de leur apprentissage et de leurs actions.

S’il y a copie, ce serait au niveau conceptuel et non du contenu. Le cursus d’IPS est indépendant, contextuel, unique et constructiviste. L’IPad est soutenu par le savoir-faire d’un entraîneur de technologie. Ce dernier ayant une maîtrise du curriculum, en collaboration avec l’enseignant, les utilisateurs d’iPads sont plus enclins à réussir. À l’IPS, il s’agit d’une étude continuelle sur des prémices solides que sont les études, la collaboration, la formation continue des enseignants, le soutien des recherches etc. Nous sommes donc liés à un paradigme constructiviste qui s’articule autour de la connaissance préalable, la compréhension formative et l’évaluation sommative. Quand on utilise un stylo, on ne copie personne et on ne l’étudie pas. L’utilisation de l’outil est prédominante.

Si étude y a eu, qu’est-ce qu’elle a donné comme résultat et quelle est la compétence des personnes qui l’ont réalisée ?
A l’IPS, nous croyons à l’apprentissage continuel, permanent. Nous constatons que toutes les études sont progressives. Nous assumons que les compétences des personnes qui les réalisent sont d’un niveau élevé.
Un autre aspect de notre programme, c’est nos unités d’enquêtes qui sont des études courtes et approfondies. L’utilisation des iPads en fait partie. Le planning hebdomadaire, par exemple, est un temps d’études où les enseignants et autres spécialistes de l’école se rencontrent pour évaluer et planifier le programme de la semaine. Le coach en technologie formé et expérimenté donne un soutien à l’apprentissage. Parmi les résultats notés, il y a le fait que les apprenants moins capables ont maintenant accès aux leçons précédentes pour les aider.

Aucun système d’enseignement n’est parfait. Quelles sont les avantages et les points noirs que vous avez notés après l’introduction de l’IPad ?
L’apprentissage par iPad soutient l’étude et la réalisation d’une enquête, la création et l’innovation, la communication et l’échange d’informations, utilisant une panoplie de médias et de formats, la collaboration à travers une participation active à la création et au partage de connaissances, tout en devenant des citoyens numériques responsables. Les apprenants agissent avec intégrité et honnêteté, en faisant des choix éclairés et éthiques. Certain des points noirs seraient le manque d’une connexion Internet fiable, d’un personnel pour soutenir cette nouvelle dynamique et d’un changement de paradigme vers une vision développée.

Quelles sont les dispositions prises pour atténuer les effets de votre démarche pédagogiques qui soulève des interrogations ?
Quelques-unes sont à court terme, d’autres plus longs. À mesure que nous augmentons le nombre d’iPads, nous aurons besoin d’une connexion Internet plus rapide. Et un soutien technologique est indispensable. Avec nos partenaires, nous essayons de trouver des moyens pour atténuer ces problèmes. L’IPS a récemment recruté un second coach technologique pour la nouvelle année académique.

Les outils associés à la technologie ont ceci de particulier : leur utilisation peut contribuer à tuer les échanges avec des personnes au profit des personnages numériques. Comment la socialisation à l’IPS se fait-elle avec l’IPad ?
Nous avons de la chance que nos salles de classe ne confinent pas les étudiants. Celles-ci sont ouvertes et nous collaborons dans un esprit ouvert. Il existe toujours une volonté pour les étudiants de se soutenir mutuellement. Comme toutes nos salles de classe sont équipées de projecteurs et d’Apple TV, les étudiants et enseignants interviennent fréquemment, ce qui permet une interaction sociale par le biais de la technologie.
Le soutien et l’évaluation par les pairs et groupes se font au niveau de la personne dans la classe. La gestion de la classe joue un rôle important pour s’assurer que les possibilités d’apprentissage soient optimisées. Nous avons également la possibilité d’échanger des notes sur une base personnelle ou vers la classe par le biais d’Airport, un réseau Wi-Fi pour la classe. La technologie n’élimine pas la socialisation mais fournit un espace plus grand pour renforcer les échanges.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires