«Le vice-Premier ministre Soodhun doit être sanctionné», disent des leaders politiques

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Le vice-Premier ministre avait fait une sortie contre le leader de l’opposition, le mardi 18 juillet, à Flacq.

Le vice-Premier ministre avait fait une sortie contre le leader de l’opposition, le mardi 18 juillet, à Flacq.

Le  revolver a eu l’effet d’une bombe. Deux anciens Premiers ministres, un ancien président de la République et un ancien vice-Premier ministre (VPM) sont tous d’accord sur un point : le VPM et ministre du Logement et des terres doit être sanctionné pour les menaces qu’il a proférées, mardi 18 juillet, contre Xavier-Luc Duval, lors d’une sortie publique.

Sollicité par l’express, le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, soutient que s’il était toujours Premier ministre, Showkutally Soodhun aurait été expulsé. «S’il avait été un ministre de mon gouvernement, il aurait déjà été éjecté depuis longtemps. En 2010, Showkutally Soodhun avait mal répondu à une Private Notice Question de Paul Bérenger, induisant ainsi l’Hémicycle en erreur. Je l’avais alors rappelé à l’ordre à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres. Quand on ne sait pas quelque chose, on se tait», a-t-il martelé.

Pour le leader des rouges, l’épisode où le VPM avait envoyé un communiqué selon lequel Maurice suspendait ses relations avec le Qatar, en juin, était déjà la goutte de trop. «Il doit être arrêté. C’est inacceptable. C’est la preuve de l’incompétence de Pravind Jugnauth, il ne prend aucune action.»

D’ajouter que même si le ministre est arrêté, «ce sera seulement un eyewash. Il sera libéré et ils diront qu’une enquête est en cours». Concernant l’impact à l’international, l’ex-Premier ministre souligne qu’«on va rire de nous».

Le leader des mauves, Paul Bérenger, abonde dans le même sens. Selon lui, la police aurait déjà dû procéder à l’arrestation de Showkutally Soodhun. «Si j’avais été Premier ministre, il aurait certainement dû quitter son poste de ministre en attendant l’enquête de la police. C’est inadmissible. On est tombé bien bas, il n’y a pas de leadership dans ce pays», s’insurge-t-il.

Pour sa part, l’ancien président de la République, Cassam Uteem, avance que «le langage utilisé par Soodhun est intolérable», d’autant plus que celui-ci est un dirigeant du pays. «Si un VPM se permet ce dérapage sans qu’il n’y ait de sanction, alors n’importe qui peut le faire et, de ce fait, de quel droit l’arrêter ? J’ai honte qu’on ait une personne comme Soodhun au gouvernement», affirme Cassam Uteem.

Si le ministre du Logement et des terres est fautif selon la loi, quid de son devoir moral ? Un ancien VPM indique qu’«après le Premier ministre, il y a le Premier ministre adjoint et, ensuite, les VPM. Ces derniers ont la même fonction qu’un ministre mais peuvent être amenés à tenir la barre si les deux premiers de la hiérarchie sont absents du pays. C’est sérieux, les dirigeants sont censés donner l’exemple. Comment établir la discipline au pays comme ça ?» se demande-t-il.

Premier ministre par intérim à deux reprises

Showkutally Soodhun a été Premier ministre par intérim pour la première fois le 29 septembre 2015. C’était au départ de Xavier-Luc Duval pour la France à l’occasion du salon Top Resa. Le ministre disait qu’il a été récompensé pour «son bon travail». Le 18 novembre 2016, il est à nouveau devenu Premier ministre par intérim lorsque sir Anerood Jugnauth était en Inde et Xavier-Luc Duval à Rome, quand Maurice Piat a été fait cardinal.

Pas de garde du corps dans l’Hémicycle

«Si mo bodyguard ti donn mwa revolver, mo touy Xavier Duval dan Parlman», a déclaré Showkutally Soodhun mardi. Or, il s’avère que c’est le «Sergeant-at-arms» qui assure la sécurité des parlementaires dans l’Hémicycle. Sollicité, un ancien Speaker confirme qu’un garde du corps n’a pas accès à l’Hémicycle, celui-ci étant réservé aux parlementaires. De souligner que les armes ne sont définitivement pas autorisées. «Si j’avais été Speaker, j’aurais convoqué Showkutally Soodhun. Même s’il n’a rien dit à l’intérieur de l’Hémicycle, il a mentionné le Parlement. Ceux qui siègent au Parlement sont censés être respectables, des “honourable members”. Il ne peut impliquer le Parlement à tort et à travers.»

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